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Edenred n'a pas fini de croître
Edenred, le français spécialiste des solutions de paiement dans le monde du travail issu de la scission en 2010 d'AccorHotels entre ses activités d'hôtellerie (Accord) et de service prépayés (Edenred) est parvenu à redresser son activité en dépit du maintien de restrictions liées au contexte de crise sanitaire au premier semestre.
Le revenu total du groupe s'établit à 757 millions d'euros, revenu tiré de ses métiers de service d'une part (à 97,2 %) et du placement des fonds structurellement mis à la disposition du groupe d'autre part (à 2,8 %). Ses gains sont donc en hausse de 15,3 % en glissement annuel hors effet de change et effet de périmètre. Cette progression est de seulement 9,2 % en données publiées compte tenu d'un effet de change fortement défavorable (- 6,1 %). Malgré cette perte de change, cela témoigne d'une croissance de ses activités allant au-delà du rattrapage post-pandémique car la progression de son activité sur deux ans s'élève à 9,6 % en données comparables, de sorte qu'"Edenred fait bien plus qu'effacer la baisse d'activité enregistrée au 1er semestre 2020" comme le souligne le groupe dans son communiqué.
L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) du groupe de services prépayés a pour sa part progressé de 20,9 % en glissement annuel (295 millions d'euros) en données comparables. Compte tenu du dépassement de ses attentes au cours de la première moitié de l'année, Edenred relève son objectif de croissance de son Ebitda pour 2021 de 3 points de pourcentage, à 9 %. Le groupe entend ainsi générer un excédent brut d'exploitation compris entre 620 et 670 millions d'euros en 2021 contre 580 millions d'euros en 2020. Le pourvoyeur de services de paiement présent dans 46 pays compte pour cela sur la reprise de son activité principale "avantages aux salariés" - émission de Ticket Restaurant, Ticket Cesu (chèques préfinancés), et le paiement mobile sans contact etc. - au cours de l'année dans les zones qui, au second trimestre, étaient encore concernées par des mesures de restriction sanitaires, soit la France et l'Amérique latine selon son communiqué.
Il espère aussi continuer de tirer parti de son développement de solutions pour les entreprises en voie de digitalisation telle que la "plateforme Télétravail" rendue disponible en Hexagone, un outil qui permet aux entreprises de dédommager leurs salariés pour leurs dépenses d'équipements liés au télétravail. Cette solution est déjà plébiscitée par le Crédit Agricole CIB comme l'a souligné le président-directeur général du groupe Bertrand Dumazy à l'occasion d'une conférence de presse. Le groupe a également profité de ce premier semestre pour déployer dans cinq pays son offre "Ticket-restaurant sans carte", soit entièrement dématérialisé, le succès de cette solution étant porté par le contexte de crise sanitaire. Et le P.-D.G. de conclure qu' "Edenred dispose d’un formidable potentiel de croissance pour les années à̀ venir".
L'émetteur du Ticket Restaurant est de surcroît à son aise financièrement, disposant, au 30 juin 2021, d'une "puissance de feu" de 1,5 milliard d'euros de trésorerie "immédiatement mobilisable" selon une réponse aux analystes de Betrand Dumazy.
Le cours en Bourse reflète cependant davantage la tournure encore incertaine des prochains mois - compte tenu du retour aux restrictions dans de nombreux pays - que ses bonnes performances. Ainsi, l'action Edenred perdait 3,7 % à 49,19 euros hier matin à 11 heures, jour de la parution de ses résultats semestriels. Il faut cependant remarquer que le titre avait atteint la veille un plus haut historique à 51 euros et sortait de cinq séances de hausses consécutives. Si bien qu'en dépit de ce repli, le groupe coté du SBF a une valorisation boursière encore 9 % supérieure à celle du 1er janvier.
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