Entreprises / Actions
Entreprises / Actions
Tarkett entame sa sortie de Bourse
Si la Place de Paris est marquée par un afflux de projets d'introductions en Bourse (IPO) depuis le début de l'année, à la grande joie de ses acteurs de la Place et du ministère de l'Economie, cette tendance ne dit pas tout de la santé de l'activité boursière tout au long de l'année.
Le marché français n'ayant pas la profondeur des marchés américains ou britanniques, certaines entreprises cotées ne désespèrent de voir leur cours de Bourse rester fortement sous-valorisés, par rapport à leur actif net par exemple - se plaignant de l'"incompréhension" des investisseurs (comme un chef-d’œuvre du 7e Art qui ne "trouverait" pas son public). Dans d'autres cas, elles ont besoin de se restructurer ou de se repositionner dans la sérénité, à l'abri des réactions parfois épidermiques - quand elles ne sont pas algorithmiques - des investisseurs.
Dans ces cas de figure, quel est le sens d'une cotation ? Un argument fréquemment utilisé par les fonds de private equity lorsqu'ils veulent acquérir une PME ou une ETI qui serait tentée par la Bourse - fonds qui sont toutefois ravis de profiter de la Bourse comme voie de sortie pour leurs investissements !
Le cas de Tarkett illustre parfaitement la difficulté qu'éprouve parfois la Bourse à valoriser correctement la stratégie de long terme d'une entreprise. La famille Deconinck, réunie au sein du holding Tarkett Participations, est l'actionnaire majoritaire (à 55% du capital) du fabricant de revêtements de sol bien connu des pratiquants de sports collectifs ; elle a annoncé hier le lancement de son offre publique d'achat simplifiée (OPAS) sur les titres qu'elle ne détient pas, au prix déjà connu de 20 euros par action - soit une prime de 38,5% par rapport à la moyenne pondérée des cours de Tarkett lors des 20 dernières séances précédant l'annonce préliminaire de l'opération, fin avril.
En cas de succès, l'opération, qui s'achèvera le 9 juillet, sera suivie d'un retrait de cote. Elle doit permettre à Tarkett, société dont l'activité est très soumise aux cycles économiques, "de poursuivre sa transformation engagée et de saisir de nouvelles opportunités", alors que l'entreprise, l'un des leaders mondiaux dans ses activités, a accusé une perte nette de 19,1 millions d'euros en 2020 en raison de dépréciations d'actifs liées à la crise sanitaire, pour un chiffre d'affaires de 2,6 milliards d'euros.
Pour réaliser l'opération, il s'appuie sur la société d'investissement Wendel. Celle-ci a également fleuré la bonne opération, étant donné que les actifs non cotés, eux, qui sont plutôt sa spécialité, sont devenus très onéreux. Une fois l'OPAS effectuée, Wendel prendra une participation de 30% dans Tarkett Participations, qui contrôlera 100% de Tarkett.
Ironie du sort, Wendel, elle-même cotée, se plaint depuis des années d'être injustement sous-estimée par les investisseurs - lesquels sont rarement tendres avec les structures qui détiennent plusieurs participations et leur appliquent la fameuse décote de holding.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

