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L'Europe consacre encore les banques américaines dans un marché du M&A en reprise

Elles dominent largement le Top 10 des opérations annoncées et conclues, selon les statistiques de Refinitiv. Les banques françaises font meilleure figure dans l'Hexagone, sans pour autant dominer.
Poignée de mains 2
Poignée de mains 2

Dans les fusions-acquisitions (M&A) européennes plus qu'ailleurs, nul n'est prophète en son pays… La domination des banques américaines dans le conseil à ces transactions s'est à nouveau confirmée au premier semestre, dans un marché dynamique un an après sa mise à l'arrêt par la pandémie, comme le confirment les league tables de Refinitiv.

Dans les transactions conclues au cours du semestre (qui prennent en compte les opérations étant allées jusqu'au bout et conditionnent le versement aux banques de leurs commissions) en Europe, dont le montant total a progressé de 37 % (à 679 milliards de dollars), les quatre premiers conseils financiers sont américains : Goldman Sachs, qui conserve sa place de numéro un par rapport au premier semestre 2020, JPMorgan (qui progresse d'un rang), Citi (qui bondit de 11 places) et Morgan Stanley (qui recule de deux). La cinquième place est occupée par un établissement européen (Barclays).

Le premier français - qui ne l'est même pas tout à fait - est sixième : il s'agit du franco-américain Lazard, qui a profité de l'afflux massif de transactions pour grignoter une petite place, grâce notamment à sa présence dans le rapprochement de PSA et Fiat Chrysler pour créer Stellantis et l'acquisition de l'américain Tiffany par LVMH. Le prochain, également bi-national puisqu'il s'agit de Rothschild & Co, est en dixième position. Même s'il parvient à progresser de cinq places, BNP Paribas n'est que 13e - il vante pourtant son dispositif européen (il est puissamment implanté en Belgique et en Italie et considère l'Allemagne comme un "marché clé") et fait régulièrement état de sa volonté d'être leader parmi les acteurs continentaux de la banque de financement et d'investissement. Les autres acteurs, comme la Société Générale ou le Crédit Agricole, sont absents du Top 25…

En opérations annoncées pendant le semestre (qui illustrent le dynamisme commercial des banques pour décrocher les mandats mais ne préjugent en rien de leur succès, donc des revenus que les conseils en tireront), les choses ne sont guère plus reluisantes. Dans un marché en hausse de 56 % (à 815 milliards de dollars), Rothschild arrive sixième (en progression de trois places) derrière cinq Américaines (Bank of America se faufile à la cinquième place), Lazard est douzième, BNP Paribas quinzième et la Société Générale seizième.

Les banques françaises font certes mieux sur leur marché national, sans que cela soit flagrant non plus. Si Lazard et BNP Paribas sont respectivement première et deuxième dans les opérations annoncées au premier semestre 2021 (BNP Paribas conseille par exemple Veolia dans la création du nouveau Suez et le fonds CVC dans l'acquisition de Cooper), ils sont seulement quatrième et cinquième en opérations conclues. Par rapport au premier semestre 2020, elles sont éjectées du podium, occupé cette année par JPMorgan, Citi et Goldman Sachs, qui ont été présentes sur tous les grands deals de la Place française : Stellantis et Tiffany pour toutes trois, Borsa Italiana (acquis par Euronext) pour JPMorgan et Goldman Sachs, Bombardier Transport (acquis par Alstom) pour JPMorgan et Citi, Altice Europe (acquis par Patrick Drahi) pour Goldman Sachs et Citi...

Globalement, le premier semestre signe l'échec des banques européennes à se positionner sur le retour à la croissance économique et sa concrétisation en termes de transactions financières. Le Top 10 montre même un recul des établissements européens. Dans les opérations conclues, Credit Suisse, Deutsche Bank, quatrième et cinquième il y a un an, ont dégringolé au-delà de la 14e place. Dans les opérations annoncées, UBS a perdu sa première place (tombant en neuvième position). Les boutiques, ou les banques d'affaires indépendantes, qu'elles soient européennes ou américaines, ont elles tiré leur épingle du jeu : LionTree, Robey Warshaw, Evercore, Centerview, Canson Capital, Perella Weinberg, Moelis figurent dans le Top 25 dans opérations conclues, tandis qu'il faut ajouter PJT Partners, Victoria Partners et Numis (et exclure Canson) dans les opérations annoncées au cours des six premiers mois de l'année. Leurs revenus de 2021, voire de 2022 sont en grande partie assurés.

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