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Entreprises / Actions

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Crise de gouvernance chez Sodexo

Sans donner de plus amples explications, Sodexo annonce au milieu de l'été le départ de son directeur général arrivé il y a trois ans, évoquant une "nouvelle étape".
Sophie Bellon - ERIC FEFERBERG / AFP
Sophie Bellon - ERIC FEFERBERG / AFP

Le groupe français de services de restauration collective Sodexo annonçait hier par voie de communiqué, le départ fin septembre de son directeur général controversé Denis Machuel, la société évoquant "une nouvelle étape" dans le but de "retrouver le chemin d'une croissance solide, rentable et responsable dans la durée", seulement trois années après que Denis Machuel ait pris la direction du groupe en janvier 2018. Sophie Bellon, présidente actuelle de Sodexo et fille de Pierre Bellon - celui qui a renommé la société en 1966 et a assuré sa direction jusqu'en 2005 - exercera l'intérim de la direction générale à compter du 30 septembre.

Une chose est sûre, le groupe français, après une période de faste sous l'égide de Pierre Bellon, marquée par de grands faits d'armes - contrat de restauration des US Marines pour 31 bases militaires, contrat de gestion de plusieurs prisons aux États-Unis et au Royaume-Uni etc. - doit aujourd'hui affronter des défis de taille liés à des changements structurels de l'industrie de la restauration que les dernières gouvernances n'ont, semble-t-il, pas suffisamment anticipés.

Un métier difficile à exercer

L'exercice à grande échelle d'un métier qui repose majoritairement sur de la main-d'œuvre représente un défi permanent. L'entreprise de services emploie 470 000 personnes pour une masse salariale annuelle de 10,6 milliards d'euros soit 48 % de son chiffre d'affaires en 2020. Ce qui signifie qu'il ne peut s'écouler une année sans qu'elle n'affronte des problèmes opérationnels de gestion et de mauvaise exécution pour certains de ses contrats.

À cela s'ajoute, concernant son métier de restauration collective, un vent contraire structurel lié à la montée des plateformes de vente à emporter ainsi qu'à l'évolution des habitudes de consommation. Sodexo doit en outre faire face à un marché fortement fragmenté, partagé entre les multinationales et les acteurs locaux dont l'empreinte est croissante. Compte tenu de la faiblesse des marges, le prestataire est obligé de réduire en permanence ces coûts.

Actuellement, Sodexo a un taux de rétention de 93,8 %. Si bien que selon l'expert de The Analyst Mark Hiley, pour redresser la barre, l'entreprise doit parvenir à un niveau de croissance hors effet de périmètre supérieur à 3 %, ce qui représente un "immense défi pour la direction" juge l'analyste. Tout cela sachant que, concernant son métier de gestion de "Bases-vie" - dans les industries pétrolières, minières, d'ingénierie et de construction - Sodexo doit se préparer à la diminution des besoins pour les plateformes pétrolières.

Le groupe français, dont l'un des atouts est son exceptionnelle empreinte mondiale, devra donc confier la direction de l'entreprise à un dirigeant ayant les épaules pour s'atteler à ces enjeux et trouver de nouveaux vecteurs de marge.

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