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Le trafic aérien est tombé 25 ans en arrière en Europe
Restrictions de déplacement obligent face à la pandémie, 2020 aura été un annus horribilis pour le secteur aérien, qu'il s'agisse des compagnies aériennes ou des opérateurs d'aéroports. Les chiffres publiés vendredi par le Conseil international des aéroports (ACI Europe), association qui regroupe les différentes plates-formes aéroportuaires du Vieux continent élargi (Turquie et Russie comprise), confirment cette triste réalité : le trafic des passagers s'est effondré de 70,4% l'année dernière pour tomber à 728 millions de voyageurs, soit son niveau de… 1995. En 2019, il atteignait 2,4 milliards d'utilisateurs. En un an, le coronavirus aura tout simplement annulé l'effet de 25 ans de mondialisation sur la mobilité des individus.
Un constat qui a poussé les professionnels à tirer la sonnette d'alarme. "Aucun secteur ne peut supporter seul un tel choc", a prévenu le directeur général d'ACI Europe Olivier Jankovec. Pire, les nouvelles vagues de contaminations à travers le monde, associées à l'apparition de variants plus virulents, ont engendré de nouvelles baisses de trafic et relancé les inquiétudes en ce qu'elles repoussent les perspectives de reprise. Les professionnels attendent ainsi de mauvais chiffres pour le mois de février.
C'est pourquoi Olivier Jankovec a réclamé de nouvelles aides publiques. "Si certains pays ont pris des mesures pour soutenir financièrement leurs aéroports, seuls 2,2 milliards d'euros ont été affectés à cette fin en Europe jusqu'à présent. Cela représente moins de 8% des revenus perdus par les aéroports en 2020", a-t-il déploré.
Les aéroports des pays de l'Union européenne (UE) sont les plus touchés : leur trafic recule de 73% (-70,4% pour Paris Charles-de-Gaulle par exemple), alors que les plates-formes situées hors UE sont dans une situation légèrement moins mauvaise (-62%), en particulier la Turquie et la Russie. Conséquence, au classement des plates-formes de correspondances, Londres-Heathrow, Paris Charles-de-Gaulle, Amsterdam-Schiphol et Francfort ont disparu du Top 5, derrière les deux principaux aéroports d'Istanbul (en Turquie) et les trois plus grands aéroports de Moscou.
Conséquence de cette panne prolongée, les lieux de stockage des avions sont quasiment saturés. C'est notamment le cas pour le leader européen de cette activité parallèle, le français Tarmac Aerosave, qui dispose de quatre sites.
La situation varie fortement selon les continents. La Chine par exemple est quasiment revenue à son niveau normal, à l'image de sa situation de seule grande économie à afficher une croissance de son PIB en 2020. L'Inde également, très fortement touchée en début de pandémie par un confinement très dur, s'est redressé. Son trafic atteint 70% de son niveau moyen. Mais en Corée du Sud, la chute atteint 68%, a annoncé hier dimanche le ministère du Territoire, de l'Infrastructure et du Transport. Les Etats-Unis se sont redressés en fin d'année, en raison notamment de la diversité des mesures de restrictions en fonction des Etats fédérés. Mais la nouvelle administration Biden pourrait être plus interventionniste, donc la prudence est de mise.
Les résultats 2020 des compagnies aériennes seront logiquement à l'avenant. Air France-KLM publiera ses comptes jeudi prochain, le 18 février.
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