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Quadient conserve son objectif de croissance
Le groupe Quadient, (Neopost jusqu’au mois de septembre 2019) dévoile des résultats annuels honorables en dépit de la crise. Son chiffre d'affaires s'est établi à 1,029 milliard d’euros au 31 décembre 2020, en baisse de 7,3 % à périmètre et taux de change constant. Après un premier semestre en berne, les activités du spécialiste des solutions de traitement du courrier et des consignes automatiques se sont rétablies au fils de l'année. En repli de seulement 3 % - en glissement annuel à périmètre et taux de change constant - au troisième trimestre de 2020, son chiffre d’affaires est en baisse de 1 % au quatrième trimestre de l’année.
Sa marge opérationnelle s'est maintenue à 14,7 % contre 16,2 % en 2019 hors charges liées à des acquisitions - le groupe est parvenu à économiser 46 milliards d’euros étant donné qu'il sous-traite une partie de la production. Enfin son flux de trésorerie est de 167 millions d'euros sur l’année. Ces trois indicateurs - chiffre d'affaires, marge opérationnelle, et flux de trésorerie - ainsi que les prévisions de croissance du groupe étant supérieurs aux consensus des analystes, le repli du titre en Bourse de l'ordre de 7 % depuis l'ouverture de la Place de Paris ce matin, serait lié à la volatilité du titre dont le montant a été divisé par deux en 2020 avant de retrouver sa valeur d'avant crise au-dessus de 20 euros.
Migration progressive depuis les courriers vers les logiciels
Les activités de Quadient se divisent en deux grands pôles. Son activité historique d’abord. Le groupe Quadient était à l’origine spécialisé uniquement dans une industrie de pointe : le traitement du courrier, qui recouvre une gamme très large d'équipements - allant de la machine à affranchir la moins complexe, pour l'usage d'un professionnel de la santé par exemple, à la machine hyper sophistiquée en mesure d’affranchir et de mettre sous pli des centaines de milliers de courriers, à l'usage d'une banque ou d'une compagnie d’assurances.
Le groupe figure dans ce segment comme premier acteur européen, et deuxième acteur mondial, détenant plus d'un quart des parts du marché d'après les analystes de e-Toro derrière le champion américain Pitney Bowes qui détient plus de 60 % des parts de ce marché déjà largement consolidé où il est difficile d'entrer. Son second pôle - qui représente aujourd'hui un peu plus d'un tiers de ses activités - comprend les consignes de colis et les logiciels d'automatisation des processus de métier et de gestion de client.
Dans chacun de ces deux pôles (solutions liées au courrier et logiciels), la plus grande partie des revenus (71 % de son chiffre d'affaires) est de caractère récurrent : c'est le cas de l'ensemble des gains provenant des contrats de souscription et de location d'équipements et de logiciels plutôt que de contrats de vente. Cela comprend aussi les contrats de maintenance associés aux contrats de vente. Si bien que le modèle économique inhérent au groupe lui procure une grande sécurité de ses revenus quelle que soit la conjoncture : en 2020, ses activités récurrentes ont limité leur baisse à 3,9 % à périmètre et taux de change constant par rapport à l’année précédente, ce qui compense le recul de 14,5 % de ses ventes de licences et d’équipement. Et la part des revenus récurrents est appelée à augmenter puisque Quadient privilégie maintenant ce type de contrats.
La société cotée propose donc le versement d’un dividende de 0,50 euro par titre, dans la limite des 20 % du résultat net établie dans le cadre de son plan stratégique "Back to Growth" dont il présente aujourd’hui la seconde phase à l’occasion de son Capital market day. Le groupe souhaite au cours des trois prochaines années continuer à "développer des synergies autour de [ses] activités d’origine [...] en établissant des positions de marché de premier plan dans ses activités de logiciel et d’automatisation des processus métier" a déclaré Geoffrey Godet, directeur général de Quadient.
Son activité de solution liée au courrier décline d’années en années étant donné la tendance structurelle à la baisse, d'achat ou de location d'équipements postaux par les entreprises. Ce segment assure cependant au groupe des rentes importantes, et seulement 20 % des équipements installés arrivent en fin de contrat chaque année ; il est en outre possible - et c'est la pratique la plus courante - pour ses clients de procéder alternativement à une simple extension de contrat ou à un renouvellement de machine, le taux de fidélité est donc élevé.
Mais ses activités de gestion de la communication et de l'expérience client, l'automatisation des processus métier et de la gestion de documents, ainsi que les solutions de consignes colis automatiques compteront progressivement pour la majorité de son portefeuille que le groupe module au fils de ses cessions (les groupes de données Satori Software et Human Inference en 2019 et l'entreprise de logiciel d’expédition ProShip en 2020) et acquisitions (la société américaine de consignes colis Parcel Pending en 2019, la fintech américaine YayPal, et canadienne Beanworks en 2021). Pendant les premières années de son plan, de 2018 à aujourd’hui, la part du chiffre d’affaires des solutions logicielles et de consignes colis est passée de 18 % à 27 %.
Quadient souhaite par ailleurs continuer de consacrer une grande partie de son chiffre d'affaires à la Recherche & développement et à la maintenance - à hauteur de 70 à 80 millions d’euros par an. Et le groupe se fixe pour objectif une progression moyenne sur la période de 2021 à 2023 de 3 % par an de son chiffre d’affaires, un taux de croissance ambitieux pour une entreprise dont la part du courrier reste encore importante.
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