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Danone : les actionnaires ne relâchent pas la pression
Le départ du PDG Emmanuel Faber à la mi-mars n'a pas suffi à apaiser les inquiétudes des actionnaires sur la gouvernance et la stratégie de Danone. Si la question de la scission des fonctions de président et de directeur général est résolue, il reste, selon plusieurs d'entre eux, de nombreux points à éclaircir. Ils comptent sur l'assemblée générale du groupe agroalimentaire, prévue le 29 avril, pour obtenir des réponses.
Les préoccupations des sociétés de gestion OFI Asset Management, Mirova et Phitrust, ainsi que des caisses de retraite Ircantec et CAVP (caisse des pharmaciens), ont en effet été inscrites dans l'avis de convocation publié récemment.
Ces actionnaires (qui détiennent conjointement 0,7% du capital) veulent que chaque administrateur s'exprime individuellement et publiquement sur sa propre vision de la stratégie de Danone et donne son avis sur le plan "Local First" en cours, mis en place par Emmanuel Faber, ainsi que sur l'opportunité du maintien du statut d'"entreprise à mission", auquel l'ex-PDG étant très attaché. Des demandes quasi-inédites. "La récente crise de gouvernance qu'a connue la société Danone a mis en lumière tant des dysfonctionnements de forme que des désaccords de fond existant au sein du conseil d'administration de la société", justifient les actionnaires. Pour eux, le hiatus n'est pas simplement lié à la méthode, mais aussi à la stratégie elle-même. Apportant une réponse anticipée à ces préoccupations dans l'avis de convocation, le conseil d'administration réaffirme son soutien au plan, comme il l'avait déjà fait au moment du départ d'Emmanuel Faber.
Au plus fort de la contestation du pouvoir d'Emmanuel Faber, plusieurs actionnaires (dont les fonds Artisan Partners et Bluebell Capital), tout en réclamant déjà la scission du poste de PDG, s'interrogeaient aussi sur le soutien réel des administrateurs à Local First. Ce plan prévoit une organisation du groupe autour de pôles régionaux (et non plus par produit) et un milliard d'euros d'économies entre 2021 et 2023, mais il ne fixe pas d'orientation stratégique.
Artisan Partners proposait, lui, un tri dans les marques de ses divisions Eaux et Produits laitiers et d'origine végétale, s'interrogeant sur la faible croissance du groupe malgré plusieurs marques emblématiques et internationales (Evian, Badoit, Volvic, Activia, Actimel, Danette…) - sous-entendant que la revue de portefeuille lancée en octobre dernier était insuffisante. Quant à Bluebell, il réclamait ouvertement la suspension du plan en attendant qu'il soit revu par un nouveau directeur général. Globalement, les investisseurs craignaient une désorganisation du groupe dans un contexte incertain, alors que les ventes déclinaient sur certains marchés cruciaux.
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