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Vallourec se prépare à une année encore difficile
Vallourec a franchi une étable décisive au début du mois en trouvant un accord de principe avec ses créanciers sur sa restructuration financière : elle lui donne un avenir au prix d'un actionnariat totalement renouvelé. Mais le chemin vers le redressement est encore long pour le fabricant de tubes en acier sans soudure, très exposé au secteur des hydrocarbures et, dans une moindre mesure, à l'automobile et à l'aéronautique. En témoignent les prévisions du groupe pour 2021, annoncées à l'occasion de la publication des comptes 2020 hier après-Bourse.
Vallourec vise notamment un résultat brut d'exploitation compris entre 250 et 300 millions d'euros, soit une légèrement hausse, voire une stagnation, par rapport aux 258 millions d'euros réalisés l'année dernière. Et cela reste loin du niveau de RBE de 2019 (347 millions). En outre, le flux de trésorerie disponible se dégradera considérablement en 2021 : le groupe l'anticipe dans une fourchette comprise entre -380 et -300 millions d'euros, contre les -111 millions affichés l'année dernière - qui constituent déjà un creusement important par rapport à 2019 (la sortie de cash a été multipliée par 2,7).
"Nous avons souhaité être prudents sur la base d'événements qui peuvent affecter de manière significative nos résultats", explique Edouard Guinotte, président du directoire de Vallourec. L'exercice en cours souffrira d'un effet de comparaison défavorable, le groupe ayant bénéficié en 2020 de livraisons importantes de tubes en aciers spéciaux (particulièrement rémunérateurs), dont il ne bénéficiera pas ou peu cette année. Valourec subira les hausses de prix des matières premières, notamment le fer et les ferrailles, en particulier au premier semestre. "Nous avons l'ambition de les passer à nos clients, mais ce n'est pas encore fait, les négociations n'ont pas encore commencé", a précisé Edouard Guinotte.
En outre, les marchés européens, africain et moyen-oriental de Vallourec ("EA-MEA") seront encore fortement déprimés, avec des prix du pétrole sous pression, au contraire de l'Amérique du Nord. "Le marché des zones EA-MEA est dominé par les compagnies nationales ou internationales, dont les processus de décisions sont plus longs que ce à quoi nous sommes habitués aux Etats-Unis, où les acteurs sont plus petits et réagissent de manière plus vive aux variations des cours du pétrole. Et les temps de livraison des produits sont en général plus longs en Europe ou au Moyen-Orient, alors que les boucles de réaction sont plus courtes aux Etats-Unis où les acteurs produisent localement", détaille le dirigeant. Enfin, la lenteur de la reprise économique affecte la demande des industriels.
Dans ce contexte, Vallourec doit encore réduire sa base de coût. Après ce qu'Edouard Guinotte qualifie d'"efforts extrêmement significatifs" en 2020 (160 millions d'euros d'économies, équivalent à une baisse de 8% de sa base de coûts) impossibles à reproduire sur plusieurs années, le groupe vise 400 millions d'euros d'économies brutes au cours des quatre prochaines années.
Ces prévisions viennent après des comptes 2020 extrêmement marqués par l'écroulement des cours du baril au premier semestre consécutif à la guerre des prix que se sont livrés russes et saoudiens, ainsi que par les conséquences économiques de la pandémie, qui ont considérablement renchéri l'euro par rapport au dollar, pénalisant lourdement Vallourec. Le groupe a dû passer 850 millions d'euros de dépréciations d'actifs en raison de la crise. Déjà en perte nette en 2019 (de 338 millions d'euros), il a encore creusé son déficit l'année dernière, affichant un déficit de 1,2 milliard d'euros.
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