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Veolia reste ferme face à la contre-offensive de Suez

Veolia a éconduit les fonds Ardian et GIP, qui ont détaillé, sans la déposer, leur offre sur Suez. Celle-ci reste en effet hypothétique. Mais elle pourrait encourager Veolia à faire une concession sur le prix.
Antoine Frerot - Veolia
Antoine Frerot - Veolia

Après des mois de silence assourdissant, le consortium de fonds Ardian et GIP est enfin sorti du bois en détaillant hier une offre ferme sur les principaux actifs de Suez, qui a immédiatement soutenu cette initiative puisqu'il l'avait sollicitée de la part des deux chevaliers blancs. Il était temps, alors que Veolia est passé à la vitesse supérieure en février dernier en déposant une OPA en bonne et due forme auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF). 

Mais comme on pouvait s'en douter, Veolia a rejeté cette tentative indirecte de Suez de négocier de meilleurs termes financiers via le projet d'Ardian/GIP - celle-ci équivaut à une offre de 20 euros par action, tandis que Suez a conditionné la dissolution de la fondation de droit néerlandais (dans laquelle a été logée l'activité Eau France) au dépôt d'une OPA d'au moins 22,50 euros par action.

Le prétendant, dirigé par Antoine Frérot, n'a pas été ému par l'initiative, qu'il qualifie d'"offre fantôme" consistant en un "démantèlement" de Suez. "La direction de Suez tente en vain […] de créer de l'incertitude là où il n'y en a pas :  Veolia ne vendra ni n'échangera sa participation de 29,9% au capital de Suez ; l'offre publique d'achat déposée par Veolia demeure irrévocable même après l'activation de l'entité néerlandaise", indique-t-il notamment dans sa réponse. Il considère que la proposition d'Ardian/GIP consacre un conflit d'intérêts des dirigeants de la cible (notamment son président Philippe Varin et son directeur général Bertrand Camus), qui favorise "leur intérêt personnel et patrimonial en offrant à deux fonds court-termistes de choisir à la carte leurs actifs", étant entendu que traditionnellement, les LBO (acquisitions de sociétés avec effet de levier) comprennent, en particulier en France, des management packages très attrayants pour les dirigeants.

Quoi qu'il en soit, du point de vue des actionnaires, l'offre de Veolia reste la seule qui soit réellement sur la table - à moins que l'AMF ne la valide pas, ce qui serait inattendu. La proposition d'Ardian/GIP, même qualifiée de "ferme", n'a pas été déposée auprès de l'autorité boursière et elle est assortie de plusieurs conditions, notamment… "la recommandation par le conseil d'administration de Suez de l'offre publique de Veolia dans les termes qui seraient convenus entre Suez et Veolia". Le consortium n'est donc pas prêt au bras de fer avec le groupe d'Antoine Frérot, poids lourd de la cote française et numéro un mondial du traitement de l'eau et des déchets, amené à opérer de nombreux arbitrages d'activités dans les années à venir susceptibles d'intéresser l'un ou l'autre fonds. Dans l'univers du private equity, on n'injurie pas l'avenir… Il précise bien que son projet "ne constitue pas une offre publique concurrente".

"Suez n'a pas la main sur l'opération. En fixant des dates-butoirs (20 avril pour la fin des négociations avec les fonds et Veolia et 5 mai pour la limite du scénario à 22,5 euros par action), la société donne l'impression de craindre le vote des actionnaires lors de la prochaine assemblée générale. Au regard de l’évolution du titre Suez et sur la base de la cession des 29,9% du capital par Engie, le prix proposé par Veolia est juste. Cela représenterait une belle porte de sortie pour les actionnaires", estime Nicolas Bouthors, analyste chez Alphavalue. En effet, les investisseurs acceptent majoritairement le prix proposé par Veolia, comme en témoigne l'évolution du titre Suez, à peine supérieur à 18 euros lundi. Malgré tout, le baroud d'honneur de Philippe Varin et de Bertrand Camus pourrait avoir une conséquence : pousser Veolia à accepter de rehausser son prix à quelques jours de l'AG (dont la date reste à fixer), comme le veut la rumeur qui circule depuis la semaine dernière, autour d'une vingtaine d'euros. Un sacrifice qui ne remettrait pas totalement en question la pertinence de l'acquisition, qui renforcerait la position de leader mondial de Veolia face à la menace d'une future concurrence chinoise martelée par Antoine Frérot.

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