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Nicolas de Tavernost : « La consolidation du secteur ne se fera pas sans M6 »
Le titre du groupe de média M6 a bondi en Bourse ce matin : en hausse de 10 % à 16,5 euros à l’ouverture de la Place de Paris, un niveau particulièrement attractif dans le segment de la télévision. Le cours de l’action est porté par la publication hier soir des résultats de la société, l’annonce de versement de dividendes, et par la spéculation autour du rachat de la participation de son actionnaire majoritaire.
Sa performance au cours de l’année écoulée est bien supérieure aux attentes des analystes. La solidité des résultats du groupe en 2020 transparaît à travers sa marge opérationnelle de 21,3 % (en hausse de 1,7 point par rapport à l’année 2019), un plus haut en 20 ans d’activité, malgré un niveau d’activité en baisse de 12,5 %, à 1,27 milliard d’euros. La diminution de son chiffre d’affaires s’explique par le fort recul de son activité publicitaire, même si elle s’est améliorée au quatrième trimestre. Concernant sa politique de distribution de dividende, le groupe versera 1,50 euro par action à l’occasion de sa prochaine assemblée générale le 20 avril 2020.
Une consolidation nécessaire du secteur
Nicolas Tavernot a profité de la conférence de presse de ce mardi pour annoncer la création d’un "comité stratégique" au sein du conseil de surveillance de la société, qui réfléchira au futur périmètre du groupe. En effet, son actionnaire de référence, le géant allemand des médias Bertelsmann, a révélé qu’il examinait "différentes options ", dont l’une serait de céder sa participation dans le groupe M6 à une société française. Les discussions autour de ce futur changement sont l’occasion pour le président du directoire du groupe de média d’affirmer que "la consolidation du secteur ne se fera pas sans le groupe M6 ".
Le dirigeant détaille : "[On assiste] à une politique française de fragmentation depuis 2002 entre les éditeurs et les producteurs, alors qu’il y a un besoin de consolidation verticale et horizontale. […] Si on ne veut pas que les seuls décideurs demain soient les plateformes internationales au détriment des acteurs historiques français, [il faut leur opposer] un acteur de taille, […] notre taille actuelle est insuffisante face au rouleau compresseur des plateformes". Mais si cette consolidation paraît inévitable, le directeur précise que cela pourrait prendre du temps : " le groupe M6 a le temps d’attendre, [grâce à] la force de ses équipes, de sa stratégie, de ses marques et de ses chaînes".
Le président du directoire est en outre convaincu que "si la télévision veut retrouver de la croissance, il faudra que les autorités de la concurrence adaptent les règles". Le dirigeant se dit "enrag[er] de voir qu’on ne peut pas investir davantage à cause de règles publicitaires obsolètes". Il espère que les pouvoirs publics parviendront à des accords qui assurent une bonne entente entre producteurs et diffuseurs.
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