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Nexans veut devenir pionnier en électrification
Le groupe Nexans figurait en quatrième place du SBF 120 mercredi matin et gagnait 5,73 % en Bourse à 71 euros. En dépit de la pandémie, le spécialiste des câbles est parvenu à réaliser un bénéfice de 80 millions d'euros en 2020 (principalement du fait de la cession de son site américain Berk-Tek), tandis qu'il était en perte nette un an auparavant de 118 millions d'euros. Son chiffre d’affaires, de 5,7 milliards d’euros, est cependant en repli de 8,6 % (à périmètre et change constants) ; mais il est en bonne voie puisque le niveau d'activité au quatrième trimestre est en hausse de 2,3 % par rapport au trimestre précédent et en baisse de seulement 4,5% sur un an. Sa situation financière solide - sa dette a atteint un plus bas en 10 ans, à 179 millions d'euros - lui permet en outre de proposer 0,70 euro de dividende à ses actionnaires, lors de la prochaine Assemblée générale.
La publication des résultats annuels du groupe coïncide cette année avec sa journée investisseurs baptisée "les vents du changement", l'occasion pour le groupe, qui vient de clore son plan "New Nexans", de présenter son nouveau projet. Nexans souhaite devenir le premier acteur à se spécialiser dans l’électrification, en modifiant son portefeuille de manière à gérer essentiellement des actifs appartenant de ce segment d’ici 2024. Christopher Guérin, à la direction du groupe, a détaillé le changement de stratégie historique dans lequel Nexans s’engage.
L’objectif pour le fabricant est de "simplifier le business et amplifier l’impact" selon son P.-D.G., c’est-à-dire se défaire d'une partie de ses activités traditionnelles dans le domaine de l’automobile, des télécoms, de l’aéronautique, pour rendre son portefeuille plus homogène, et ainsi monter en gamme. "Il est temps de prendre des décisions sur nos batailles à l’avenir : nous devons passer de 34 sous-secteurs, à 12 sous-secteurs, dans la production, le transport et la distribution de l'énergie". D'ici à 2024, le groupe procédera à des acquisitions pour un montant total compris entre 1,5 et 2 milliards d’euros dans l’électrification, une liste de 20 potentielles cibles a déjà été établie dans ce domaine.
Le projet est déjà en marche ; dès 2020, le groupe s’est résolument tourné vers l'électrification de l’éolien en mer aux États-Unis, en témoigne la récente ouverture de son usine en Caroline du Sud. "L’usine américaine de câbles haute tension de Charleston sera opérationnelle mi-2021" selon un communiqué ; aucun retard n’a été pris en dépit de la pandémie et des perturbations des chaînes d’approvisionnement. Il s'agit de la seule usine capable de fabriquer des câbles de haute tension sous-marins aux États-Unis, ce qui confère au groupe un atout important, a précisé Christophe Guérin.
La montée en puissance du marché de l’électrique ne se fera pas sans les câbles nécessaires pour soutenir cette industrie, explique Christophe Guérin. La croissance par an du marché de l’électrification - qui représente 65 % du marché mondial du câble - s’élève à 4,3 %, si bien qu'il existe une opportunité à saisir pour consolider ce marché encore fragmenté, a-t-il ajouté.
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