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Entreprises / Actions

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Naval Group soutient les Chantiers de l'Atlantique

Les deux entreprises viennent de former une société commune qui construira le futur nouveau porte-avions de nouvelle génération. Mais côté actionnariat, rien n'a encore bougé.
Chantiers de l'Atlantique 
Paquebot
Chantiers de l'Atlantique Paquebot

L'accord préfigure-t-il un rapprochement plus profond entre Naval Group et les Chantiers de l'Atlantique, à la recherche d'un actionnaire de contrôle pérenne depuis quatre ans depuis les déboires du constructeur coréen failli STX ? Les deux groupes - l'un spécialisé dans la construction militaire, le second majoritairement dans le civil - viennent de créer une société commune qui sera chargée de construire le "porte-avions de nouvelle génération" (Pang). Naval Group (également actionnaire des Chantiers à hauteur de 12 %) a été désigné comme maître d'œuvre du projet et premier actionnaire de la joint-venture (à 65 %) ; il est responsable de l'architecture du bateau et du système de combat. Son partenaire en détient le solde et a la charge de la fabrication de la coque et de l'aménagement civil. Les chaufferies nucléaires du navire seront construites par TechnicAtome (ex-Areva TA, dont Naval Group est également actionnaire, à hauteur de 20,3 %).

Cette alliance, parafée aujourd'hui par le PDG de Naval Group Éric Pommellet et le directeur général des Chantiers Laurent Castaing en présence de la ministre des Armées Florence Parly, est un signe encourageant pour l'activité des Chantiers et symboliquement fort, puisqu'il s'agit de "vaisseau amiral" d'une flotte navale militaire (les deux groupes sont partenaires dans la construction de bâtiments de projection et de commandement, comme les porte-hélicoptères). Ce signe est donc d'autant plus rassurant que l'avenir capitalistique de ce groupe est toujours en suspend depuis l'échec de son acquisition par l'italien Fincantieri - en l'absence de repreneur, l'État français reste en reste actionnaire à 84 %.

Jusqu'ici, les candidats ne se sont pas bousculés. Jean-Claude Bourrelier, le fondateur de Bricorama, a publiquement fait connaître son intérêt en début d'année ; il a proposé dans un entretien à la presse, le 4 février dernier, d'acquérir 41 % du capital des Chantiers de l'Atlantique via sa société d'investissement familiale, tandis que l'État - directement ou à travers Naval Group - est actionnaire à hauteur de 40 % maximum. Sa participation serait placée dans un fonds de dotation d'une durée minimale de 10 ans, à l'issue de laquelle l'État pourrait la récupérer. Bercy affirme que d'autres marques d'intérêt existent.

La situation capitalistique est donc loin d'être stabilisée, au moins le carnet de commandes des Chantiers se remplit-il grâce au contrat Pang avec Naval Group. En dépit d'un manque de visibilité à court terme, Laurent Castaing affirmait il y a deux semaines dans un entretien à La Tribune que le "stand-alone" (l'absence d'adossement) était possible. Mais le secteur européen de la construction navale civile est notoirement éclaté, en particulier face aux géants chinois et - dans une moindre mesure depuis la faillite de STX - coréens, et la moitié de ses parts de marché mondiales étaient déjà exposées aux tensions commerciales internationales avant la pandémie, selon SEA Europe, l'organisme représentant la profession.

Le Pang doit succéder au Charles de Gaulle, mis en service en 2001, en 2038. La construction elle-même du nouveau porte-avions devra démarrer en 2025.

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