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Renault : vers une année 2021 fade ?

Le chiffre d'affaires du constructeur s'est replié pour le cinquième trimestre consécutif et le groupe estime que sa visibilité s'est dégradée en raison de la pénurie de semi-conducteurs. Mais la stratégie de rentabilité semble fonctionner.
Luca de Meo, directeur général du groupe Renault - Crédits : Olivier MARTIN-GAMBIER
Luca de Meo, directeur général du groupe Renault - Crédits : Olivier MARTIN-GAMBIER

Alors que les analystes attendent dans leur majorité une séquence de résultats du premier trimestre positive dans le secteur automobile, à l'instar de Daimler, Volkswagen ou encore l'équipementier Faurecia, les chiffres d'activités publiés par Renault ce matin déçoivent. Justifier la désaffection du titre (-2,1 % peu avant 15 heures, à 33,80 euros) par ce seul élément est sévère ; mais ça l'est moins si l'on considère la dégradation des perspectives dont a témoigné le groupe.

Les revenus du constructeur français, qui atteignent 10,01 milliards d'euros, ont décliné pour le cinquième trimestre consécutif. Le repli est limité (- 1,1 %), mais le chiffre d'affaires accusait déjà une baisse de plus de 19 % au premier trimestre 2020 en raison des premiers effets de la pandémie. Le consensus FactSet anticipait un revenu de 10,34 milliards d'euros. D'un point de vue objectif, la publication n'est donc pas brillante. "La performance n'est pas très encourageante pour cette année", indique un analyste. Deux activités ont particulièrement pesé : le financement des ventes (le chiffre d'affaires de RCI Banque a reculé de 8,2 % à 759 millions d'euros) et la filiale russe Avtovaz, qui a souffert du repli de la demande russe (-2,3 % à 685 millions) alors qu'il s'agit de son deuxième marché par les volumes. Soulignons également que toutes marques comprises, Renault évolue nettement moins bien que le marché automobile sur tous les continents, sauf l'Europe occidentale (-12,8 % contre -1,3 % en Amérique latine, -2,2 % contre +9,3 % en Eurasie, +12,3 % contre +43,1 % en Asie Pacifique, Renault demeurant très faible en Chine, moteur de la reprise).

Mais Renault a également été pénalisé par d'autres éléments plus aléatoires, en particulier la variation des stocks (qui a pesé sur le volume des ventes et, de ce fait, a coûté 6,5 points de pourcentage) et une évolution des taux de change extrêmement défavorable (-4,3 points). À change comparable, le chiffre d'affaires aurait progressé de 4,4 % par rapport au premier trimestre 2020. Ce qui donne déjà une lecture moins négative sur la performance intrinsèque du groupe.

Renault montre aussi certains signes positifs. La politique qui favorise la rentabilité aux volumes (mise en place par Dominique Senart, président de Renault, et Clotilde Delbos, directrice financière et directrice générale adjointe, et adoubée par le nouveau directeur général Luca De Meo dans le cadre du plan Renaulution) continue de porter ses fruits : l'effet prix a ainsi contribué positivement à l'évolution du chiffre d'affaires à hauteur de 6,3 % et l'effet mix produit apporte une contribution positive de 2,4 %. Le succès des modèles électriques a largement contribué à ces évolutions. Le groupe n'a fait "aucun commentaire sur les marges ou la génération de cash-flow, mais les progrès réalisés dans ces deux dimensions laissent entrevoir un niveau de rentabilité meilleur que l'année dernière", souligne un analyste. Simplement, cette nouvelle stratégie n'a pas été suffisante pour contrecarrer les vents opposés.

Le plus décevant pour les investisseurs a probablement été le sentiment général quant à l'avenir proche laissé par la direction. Clotilde Delbos a ainsi indiqué à l'occasion de la conférence avec les analystes ce matin que la visibilité s'était "détériorée" en raison de la pénurie mondiale de semi-conducteurs, liée à une explosion de la demande pour les équipements informatiques, la pandémie ayant accéléré la numérisation des entreprises et des particuliers. Selon le cabinet d'études IHS Markit, cette pénurie a provoqué une perte de production de 1,3 million de véhicules à travers le monde.

La dirigeante a en conséquence déclaré que fixer des objectifs pour 2021 "n'aurait aucun sens". Elle a simplement indiqué sa confiance dans la capacité du groupe à atteindre une proportion de véhicules électriques située entre 10 et 15 % de ses ventes cette année, contre 10 % en 2020. Si l'absence de prévisions pour l'ensemble de l'année n'est pas une grande surprise, elle dénote avec, par exemple, l'attitude de Volkswagen et de Daimler, qui, malgré la faible visibilité, ont communiqué leurs objectifs. Les résultats du premier semestre seront donc essentiels pour évaluer la trajectoire de Renault et juger de la pertinence et du succès de sa stratégie.

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