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CIS met le cap sur sa croissance à l'abri de la Bourse
La pandémie aura donné des idées à certains. Acteur relativement discret bien que coté, CIS, groupe français de services aux entreprises, en particulier en milieu difficile, va ajouter une corde de plus à son arc : déjà présent dans la restauration, la gestion de bases-vie (traitement de l’eau, gestion des déchets, sécurité incendie, nettoyage industriel…), l’hébergement (réception, conciergerie, blanchisserie…) et divers services de soutien (solutions numériques, mise à disposition et transport de personnel, livraison de carburant, contrôle d’accès, loisirs…), il est en train de développer une offre sanitaire dont le besoin a violemment émergé avec la crise du coronavirus - une initiative qui s'inscrit dans le cadre du plan stratégique du groupe présenté jeudi.
Ces nouveaux services, qui comprennent par exemple la désinfection, la purification de l'air et la mise en place de capteurs thermiques, seront d'abord développés en France et destinés aux marchés les plus mûrs. "Une fois que nous aurons acquis une crédibilité dans notre propre pays, nous serons en mesure de proposer à l'ensemble de nos clients", explique Régis Arnoux, fondateur et PDG de CIS. À plus long terme, la société a l'ambition de couvrir l'ensemble des "services indispensables demandés par nos clients pour faire fonctionner leurs opérations", poursuit le dirigeant, ce qui pourrait concerner jusqu'à la gestion d'installations industrielles. Dans ces domaines, à très haute valeur ajoutée, des acquisitions ne sont pas à exclure. "Nous regardons plusieurs cibles. Des actions sont déjà engagées auprès d'actionnaires prêts à discuter. Nous privilégions une acquisition française pour apporter davantage de sécurité à son absorption et créer une plate-forme qui développe en Europe dans un premier temps ces services nouveaux", précise-t-il.
CIS entend également poursuivre son expansion géographique, après avoir ouvert le Cameroun, la Gabon et le Sénégal en 2019. Jusqu'à l'ouverture de la filiale canadienne l'année dernière, la société était absente d'Amérique du Nord : ce continent est désormais sa priorité - une acquisition est possible pour accélérer son implantation.
Une succession assurée
À plus court terme, CIS entend accompagner ses clients dans leur transition énergétique, vers le GNL et les énergies renouvelables. "L'évolution du profil des acteurs internationaux et les coûts des matières premières nous laissent ambitieux pour notre croissance", résume Régis Arnoux. La crise sanitaire a également accéléré la numérisation des entreprises, face à laquelle la société s'estime bien positionnée en ayant développé une plate-forme numérique baptisée "smart4you", qui interconnecte l'ensemble de ses services et leur gestion et suivi en ligne. À cela s'ajoute, de manière plus ou moins contextuelle, une évolution du paysage concurrentiel lié au retrait d'opérateurs internationaux face à certaines crises (comme au Mozambique par exemple), qui "libère un niveau de concurrence importante".
Mais CIS est avare de chiffres concernant les objectifs de son plan stratégique. "Un budget à cinq ans a été arrêté", précise le fondateur, qui n'en dira pas plus. Tant pis pour les actionnaires minoritaires, qui représentent 30 % du capital - la famille Arnoux en détient 53,5 % et la famille Aloyan, liée par un pacte d'actionnaires, 14,2 %. Sachant en outre que l'entreprise ne se finance pas sur les marchés (ni en levant des fonds propres, ni en émettant de la dette) et que le holding des Arnoux se porte systématiquement acquéreur des actions vendues par la famille Aloyan, l'intérêt d'une présence en Bourse est limité. "En effet, cela aurait un sens à sortir de la cote, admet Régis Arnoux. L'introduction en Bourse [en 1998, N.D.L.R.] a été très utile à la société pour se faire connaître, mais cela produit aussi beaucoup de contraintes. Nous menons une réflexion, mais le sujet des acquisitions est prioritaire".
L'autre sujet structurant est la succession du P.-D.G., âgé de 83 ans. Elle est en cours : le directeur général délégué Yannick Morillon prendra bientôt totalement le relais opérationnel. Frédérique Arnoux vient d'être désignée par le conseil d'administration pour remplacer son père en tant que présidente.
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