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Eramet, Société Le Nickel

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Eramet tente de faire bonne figure

Si les défis restent nombreux tant le groupe minier cumule les difficultés, le redressement du second semestre le fait espérer.
Eramet
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En 2020, les étoiles semblaient s'être concertées pour s'aligner dans le mauvais sens pour Eramet et sa patronne Christel Bories : aux difficultés financières récurrentes du groupe minier se sont ajoutés la crise sanitaire, la chute des prix du manganèse et du ferronickel et le blocage par l'anti-trust britannique de la vente à un très bon prix de l'usine norvégienne de sa filiale TiZir.

Un premier semestre catastrophique a provoqué une perte nette de 675 millions d'euros sur l'ensemble de l'année - faisant paraître la perte de 184 millions en 2019 presque anecdotique. La pandémie a entraîné 498 millions d'euros de dépréciation d'actifs, en particulier la filiale Aubert & Duval (A&D, pour 197 millions) plombée par le secteur de l'aéronautique - qu'Eramet a mise en vente - et la suspension du projet lithium en Argentine (113 millions) au premier semestre.

Alors que le chiffre d'affaires a reculé de 3% l'année dernière (à 3,55 milliards d'euros), l'Ebitda a chuté de 37% pour tomber à 398 millions. Cette dichotomie s'observe dans tous les compartiments du groupe, en particulier le nickel, dont le chiffre d'affaires a progressé de 16% mais dont l'Ebitda s'est effondré de 46%. "La chute des prix a eu un effet négatif de 360 millions d'euros, que nous avons partiellement compensée en chiffre d'affaires par des hausses de production. Mais l'impact a été différent sur l'Ebitda, puisque l'augmentation du volume entraîne des coûts supplémentaires", résumait hier Christel Bories en conférence de presse. En effet, le groupe a considérablement accru ses productions en 2020 : +22% pour le manganèse (5,8 millions de tonnes), +16% pour le nickel (5,4 Mt dites "humides", ou Mth) en Nouvelle-Calédonie par la SLN et 3,4 Mth de nickel produits à Weda Bay en Indonésie, qui a démarré fin 2019.

Toutefois, la dirigeante estime qu'Eramet a pu éviter le pire. "La crise sanitaire, que ce soit par la baisse des prix des matières premières ou la chute des marchés comme celui de l'aéronautique, a eu un impact de 540 millions d'euros sur notre Ebitda, ce qui représente 85% de l'Ebitda 2019. Sans améliorations opérationnelles, si Eramet avait seulement résisté, l'Ebitda aurait baissé de 85%, pas de 37%", relativise-t-elle, soulignant que le groupe a "réalisé 250 millions d'euros de gains opérationnels, ce que nous n'avions jamais réalisé en une année. Le précédent record atteignait 100 millions".

L'effet des mesures d'amélioration a été sensible au second semestre. L'Ebitda est ainsi 2,3 fois supérieur à celui du premier semestre (278 contre 120 millions d'euros), tandis qu'Eramet a stoppé l'hémorragie de trésorerie disponible (174 millions de génération de FCF au S2 contre -36 millions six mois plus tôt), suite à la mise en place d'un plan de contrôle de la trésorerie et de la liquidité. "Notre bonne gestion du cash a permis de stabiliser notre endettement [un gros problème du groupe depuis des années, ndlr] par rapport à 2019 malgré la crise" à 1,33 milliard d'euros, ajoute Christel Bories - et même de le réduire de 200 millions par rapport au 30 juin 2020. La trésorerie atteint 1,86 milliard d'euros, contre 920 millions en 2019.

Ce redressement, qui explique notamment des résultats supérieurs au consensus des analystes, permet à Eramet d'espérer un rebond en 2021 dont il a cruellement besoin. La société prévoit un Ebitda d'environ 600 millions d'euros, ainsi qu'un accroissement de sa production de minerai manganèse à 7 millions de tonnes (Mt) grâce à l'ouverture du nouveau plateau minier au Gabon. Ces prévisions s'entendent "sans rechute économique liée à la pandémie", précise-t-elle. Les investisseurs ont salué l'éclaircie du groupe et le titre bondissait de 12% ce matin à la Bourse de Paris.

Mais Eramet devra relever plusieurs défis : continuer à adapter sa structure financière à des prix des matières premières toujours très volatils, vendre dans de bonnes conditions A&D, mais aussi réussir le sauvetage de la SLN, dont les grandes difficultés sont aggravées par un contexte socio-politique très difficile en Nouvelle-Calédonie - sur lequel il n'a pas totalement prise.

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