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Casino veut monétiser Cdiscount et GreenYellow

Étant donné les conditions favorables sur les marchés actions et les perspectives positives de ses deux filiales, le distributeur français étudie différents scénarios de cession partielle.
Jean-Charles Naouri - Casino
Jean-Charles Naouri - Casino

Casino continue de chercher à monétiser ses actifs pour réduire sa dette. Le groupe de grande distribution a annoncé hier soir qu'il étudiait "activement de potentielles opérations de marché sur ses filiales Cdiscount et GreenYellow". Il confirme ainsi les rumeurs apparues le mois dernier, qui évoquaient - plus précisément - une introduction en Bourse du fournisseur et installateur d'électricité d'origine solaire GreenYellow, ainsi qu'une vente d'une partie de sa participation dans la filiale cotée Cnova, dans laquelle sont logées les activités de commerce en ligne de Casino, dont Cdiscount. Le distributeur explique sa décision par "les excellentes performances opérationnelles de ces filiales, leur potentiel avéré de forte croissance sur leurs marchés respectifs et l’environnement actuel favorable sur les marchés actions".

Bien que toujours dans le rouge, Cdiscount a profité d'une forte hausse de son trafic pendant la crise sanitaire en 2020. Son volume d'affaires a progressé de 8,6% à 4,2 milliards d'euros et son Ebitda a bondi de 63%, à 133 millions. Il entend avoir quadruplé son volume d'affaires en 2024. De son côté, GreenYellow a augmenté sa capacité installée de 56% en 2020, à 335 MWc, et s'est fixé l'objectif d'en installer 350 MWc de plus en 2021, sur un "pipeline" total de 565 MWc à la date du 31 décembre 2020. Son objectif est d'atteindre 1 GWc l'année prochaine. Il anticipe également une hausse de 40% de son Ebitda en 2021, à 90 millions d'euros.

L'on sait d'ores et déjà qu'il ne s'agit pas de sortir totalement de Cnova, Cdiscount ou GreenYellow : le groupe "a aussi confirmé le rôle stratégique [de ces actifs] dans son plan de croissance rentable", précise le communiqué. Mais le conseil d'administration ne donne aucune précision sur la nature de ses réflexions. Il parle de "potentielles levées de fonds propres additionnels", destinées à accélérer la croissance de ses deux filiales. "Ces levées de fonds, qui pourraient prendre la forme d’opérations de marché, pourraient aussi s’accompagner de placements secondaires de titres détenus par le groupe, tout en maintenant le contrôle de ces filiales stratégiques", poursuit Casino dans son communiqué, qui n'a pas souhaité faire de commentaires.

Cdiscount est détenu à 100% par Cnova, elle-même contrôlée à 64,5% par Casino et à 34% par GPA, filiale brésilienne également contrôlée par Casino. GreenYellow est détenu à 73% par Casino et 24% par le spécialiste français de la gestion alternative Tikehau et par la banque publique Bpifrance. Le distributeur précise que ses projets sont menés en concertation avec les autres actionnaires.

Une introduction en Bourse de GreenYellow est toutefois une piste tout à fait crédible, d'autant plus que, comme le reconnaît lui-même Casino, le contexte est favorable avec des marchés actions à des niveaux très soutenus et un réel appétit des investisseurs pour les introductions en Bourse. Mais Casino pourrait se contenter de céder des parts aux actionnaires minoritaires existants de GreenYellow, lesquels ne cachent pas leur intérêt dans la transition écologique. Concernant Cdiscount, le scénario sera nécessairement différent, puisqu'il est filiale de Cnova (qui possède également 1001pneus, C-Logistics, Stootie et La Nouvelle Cave), coté sur Euronext avec un flottant extrêmement réduit, certes. La solution pourrait passer par une cession de parts dans C-Discount par Cnova, ou, plus simplement, de la vente d'actions Cnova, ce qui aurait pour avantage d'augmenter le flottant de la filiale cotée, élément toujours très apprécié par les investisseurs.

Ces projets répondent à la volonté de Casino de poursuivre son difficile désendettement - sa dette nette restant importante fin 2020 (3,9 milliards d'euros, contre 4,1 milliards un an plus tôt). À l'occasion de la publication de ses comptes annuels en février dernier, le distributeur avait indiqué de manière un peu sibylline - mais que chacun avait compris - que le développement de son portefeuille d'activités lui ouvrait le champ des possibles pour son désendettement. Depuis mi-2018, il veut réaliser 4,5 milliards d'euros de cessions ; 2,8 milliards ont déjà été signés. Actuellement, la participation de 65% de Casino dans Cnova est valorisée près de 1,8 milliard d'euros.

Mais étant donné la situation encore difficile de son cœur de métier, la grande distribution en France, il est important pour Casino de ne pas perdre le contrôle de ses filiales qui fonctionnent ou qui ont le plus fort potentiel de croissance. Mais cela ne doit pas faire oublier la nécessité pour le groupe d'améliorer la rentabilité de ses activités de distribution dans l'Hexagone.

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