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Technip Energies, TechnipFMC

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Technip Energies devra transformer l'essai du bas carbone

L'introduction en Bourse de la filiale de TechnipFMC hier est une réussite, mais elle devra convaincre les investisseurs, de plus en plus portés sur les critères ESG. Bruno Vibert, directeur financier de Technip Energies, explique à WanSquare en quoi le projet est crédible.
Bruno Vibert - DR
Bruno Vibert - DR

Dans la perspective de l'introduction en Bourse de Technip Energies, le spin-off du groupe parapétrolier TechnipFMC, ses dirigeants ont passé les dernières semaines à tenter de convaincre les investisseurs de son potentiel lié à la transition écologique. Si l'on en juge par le décollage du titre hier pour son premier jour de cotation sur Euronext Paris (il a bondi de 41,7% à 12,70 euros), on peut penser que la mission est réussie.

Mais tirer une conclusion d'un premier jour de cotation est très hasardeux. Il serait en outre présomptueux de penser que Technip Energies serait en mesure de s'affranchir de la volatilité du baril avant longtemps. Or, le climat économique, aujourd'hui encore incertain, joue directement sur le prix du pétrole. C'est pourquoi la crédibilité du positionnement de Technip Energies est d'autant plus important : de l'intégration de la valeur aux portefeuilles et des ETF estampillés ou se référant aux thématiques ISR ou ESG dépendra le soutien du titre à long terme.

A première vue, le distinguo entre TechnipFMC ("fournisseur de technologie et de services") et Technip Energies ("leader mondial de l'ingénierie et de la technologie") n'est pas évident. Concrètement, TechnipFMC est plus orienté sur la production, puisqu'il hérite de l'activité subsea (navires, flexibles, etc.) du Technip d'avant sa fusion avec FMC Technologies en 2017 et du savoir-faire de FMC dans les têtes de puits, tandis que Technip Energies (dont son ex-maison mère détient pour l'instant encore 49,9% du capital) est plus présent dans l'aval, notamment les processus de transformation de grandes infrastructures : huile, GNL, éthylène, biomasse, hydrogène, électricité…

Le nouveau venu de la cote parisienne insiste sur le volet de la transition énergétique et le bas carbone. "Pour Technip Energies, le gaz fait partie de la transition énergétique. L'accès au GNL se substitue à d'autres ressources fossiles plus polluantes et de nouvelles solutions permettent de réduire l'emprunte carbone des projets gaziers", explique à WanSquare Bruno Vibert, directeur financier de l'entreprise, citant l'exemple de l'énorme contrat signé à une semaine de son introduction en Bourse avec son partenaire Chiyoda pour quatre unités de liquéfaction de gaz naturel au Qatar, pour un total de 13 milliards de dollars. Ce projet prévoit notamment un dispositif de capture et de réinsertion de CO2 dans les puits qui réduirait de 25%, selon ses promoteurs, les émissions de gaz à effet de serre. "Notre portefeuille d'activité est majoritairement lié au gaz naturel. Or, 75% des émissions de CO2 produites par la liquéfaction peuvent être réduits par des solutions que nous pouvons mettre en oeuvre", précise Bruno Vibert. 

La chimie durable est un autre axe important de développement, dont le marché "adressable" par Technip Energies est évalué à une dizaine de milliards d'euros par an. Le biocarburant est l'activité la plus mûre avec d'importants contrats à la clé (comme celui qui le lie au singapourien Neste Oil), tandis que le recyclage (par procédé chimique) est le relais de croissance le plus prometteur ; la contribution en biochimie, troisième pilier, est moins importante, étant donné la concurrence de grands acteurs.

L'avantage de la chimie durable est la part importante des contrats de type technologie/produit/service (TPS) qu'elle recèle par rapport aux contrats de grands projets : si les contrats TPS remplissent moins le carnet de commandes, ils offrent davantage de récurrence, un point positif pour sortir de la dépendance au prix du baril. Aujourd'hui, les TPS ont représenté un milliard d'euros de revenus sur les six que Technip Energies a réalisé en 2020. Dans les années à venir, le groupe insistera sur ce thème dans sa stratégie et son information financière. "Nous avons une approche agnostique des projets, qui nous permet de ne pas être impactés par l'évolution des prix des hydrocarbures en raison de notre présence dans l'aval, les biocarburants, le recyclage… Mais nous sommes néanmoins indirectement affectés par la fluctuation des cours : les grandes compagnies pétrolières réduisent leurs investissements en cas de chute des prix. C'est tout l'intérêt des contrats TPS qui nous offrent davantage de résilience : ils engagent moins de capitaux et offrent plus de récurrence", souligne Bruno Vibert.

Technip Energies travaille actuellement sur une "feuille de route" pour asseoir sa crédibilité aux yeux des investisseurs dans la transition énergétique. En des termes plus financiers, il table sur un chiffre d'affaires compris entre 6,5 et 7 milliards d'euros en 2021, pour une marge opérationnelle située entre 5,5 et 6% (contre une fourchette de 5,6 à 5,8% en 2020). Le carnet de commandes, comptabilisé à 13,2 milliards d'euros le 30 juin 2020, a progressé sensiblement depuis, s'enrichissant du contrat qatari, du contrat dans le GNL avec Sempra au Mexique et de la construction d'un complexe d'hydrocraquage pour la raffinerie d'Assiout en Egypte avec Assiut NOPC (pour plus d'un milliard d'euros).

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