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Feuilleton de l'été

Feuilleton de l'été

exclusif Ils et elles feront le monde d'après - Anaïs Voy-Gillis

EXCLUSIF. Passionnée par l’industrie et la géopolitique, Anaïs Voy-Gillis évolue au sein du cabinet de conseil June Partners depuis 2016 et mène en parallèle une activité de recherche à l’Université de Haute-Alsace au sein du CRESAT (Centre de recherches sur les sociétés, les arts et les techniques). Arrivée pourtant par hasard dans le secteur du conseil, Anaïs Voy-Gillis s’épanouit désormais pleinement dans ce cabinet où elle côtoie des clients pour la majorité issus du monde industriel.
Anaïs Voy-Gillis - June Partners
Anaïs Voy-Gillis - June Partners

Anaïs Voy-Gillis ne se destinait pas à l’origine à intégrer un cabinet de conseil en stratégie. Après un premier cycle en droit, elle mène un double cursus avec le master de droit public commun à l’EHESS, l’Université de Paris-X et Normale Sup, et celui de l’Institut Français de Géopolitique (Université de Paris-VIII). Deux disciplines assez complémentaires qui la conduisent à passer sa thèse de doctorat en géopolitique, discipline qu’elle considère en perpétuel mouvement, tout en sachant qu’elle pourrait y ajouter des aspects juridiques. Elle choisit le sujet de la réindustrialisation de la France, “une matière très vivante qui évolue en permanence”.

 

Ses Masters en poche, elle saisit l’opportunité de rejoindre le cabinet d’un Président de Région comme chargée de mission. L’année suivante, elle se tourne vers le conseil pour financer sa thèse de doctorat à l’IFG. Souhaitant développer une démarche plus opérationnelle sur l’industrie, c’est à l’époque le cabinet Akya Consulting qui a décidé de financer sa thèse en contrat CIFRE et c’est ainsi que, par le plus grand des hasards, elle est arrivée dans le monde du conseil.

 

Anaïs Voy-Gillis a donc commencé dans le cabinet de conseil Akya Consulting en 2015 avec beaucoup d’intérêt du fait de sa spécialisation dans la cession de sites industriels en difficulté. En septembre 2016, June Partners rachète Akya Consulting et lui offrant d’autant plus de synergies avec ses recherches. Devenue Directrice en 2020, elle évolue désormais dans l’expertise “Sales and Operations” du cabinet où elle travaille sur des projets opérationnels et où elle se rend régulièrement sur le terrain auprès de ses clients. Son travail consiste à accompagner les clients dans des projets de transformation complexes dans un environnement où le niveau de stress est très élevé. Anaïs Voy-Gillis est passionnée par son métier qu’elle décrit comme “riche mais qui laisse en même temps une certaine liberté pour faire d’autres choses”.

 

Outre sa fonction chez June Partners, Anaïs Voy-Gillis a la particularité contrairement à ses collègues d’être chercheuse associée à l’université de Haute-Alsace dans le laboratoire Cresat. Tout en restant connectée avec ses missions de conseil, elle continue un travail universitaire qui la conduit à réaliser de nombreuses publications et à intervenir dans les médias sur les sujets de l’industrie et de la réindustrialisation. Cette double mission lui permet donc d’avoir un regard à la fois macro et microéconomique. Elle donne également des cours de géopolitique à l’université.

 

En tant que consultante chez June Partners, Anaïs Voy-Gillis se voit confier des missions dans toute la France et à l’étranger pour des clients français, majoritairement issus du secteur de l’industrie. Elle travaille avec toute la chaîne de l’entreprise, allant des personnes sur les lignes de production dans les usines jusqu’au P.-D.G., voire ses actionnaires. En effet, elle partage la philosophie de June Partners, à savoir qu’il est important d’avoir le contact avec le client et avec toute la ligne hiérarchique concernée. Elle explique que “le contact avec le P.-D.G. est important car c’est lui qui décide et qui insuffle en général la stratégie de l’entreprise” tout comme celui avec ceux “qui font tourner les usines”. Son objectif est “à la fois de faire en sorte qu’ils s’engagent dans le projet, de faire remonter les recommandations du terrain et également de mettre de l’huile dans les rouages pour aligner tous les acteurs de l’entreprise autour d’un projet commun”.

 

Pourtant connue des plateaux de télévisions pour ses nombreuses interventions sur l’industrie et notamment de la réindustrialisation de la France, Anaïs Voy-Gillis explique “ce n’est pas mon métier”. Elle insiste sur ce point : “Mon métier c’est le conseil et la recherche, mais ça n'est pas d’être chroniqueuse sur des plateaux de télévisions car j’ai besoin de cette connexion avec le terrain, j’ai besoin de choses concrètes qui peuvent être applicables”. Elle confie que le risque quand on perd le contact direct avec le terrain, c’est que l’on devient “hors-sol et donc moins audible pour les gens qui nous écoutent et surtout qu’on ne propose plus de choses concrètes et réalistes".

 

Alors que la crise sanitaire a poussé le cabinet à passer en 100 % télétravail pendant le premier confinement, cela n’a pas perturbé Anaïs Voy-Gillis qui avait déjà pour habitude de travailler depuis chez elle, dans un environnement calme avec “un poste de travail dédié et un double écran”. Elle précise que parmi leurs clients, certains ont gardé leurs équipes en présentiel, notamment dans le cas d’activité industrielle où des chantiers étaient à conduire, il n’était pas envisageable de ne pas se rendre sur le terrain. Malgré la crise, elle relate donc “une équipe très soudée” et des “conditions de vie privilégiées".

 

Concernant ses hobbies, un point commun les regroupe toutes : sa passion pour l’industrie. Elle est investie dans 3 associations principales qui lui permettent de s’épanouir davantage. Elle est co-présidente de l’Institut Open Diplomacy dont la mission est de démocratiser la connaissance et l’accès aux questions internationales et à la diplomatie. Cette association vise notamment à former les délégations qui vont représenter la France au G7 et au G20 des jeunes. Il s’agit donc d’un travail d’influence sur la société et de démocratisation de ces questions complexes.

Anaïs Voy-Gillis fait également partie de la Société d’encouragement pour l’Industrie Nationale avec laquelle est organisé le cycle “Renaissance Industrielle” avec l’ambition de rassembler tout l’écosystème autour de l’industrie : les industriels, les financeurs (banques, fonds d’investissement…), les organisations syndicales, les élus locaux pour mettre en avant les bonnes pratiques pour faire renaître l’industrie française. Enfin elle fait partie du Collectif Startups industrielles qui sensibilise sur les difficultés de ces jeunes entreprises innovantes à trouver des fonds.

Le combat d’Anaïs Voy-Gillis est de maintenir la question industrielle au cœur du débat public et elle agit au sein de ces organisations en s’y investissant pleinement.

 

Où vous voyez-vous dans 10 ans ? Dure question pour cette jeune femme, elle n’espère pas accéder à un poste en particulier mais espère, en revanche, que “les messages portés sur l’industrie auront permis de faire bouger les lignes”. Dans 10 ans, elle souhaite que l’on puisse “se pencher sur d’autres causes toujours au service des mêmes valeurs”. Selon elle, l’industrie est très liée à la question écologique ; même si certains pensent que l’industrie en est une des causes, Anaïs Voy-Gillis estime quant à elle que “l’industrie est une des solutions sur le plan environnemental même si le chemin est encore long mais il faut aussi mettre les moyens pour les développer, il faut y croire et que tout le monde s’engage derrière un projet de société dont l’industrie est un pilier”. Sans pour autant être alarmiste, elle estime qu’attendre 10 ans de plus pour faire évoluer les choses n’est plus une option, “il faut que les lignes bougent car on n'a plus le temps”.


 

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