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Ces métaux en vogue depuis la transition énergétique
Le métal rouge s'échange depuis le début du mois à plus de 10 000 dollars la tonne sur les marchés à terme de la Bourse de Londres (LME), battant son record historique le 17 mai dernier à 10 700 dollars la tonne.
Une hausse en partie liée à l’effet de rebond post-pandémie de l’industrie et à la demande en provenance de l'Empire du milieu qui représente 60 % de la consommation de cuivre mondiale et 50 % des importations. À cela s‘ajoute un phénomène de spéculation - reflétant les espérances des fonds d’investissement et spéculateurs désireux de tirer profit de la reprise mondiale - contribuant à la tendance haussière du cours.
Mais cette évolution n’en demeure pas moins révélatrice de la tendance de long terme du marché car liée au rôle central de ce métal dans la transition environnementale. En effet, le cuivre est nécessaire à la fabrication de champs éoliens, de panneaux semi-photovoltaïques, de semi-conducteurs et de véhicules électriques. Et si pour certaines de ses applications - dans l'industrie électrique notamment - il peut être substitué par de l’aluminium, il est irremplaçable dans le secteur de la construction et du transport, à forte intensité en cuivre.
En effet, entre 80 kg et 170 kg sont utilisés pour la fabrication d'un véhicule électrique, soit quatre fois plus que dans le cas d'un véhicule thermique selon le rapport Cyclope sur les matières premières parue ce mercredi. Or 40 millions de véhicules électriques devraient être produits chaque année à horizon 2025 et 70 millions à horizon 2030. Si bien que les technologies vertes - qui mobilisent déjà 6 millions de tonnes de la production mondiale totale de cuivre raffiné, de 24,4 millions de tonnes en 2020 - devraient nécessiter 15 millions de tonnes de cuivre par an lorsque les objectifs des États de verdissement seront atteints selon Michael Haigh, directeur de la recherche matières première de la Société Générale CIB.
Compte tenu de cette évolution,"la demande de cuivre devrait doubler dans les prochaines décennies" selon le rapport Cyclope. Et la production mondiale de métal rouge devrait croître de 2 millions de tonnes par an selon l'expert de la banque française. Mais cette hausse de la demande ne traduit pas pour autant une raréfaction du métal car 800 tonnes de réserves de cuivre dans le monde dites "prouvées" sont déjà recensées selon le même expert. D’autant que le prix élevé de la tonne permet aux exploitations minières de déployer davantage de moyens dans leurs recherches de ressources. En outre, compte tenu de cette nouvelle conjoncture, "le recyclage devrait s’amplifier dans le temps" estime les analystes du rapport Cyclope.
La tendance haussière du cours du cuivre se vérifie pour une grande partie des métaux non ferreux - comme l'étain, l'argent et le nickel - et non ferreux - minerai de fer et acier. Mais il demeure que "la transition énergétique est un phénomène complexe" estime Yves Jégourel, professeur à l'université de Bordeaux et directeur de rédaction du rapport Cyclope, qui rappelle que l'on ne peut pas encore prédire le mix-énergétique de demain, soit ce qui déterminera lesquelles de ces matières premières cotées sur les marchés boursiers deviendront véritablement irremplaçables.
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