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Le marché automobile français fera grise mine en 2021
Le soulagement du début d'année concernant le marché automobile français aura été de courte durée. Après des statistiques en baisse limitée en janvier, les immatriculations ont franchement replongé au mois de février dans l'Hexagone, selon les chiffres du Comité des constructeurs français d'automobile (CCFA) : 169.912 véhicules légers neufs (moins de 5,1 tonnes) ont été immatriculés, soit une baisse de 18% sur un an. Aucun moyen de se rassurer en invoquant un effet de comparaison défavorable : le nombre de jours ouvrés a été identique au mois de février entre 2020 et 2021 (vingt jours). Le retournement est très franc par rapport au marché automobile en janvier : les immatriculations avaient progressé de 6,5% à jours comparables (-3,2% en chiffres bruts).
L'évolution est très contrastée par segment. Elle montre que la consommation des entreprises et des professionnels, moins affectés par les mesures de restrictions, a repris davantage que celle des ménages, qui peinent à se projeter dans une dépense somme tout importante et probablement déboussolés par les restrictions qui semblent ne jamais avoir de fin. Ainsi, le nombre d'immatriculations de voitures particulières (VP) a plongé en février de 21% sur un an, pour tomber à 132.637 unités - sachant que le segment des véhicules hybrides et hybrides rechargeables a continué sa montée en puissance en février (+70%) et pèse plus de 23% du marché (soit presqu'autant que le diesel), tandis que les immatriculations 100% électriques ont connu un tassement de 11% après leur très forte hausse en 2020.
La tendance n'est pas aussi négative dans les véhicules utilitaires légers (VUL), puisque la baisse atteint 5% (à 37.275 unités). Mais elle témoigne néanmoins encore d'un retournement de tendance par rapport au mois précédent, puisque le segment avait progressé de 7,6% en janvier (ce qui correspondant à un bond de plus de 18% à nombre de jours ouvrés identique).
En dehors du comportement de consommation lié au moral des ménages, la baisse des immatriculations est le reflet de celle des commandes provenant des loueurs (-55% en février), dont le marché de la location de courte durée s'est effondré avec les restrictions de déplacement depuis quasiment un an maintenant du fait de la pandémie. Autre élément d'explication, la pénurie mondiale de semi-conducteurs, consécutive à l'explosion de la demande de matériel informatique provoquée par la généralisation du télétravail. "La baisse des commandes du second semestre de 2020 se fait sentir, ainsi que le début de la pénurie des semi-conducteurs pour le secteur automobile", indique le CCFA.
Dans ce climat morose, les adhérents du comité (les groupes Renault et Stellantis, donc Opel et Fiat Chrysler compris) ne brillent pas : leurs immatriculations ont reculé de 24,4%, tandis que celles des constructeurs non-adhérents (Volkswagen, BMW, Mercedes, Ford, les Asiatiques…) ont baissé de 15,6%.
La tendance de février ne sera probablement pas l'épiphénomène d'un mois. Le CCFA s'attend à un premier trimestre "mauvais" et un premier semestre médiocre. Les adhérents du CCFA s'attendent à un bon second semestre à condition qu'il n'y ait pas de reconfinement.
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