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Saint-Gobain se désengage de PAM Chine, poursuivant sa route vers le bâtiment

Le spécialiste des matériaux de construction a annoncé la vente de la filiale chinoise de Saint-Gobain PAM (ex-Pont-à-Mousson), spécialisée dans les canalisations. Les cessions se poursuivent donc à un très bon rythme.
Tour Saint-Gobain
Tour Saint-Gobain

Tout en renouvelant une partie de sa direction, Saint-Gobain poursuit ses arbitrages d'activités $. Après, entre autres, K par K et Point.P en 2019, la production de polystyrène expansé en 2020 et plusieurs activités de distribution en Europe en début d'année, le groupe de matériaux de construction se désengage cette fois-ci de la partie chinoise de son activité canalisation, Saint-Gobain PAM. Derrière ces trois lettres se cache un ancien nom emblématique, Pont-à-Mousson.

Annoncé vendredi dernier, ce désengagement n'est pas complet, puisque le groupe conserve 33 % du capital de PAM Chine, pour céder les deux tiers à un consortium mené par la direction locale. L'opération, qui devrait être bouclée au cours de l'été, se fait sur la base d'une valeur d'entreprise de 100 millions d'euros, soit un multiple légèrement supérieur à 11 fois l'Ebitda 2020. Le chiffre d'affaires de la filiale a atteint 170 millions d'euros. L'usine, établie à Ma'anshan et qui emploie 1 100 salariés, produit des canalisations d'adduction et de distribution d'eau potable. Un contrat protège la marque et les avoirs, tandis que le groupe percevra des royalties. Le choix de l'acquéreur permet d'éviter de céder l'actif à des concurrents frontaux. Saint-Gobain précise que PAM Chine maintiendra le lien avec l'activité Canalisation en Europe "dans le cadre d'un partenariat industriel de long terme". Il convient de rappeler que PAM n'est plus totalement au cœur des priorités de Saint-Gobain : la division a entamé la dernière ligne droite de son plan de redressement 2017-2021 et, au moment de l'éclatement de la pandémie, il était en cours de réorganisation juridique - dont l'objectif devait être le prélude à l'ouverture de son capital à un partenaire industriel ou financier, européen ou non. La recherche de partenaire avait été suspendue par la crise.

Le groupe a mené tambour battant ses cessions d'actifs depuis 2018 et le lancement de son plan Transform & Grow, qu'il a achevé l'année dernière, avec un an d'avance. Il avait fixé un objectif initial de plus de trois milliards d'euros à la fin de l'année 2019 - un jalon qu'il a atteint avec la vente de son activité de vitrages de bâtiment en Corée du Sud. Mais Saint-Gobain a poursuivi ses efforts et est allé bien plus loin, puisque le montant total des cessions atteignait 4,6 milliards d'euros début 2021, avant l'annonce de vendredi. La vente de Lapeyre au fonds allemand Mutares, qui devait se conclure au premier trimestre, est retardée d'au moins deux mois par l'ordre donné par le tribunal judiciaire de Val-de-Briey à Saint-Gobain de fournir de nouveaux documents aux représentants du personnel.

Le programme de cessions est complété par des acquisitions ciblées dans des niches manquantes. La présence de Saint-Gobain dans la rénovation et l'amélioration du bâtiment lui permet de survoler les conséquences de la crise sanitaire, puisque l'engouement des particuliers pour ces activités ont "plus que compensé la baisse du marché du neuf", avait déclaré fin janvier son P.-D.G. Pierre-André de Chalendar à l'occasion de ses vœux à la presse. En outre, les plans de relance mis en place en Europe et aux États-Unis favorisent la rénovation thermique des logements et la modernisation des bâtiments publics. Des activités bien loin de Pont-à-Mousson.

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