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Le Spac de la tech : un alignement d'intérêt inédit
Un petit groupe d’entrepreneurs français bien connus dans le monde de la tech s'est lié pour lancer ce jeudi un Spac - ou "Special purpose acquisition Company" - une coquille vide qui, une fois introduite en Bourse, à vocation à sélectionner puis acquérir une ou plusieurs sociétés consacrées au digital.
Parmi les personnalités à l'initiative de ce véhicule baptisé DEE Tech, figurent trois entrepreneurs du secteur. La tête de proue est Marc Menasé, fondateur de Founders Future, qui assure la direction générale du Spac en s'associant avec Michaël Benabou et Charles-Hubert de Chaudenay, anciens fondateurs de Vente-privée (devenu Veepee).
Tous trois s'allient à une mutuelle spécialisée dans les professionnels de santé, la MACSF au travers de son directeur financier Roger Caniard, ainsi qu'à la société d'investissement IDI au travers de l'un de ses associés, Julien Bentz. Les deux financiers siègent au conseil d'administration présidé par Michaël Benabou. Cette coopération entre personnalités d'un secteur et habitués des montages financiers n'est pas sans rappeler les autres Spac accueillis par Euronext ces dernières semaines. Comme celui de Xavier Niel dans le secteur de la consommation durable et celui de Xavier Caitucoli dans le secteur de l'énergie, qui regroupent spécialistes et banquiers d'affaires.
Est également présente au sein du Conseil d'administration de DEE Tech la pionnière du ecommerce français, Nathalie Balla qui a transformé La Redoute, ainsi que deux femmes du monde de l'investissement, la fondatrice d’Alter Equity, Fanny Picard, et celle qui dirigeait Aviva Investors France, Inès de Dinechin.
L'ambition est de lever 150 millions d'euros au travers de ce Spac, montant qui pourrait atteindre 195 millions d'euros en cas d'exercice intégral de la clause d'extension. La cotation du véhicule interviendra le 25 juin et la phase de souscription - qui s'adresse aux investisseurs qualifiés pour un montant de souscription d'un million d'euros au minimum - qui vient de commencer durera jusqu'au 23 juin. Les fondateurs ont fait connaître leur intention d'investir 40 millions d'euros dans le projet, à cela s'ajoutent entre 5 à 10 millions qui constituent le fonds de roulement du Spac et le seul investissement qui sera perdu en l'absence de rachat d'une société.
L'entreprise cible, celle que le consortium d'entrepreneurs et investisseurs cherchera à racheter une fois leur coquille vide cotée, devra présenter un fort potentiel. Il s'agira plus précisément d'une société technologique européenne ou israélienne de premier plan, à forte croissance "avec un positionnement privilégié pour les solutions à la digitalisation et/ou à l’e-commerce" selon le communiqué paru ce jeudi. Tout cela dans le but de faire émerger"un géant de la tech", comme l'ambitionne l'alliance d'experts. Les investisseurs auront la possibilité de retirer leur investissement si la cible ne leur convient pas, conformément au mécanisme habituel d'un Spac. Ils se voient en outre garantir - et cela est spécifique à ce véhicule - d'être remboursé à hauteur de leur investissement initial quelle que soit l'évolution du marché.
De surcroît, afin que les intérêts des investisseurs, de l'entreprise cible et des fondateurs soient alignés, les dirigeants ont imaginé un mécanisme ingénieux de reversement en trois temps de leur rémunération (20 % du capital). Un tiers leur sera versé lors de l'acquisition de la cible, un tiers leur sera remis lorsque le cours aura augmenté de 20 % - donc lorsqu'il vaudra 12 euros puisqu'il est fixé à 10 euros - et le tiers restant leur sera remis lorsque le cours sera supérieur à 14 euros. Ce qui constitue "un point très différenciant" par rapport aux autres Spac, souligne le dirigeant Marc Menasé, joint par Wansquare.
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