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Michelin : des pneus mais pas que…
Le groupe Michelin a présenté ce jeudi son plan stratégique "Michelin In Motion" pour les dix années à venir : une petite révolution pour le spécialiste des pneus qui prévoit de se diversifier hors de son métier historique. D'ici 2030, son activité de fabrication de pneus ne devrait plus compter que pour 70 % à 80 % de son revenu, contre 95 % aujourd’hui.
Les 20 à 30 % restant proviendront de son développement dans des secteurs plus innovants, conformes à la tendance actuelle, comme la fabrication d'objets connectés pour les voitures, de composites flexibles (convoyeurs, courroies, tissus enduits, joints etc.), l'impression 3D de pièces métalliques et la fabrication de piles à hydrogène - une usine devrait ouvrir avant la fin de l'année dans les environs de Lyon. Si bien que "d'ici 2030, tout en restant fidèle à son ADN, le profil du groupe aura fortement évolué avec la montée en puissance de nouvelles activités à haute valeur ajoutée autour et au-delà du pneumatique", a fait valoir Florent Menegaux, président du groupe Michelin.
Pour ce qui est de son activité phare, la fabrication de pneu, Michelin prévoit de se concentrer sur ceux de nouvelle génération ainsi que sur les roues de grande taille qui représentent une plus forte marge. Car il devient difficile de concurrencer la Chine sur les modèles de pneu de milieu de gamme, un constat confirmé par la crise.
Concernant ses perspectives, si, comme il l'escompte, il parvient à retrouver son niveau d'activité d'avant crise à compter du second semestre de l’année 2022, le groupe estime pouvoir atteindre une croissance de 5 % par année à partir de 2023, fruit de son changement stratégique. Cela signifie que son chiffre d’affaires devrait s'établir autour de 34 milliards d’euros en 2030, soit 10 milliards de plus que le chiffre d’affaires estimé de 2023 (24,5 milliards d’euros). Ses activités dans l’hydrogène devraient générer 1,5 milliard d’euros par an à l’issue de sa transformation, et son activité d’impression de pièces métallique en 3D devrait compter pour 0,5 milliard du chiffre d’affaires du groupe en 2030.
À plus courte échéance, le groupe entend retrouver un ratio de retour sur investissement (ROCE) de plus de 10,5 % en 2023 à comparer aux 10 % de 2019, et un bénéfice opérationnel de plus de 3,3 milliards d’euros en 2023, en comparaison aux 3 milliards d'avant crise. Le groupe au Bibendum procédera en outre à des économies de coût évaluées à 300 millions d’euros sur les trois années à venir. L'essentiel résultera de gains de productivité liés à la digitalisation et à l’augmentation de la taille moyenne de ses usines, ainsi que de son meilleur positionnement géographique précise-t-il dans un communiqué. En France, ces gains de productivités se feront au prix d'un vaste plan de suppression de 2 300 emplois sur la même période.
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