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Entreprises / Actions

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Les défauts d'entreprises européennes devraient diminuer d'ici un an

Selon une étude publiée vendredi par S&P, le taux de défaut des entreprises dites "spéculatives" en zone euro devrait passer de 6,1% en mars 2021 à 5,25% en mars 2022. Seules 39 sociétés feraient défaut selon l'agence. Selon un scenario plus optimiste, ce taux pourrait même atteindre 2,5%.
Chapter 11 - faillite - US - Etats-Unis - illustration
Chapter 11 - faillite - US - Etats-Unis - illustration

Les aides massives instaurées par les États européens depuis le début de la pandémie mondiale ont pour l'instant évité des faillites d'entreprises en cascade, dont l'activité s'est pour certaines totalement arrêtée. Pourtant, avec l'accélération de la vaccination et l'amélioration de la situation économique, les États devraient progressivement retirer leur aide. Et certains redoutent que le retrait des pouvoirs publics ne déclenche une vague de défauts. Ce n'est pas le scénario retenu par S&P Global Ratings vendredi dernier. Selon l'agence de notation, le taux de défaut des entreprises les moins bien notées (en catégorie spéculative) devrait passer de 6,1% en mars 2021 à 5,25% en mars 2022 grâce à une accélération de la croissance en zone euro. L'agence anticipe ainsi une hausse du PIB de 4,2% pour cette année, après un recul de 6,8% l'an dernier, et s'attend à des mesures de soutien encore importantes de la part des États, estimant que les fonds européens qui devraient commencer à être versés dans les prochains mois soutiendront aussi la zone euro. Par ailleurs, le pays où le nombre d'entreprises les moins bien notées est le plus élevé, à savoir le Royaume-Uni, est aussi celui dont la croissance devrait être la plus élevée cette année, de 11% selon S&P.

La tendance depuis le début de l'année est par ailleurs plutôt rassurante concernant le rythme de défaut des entreprises : les dégradations et défauts ont atteint un pic au cours des mois de septembre et octobre 2020 mais depuis le début de l'année, l'agence a dénombré plus de révisions à la hausse d'entreprises que d'abaissements de notations. "Si cela ne signifie pas que nous nous attendons à une vague de révisions à la hausse dans les prochains mois, ce mouvement est le signe que le rythme accéléré de la dynamique négative du crédit semble s'être calmé", explique l'agence. Qui ajoute que certains secteurs seront naturellement surreprésentés parmi les dégradations de notes (loisirs, transports, pétrole et gaz…) ces prochains mois. S&P anticipe 39 défauts d'entreprises de catégories spéculatives d'ici mars 2022.

L'agence prévoit cependant deux autres types de scénarios, l'un plus positif où le taux de défaut atteindrait 2,5% en mars de l'an prochain (soit 18 défauts), les entreprises les plus fragiles continuant de bénéficier de conditions d'emprunts très avantageuses et dans un contexte d'optimisme des marchés, les aidant à refinancer leurs dettes. Dans un cas de figure plus sombre, le taux de défaut pourrait au contraire atteindre 7,5% en mars 2022, soit 55 défauts de sociétés : plusieurs facteurs seraient ainsi susceptibles de faire dérailler la reprise, estime l'agence, tels que l'arrivée de nouveaux variants du virus, un ralentissement de l'immunisation collective, et des erreurs politiques de la part des États.

Quoi qu'il en soit et si le scénario central de l'agence se réalise, c'est-à-dire une stabilisation du taux de défaut des entreprises dans les prochains mois, certaines entreprises, appartenant aux secteurs les plus frappés par la pandémie, devraient mettre du temps à voir leur note remontée. "Les sociétés de ces secteurs les plus fragiles devront sans doute attendre plusieurs années avant de voir leur qualité de crédit restaurée".

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