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Airbus, aéronautique

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Airbus fait assaut de prudence

Alors que le groupe aéronautique a réalisé une fin d'année solide dans un contexte très difficile, ses prévisions pour 2021 ont refroidi l'enthousiasme.
Siège opérationnel et atelier d’assemblage Airbus - Blagnac
Siège opérationnel et atelier d’assemblage Airbus - Blagnac

Hasard du calendrier, trois groupes du secteur aérien publiaient leurs comptes 2020 entre hier soir et ce matin, dressant un portrait à la fois complet et glaçant des conséquences de la pandémie : l'opérateur d'aéroports ADP, le transporteur aérien Air France-KLM et le constructeur aéronautique Airbus. Tous ont affiché une perte très importante, voire abyssale. Une évolution guère surprenante, compte tenu des restrictions de déplacement à l'échelle mondiale.

Situé au bout de cette chaîne puisque ses clients sont, dans l'aviation commerciale (qui représente les deux tiers de ses revenus), les compagnies aériennes, Airbus a affiché une perte nette de 1,13 milliard d'euros en 2020. C'est important, mais il a dû affronter la pire crise qu'a connue le secteur, sachant que la comparaison avec 2019 a peu de sens - il avait alors affiché un déficit de 1,36 milliard d'euros en raison de la pénalité de 3,6 milliards infligée par les autorités dans une enquête internationale pour corruption. De même, Airbus affiche une perte opérationnelle de 510 millions d'euros, mais qui comprend une charge de 1,2 milliard liée au plan de restructuration mis en place suite à la pandémie - ainsi qu'une autre de 385 millions liée à l'arrêt du programme A380.

Étant donné le contexte, donc, le groupe toulousain a amorti le choc, publiant même des comptes au second semestre supérieurs aux attentes - c'est d'ailleurs ce que reconnaissent les analystes, dont beaucoup ont maintenu leur conseil à l'achat sur la valeur, à l'instar de ceux d'UBS, de JPMorgan ou encore de Goldman Sachs… En particulier, Airbus a fait preuve d'une bonne résistance au quatrième trimestre, comme en témoignent les hausses de 15% et de 10% des revenus respectifs des divisions Airbus Helicopters et Defense & Space par rapport au T4 2019 et les (malgré tout) 14 milliards d'euros de chiffre d'affaires dans sa division Aviation commerciale (-27%) ; Airbus a également affiché au dernier trimestre le résultat opérationnel ajusté de 1,26 milliard et un flux de trésorerie disponible impressionnant de 4,9 milliards d'euros - soit 1,1 milliard de plus que le consensus… Des performances liées à un très bon niveau de livraisons (225 avions commerciaux, dont 89 pour le seul mois de décembre), une bonne gestion des coûts et du cash et un effet change favorable (100 millions d'euros).

Mais paradoxalement, ce redressement a joué contre Airbus en Bourse : avec une telle fin d'année, les investisseurs ont été déçus de ses prévisions pour 2021, d'autant qu'il ne versera évidemment pas de dividende au titre de 2020. Le groupe pense livrer "au moins" le même nombre d'avions commerciaux qu'en 2020 (soit 566 unités) et ralentira le rythme de la montée en cadence de la famille A320neo, qui atteindra 43 unités par mois au troisième trimestre et 45 au dernier trimestre. Airbus compte également dégager un résultat opérationnel ajusté de 2 milliards d'euros minimum, en hausse de 18% par rapport au 1,7 milliard en 2020, mais encore inférieur de… 71% à son niveau de 2019. Airbus pense enfin atteindre une génération de trésorerie disponible neutre avant acquisitions et financements-clients. Une prudence générale que les analystes de Jefferies jugent "frappante et un peu déroutante". Dans un climat alourdi par le retour des craintes inflationnistes en macro-économie, l'action Airbus perdait plus de 3% pendant toute la matinée et en fin de séance.

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