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IPO, Bourse, actions, marché primaire

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Believe veut réveiller la Bourse de Paris

L'accompagnateur d'artistes et distributeur de musique numérique veut lever 500 millions d'euros sur Euronext Paris. Ce serait la plus grosse introduction en Bourse depuis la Française des Jeux.
Figaro Live Musique
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Une introduction en Bourse (IPO) réveille la Place de Paris : Believe (ex-Believe Digital), spécialisé l'accompagnement et la distribution d'artistes dans la musique numérique, veut lever 500 millions d'euros à l'occasion de sa cotation. Il vient d'annoncer l'approbation de son document d'enregistrement par l'Autorité des marchés financiers (AMF).

L'opération constitue la plus importante IPO sur le marché français depuis la privatisation de la Française des Jeux en novembre 2019 (le géant des jeux d'argent avait levé 1,8 milliard d'euros). Le montant illustre également la montée en puissance du secteur numérique. Ses dirigeants n'ont pas souhaité communiquer la valorisation totale qu'ils espèrent atteindre (qui dépendra de la demande des investisseurs) ; des rumeurs apparues en novembre dernier évoquaient une valeur d'environ deux milliards d'euros pour 100 % du capital.

Le choix d'Euronext Paris peut surprendre : d'une part, la Place française s'est caractérisée par un grand calme ces dernières années à l'exclusion de quelques grandes opérations pilotées par l'État (alors que plus une Bourse est dynamique et attire les investisseurs, plus elle attire des candidats aux IPO) ; d'autre part, Paris n'est pas une place de choix pour des licornes (ou qui prétendent à ce statut), comparé au Nasdaq par exemple, ou à Londres, pour son exposition inégalée aux investisseurs internationaux. "Dans le marché de la musique, les marchés en plus forte croissance et les plus importants dans les années à venir seront l'Asie et l'Europe. Aujourd'hui, nous concentrons notre développement sur ces zones. Les États-Unis, qui ne seront plus le marché numéro Un dans dix ans, ne sont pas notre zone prioritaire de croissance. Il y a également une raison historique pour laquelle nous n'avons pas choisi New York : les fonctions techniques et produits ont toujours été basées à Paris", explique Denis Ladegaillerie, PDG de Believe, qu'il a fondé en 2005. Quant à Londres ou Amsterdam, "on ne s'est pas posé la question", précise-t-il.

Le montant levé par Believe servira à financer sa croissance, qui repose de manière importante sur les acquisitions - la start-up en a déjà réalisé 18 depuis 2015 dans sept pays différents. Au-delà des investissements organiques, elle compte investir une centaine de millions d'euros par an au cours des quatre prochaines années dans l'achat de labels, plates-formes, voire catalogues, pour gagner environ 110 millions d'euros de chiffre d'affaires par an à compter de 2022. Son objectif est d'assurer une croissance organique moyenne de chiffre d'affaires située entre 22 et 25 % jusqu'en 2025 et de 20% au-delà, et d'atteindre une marge d'Ebitda comprise entre 5 et 7 % jusqu'à cette date, puis de la porter à 15 % "à long terme".

Le modèle économique de l'éditeur-producteur numérique repose sur la progression inexorable du streaming, qui représentait, selon le rapport annuel de l'IFPI, 62 % du marché mondial de la musique enregistrée en 2020 (passant de 2,8 milliards de dollars en 2015 à 13,4 milliards en 2020) et devrait dépasser les 22 milliards de dollars d'ici à 2027. Believe a réalisé un chiffre d'affaires de 441 millions d'euros en 2020 (tirés à 89 % des reversements effectués par les plates-formes de distribution numérique comme Spotify, Youtube, Apple Music ou encore Deezer en échange de la mise à disposition de contenus audio et video) ; il atteignait 238 millions deux ans plus tôt. La France ne représente que 18% de ses revenus.

Believe affirme que sa stratégie a toujours reposé sur la croissance rentable. Dans son document d'enregistrement, il indique avoir réalisé un bénéfice net de 2,5 millions d'euros en 2018 et de 4,6 millions en 2019. Il a en revanche accusé une perte nette de 26,3 millions en 2020 en raison des conséquences de la pandémie dans les pays émergents, où la monétisation de la musique passe majoritairement par la publicité, laquelle s'est effondrée lorsque de nombreux artistes ont décalé la sortie de leurs musiques, tandis qu'il a volontairement maintenu ses investissements.

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