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Vinci : Une baisse de bénéfice de 62 % saluée par une hausse du titre de 6 %

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Vinci : une reprise de ses activités à deux vitesses

Nouveau monde, nouvelles mœurs; la chute drastique de 62 % du résultat net du groupe Vinci, champion français de la construction et de la concession, a pourtant été accueillie avec enthousiasme par le marché, qui loue des résultats annuels qualifiés de "remarquables". 
Xavier Huillard - Vinci
Xavier Huillard - Vinci

"Toutes nos divisions ont été impactées sans exception […] mais à des intensités différentes" : tels sont les propos d’introduction de Xavier Huillard, dirigeant du groupe Vinci, qui présentait ce matin ses résultats annuels de 2020. Constat qui résume bien cette année de crise, marquée par la reprise d'un seul de ses deux pôles. Le groupe doit cette année la majorité de ses performances à son activité de "contracting" (construction et travaux publics), qui représente 85 % des revenus de Vinci et qui comprend ses filiales Vinci Construction, Eurovia et Vinci Energies. 

Ce pôle n'est en repli que de 5,2 %, atteignant 36,9 milliards d’euros de chiffre d'affaires, soit la majorité du niveau d'activité du groupe, de 43,2 milliards d’euros. L’arrêt presque total de ses projets au cours du premier semestre a été suivi d’une reprise soutenue au second, ce qui lui vaut finalement un niveau de cash-flow annuel exceptionnel, à environ 3,99 milliards d’euros, dans le voisinage du niveau record atteint en 2019 (4,2 milliards), si bien que les analystes de JP Morgan ont qualifié ses résultats de "remarquables". Le niveau de commandes de son pôle BTP a en outre atteint un record (42,4 milliards d'euros), en progression de 16 % par rapport à 2019, ce qui laisse espérer un retour au niveau pré-crise dès cette année, selon le groupe.

Particularité de l’Hexagone : la baisse a été plus significative que dans d’autres pays, souligne le principal maitre d’ouvrage des autoroutes en France, du fait des élections municipales qui conduisent systématiquement à une diminution des projets. Mais le carnet de commandes a finalement repris, de quoi amortir partiellement cette baisse momentanée. La performance de la France dans cette branche a atteint 17,5 milliards d’euros, soit un repli de 10,6 %.

Mais ces éléments n'ont pas empêcher une dégringolade de 62% du résultat net, qui s’établit à 1,24 milliard d’euros, plombé par les activités de concessions d'autoroutes et d'aéroport, qui ce sont retrouvées en première ligne face aux diverses mesures de restriction de déplacement et donc le chiffre d'affaires a baissé de 31,7 % sur l’année (à 5,8 milliards d’euros). Le bénéfice reste toutefois supérieur à la prévision moyenne des analystes, établie à 1,1 milliard d’euros.

Concernant les perspectives pour l'année en cours, le PDG Xavier Huillard reste prudent. "Nous ne pouvons pas fournir de perspectives fiables, mais nous ne retrouverons pas le niveau de marge pré-crise". L'activité de concession d'autoroutes et d'aéroports de Vinci ne promet pas de prompt redémarrage. Xavier Huillard conserve son optimisme : le redressement du trafic autoroutier au cours de l’été, qui avait retrouvé un niveau proche de celui de 2019 après avoir chuté de 80 % au creux de la vague, est la preuve que "le trafic véhicules légers ne demande qu’à redémarrer". Mais le trafic aéroportuaire, qui avait atteint un niveau proche de zéro en mars, ne connaîtra pas la même reprise. Le groupe souligne néanmoins le rebond des vols domestiques en Chine, où le trafic avait retrouvé au début du mois de janvier un niveau supérieur à celui d’un an auparavant. En tout état de cause, le marché semble satisfait de ces déclarations, le titre ayant bondi de 6,1 % à 86,22 euros en fin de matinée.

Le groupe profite de la publication de ses résultats pour rappeler que parmi les métiers de contracting, deux divisions ont récemment fait l’objet d’un changement de direction, ce qui devrait contribuer en 2021 à une amélioration de la performance du groupe. Le 13 janvier dernier Pierre Anjorlas, déjà président-directeur général de Eurovia, filiale spécialisée dans les travaux routiers, prenait également la direction de Vinci Construction. Ce rapprochement de fait des deux filiales a été voulu pour "améliorer la performance sur ces métiers qui se recoupent", dans le but de créer des synergies selon Xavier Huillard.

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