Feuilleton de l'été / Louis Margueritte
Feuilleton de l'été
Louis Margueritte
Ils et elles feront le monde d'après - Louis Margueritte
Pourtant parisien depuis toujours, Louis Margueritte connaît maintenant mieux Bercy que la capitale. Passionné par le service public et la matière économique, il a parcouru différentes institutions publiques avant d’être nommé en janvier dernier, directeur de cabinet du Ministre délégué en charge des petites et moyennes entreprises.
Étant jeune, le parisien a vécu "une enfance heureuse" et concentrée sur ses études, une habitude transmise par une mère pharmacienne et un père ingénieur. Il a pu compter également sur ses années chez les scouts et guides de France pour s’ouvrir sur les autres et apprendre à vivre en collectivité.
Après une classe préparatoire scientifique, Louis Margueritte intègre Polytechnique en 2004. La formation militaire étant partie intégrante du cursus, l’étudiant ingénieur passe huit mois dans les forces armées, au 61e régiment d’artillerie spécialisé dans le renseignement avec les drones d’acquisition image. Cette expérience à Chaumont a été "très riche" demandant un engagement fort mais qui l’a initié au commandement et à la prise de responsabilités. C’était par-dessus tout, une aventure humaine qui lui a permis de forger un lien solide avec son sergent-chef – maintenant devenu officier. Louis Margueritte poursuivra cette "très belle aventure" dans la réserve de 2011 à 2015 au service de l’état-major.
Déjà spécialiste en mathématiques appliquées à l’économie, le polytechnicien rejoint l’ENSAE (École nationale de la statistique et de l’administration économique) pour parfaire ses connaissances en études des risques et en actuariat. Pour clôturer ses études, Louis Margueritte réalise un mémoire d’actuariat chez Mazars en binôme sur les modèles de produits dérivés, axés notamment sur l’évolution des prix des matières premières et les mesures de prévention des risques.
À la suite de ses stages dans le secteur privé chez Mazars, BNP Paribas et BNP Cardif, le jeune diplômé signe en 2009 son premier CDI dans le secteur public - qui "m’a toujours animé" affirme-t-il - à l’Inspection Générale des Finances. Durant une année au poste d’inspecteur, Louis Margueritte a mené trois missions "passionnantes" allant de la vérification - cœur de métier de l’IGF - à l’audit de l’AEFE (agence pour l’enseignement français à l’étranger), en passant par le conseil en restructuration des activités des forces armées.
En 2010, l’expert en assurance et actuariat retrouve sa zone de confort et rallie l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution. Superviseur en assurance puis chef adjoint de l’unité de supervision, Louis Margueritte embraye en 2013 sur un nouveau chapitre à la direction générale du Trésor dans laquelle il va s’épanouir et progresser pendant sept années.
D’abord en charge des instruments financiers européens jusqu’à 2015, il participe à l’élaboration du budget européen ainsi que du plan d’investissement Juncker – du nom du président de la Commission européenne - et prend conscience de l’importance du moteur franco-allemand dans les négociations en Europe. En 2014, Louis Margueritte contribue justement au maintien de cette entente en participant au séminaire franco-allemand au ministère des Finances d’Outre-Rhin. C’était l’opportunité d’apprécier les points de convergence sur les outils européens alors que d’autres sujets faisaient état de divergences. Une "belle rencontre" et un retour en Allemagne qui lui rappelle avec nostalgie son stage ouvrier sur les chaînes de montages à Hambourg du fuselage de l’A320, lui-même symbole de la coopération européenne.
À partir de 2015, fini les sujets européens, le voici revenu sur les questions domestiques. Ses attributions changent également de dimension managériale en devenant chef de bureau des crédits export et des garanties à l’international. Louis Margueritte a dorénavant la responsabilité directe d’une équipe et a pour rôle de soutenir financièrement les entreprises françaises exportatrices. Il prend part sur des dossiers comme le TER de Dakar au Sénégal ou bien celui du métro d’Abidjan en Côte d’Ivoire. Voilà une bonne entrée en matière sur la gestion des entreprises qui lui sera utile trois ans plus tard.
À compter de 2018, Louis Margueritte est promu et reçoit deux nouvelles casquettes. Il est maintenant responsable d’une part de piloter les activités de BPI France axées sur le financement et le développement des entreprises françaises, et d’autre part, il assure la fonction de secrétaire général du CIRI (Comité interministériel de restructuration industrielle). "Ces trois années au CIRI ont été très denses et formidables, nous avons traité plus d’une centaine de dossiers avec une petite équipe d’une dizaine de personnes". Cette unité n’a pas manqué de travail depuis le début de la pandémie en mars 2020 puisqu’elle vient en aide aux entreprises, "de plus de 400 employés en général", en difficulté comme Conforama.
Ces conditions extraordinaires et cette charge de travail additionnelle ont mis encore plus en lumière l’importance de la cohésion d’équipe. "Être avec son équipe, ce n’est jamais du temps perdu, c’est un investissement pour la réussite des missions". La bienveillance, la force de conviction et l’écoute sont essentielles pour faire progresser chacun à son rythme. "L’engagement humain est majeur surtout quand on nous confie ce type de mission au service du concitoyen" complète-t-il.
Louis Margueritte retrouve aussi cette surcharge dans son nouveau poste de directeur de cabinet du ministre chargé des petites et moyennes entreprises depuis janvier 2021. La mission de son cabinet, composé de 13 collaborateurs, est de soutenir le tissu des PME et de traiter les sujets de concurrence en menant la politique du ministre délégué Alain Griset. Concrètement, le cabinet sert d’interface avec les entreprises, met en œuvre les réformes économiques et réfléchit sur l’avenir du commerce en France afin de créer le meilleur environnement pour les PME et TPE.
La journée type du directeur est alors longue et dense en général entre la participation aux entretiens, la préparation des journées à venir, la déclinaison des orientations… "Malgré la crise, peu importe, la surcharge n’est pas un problème car elle fait partie de la mission. On doit au moins le temps à l’écoute pour tout le monde. Même quand c’est dur, il faut sourire. C’est dur pour les entreprises, c’est dur pour soi mais c’est difficile pour tout le monde".
Au grand désespoir de ce passionné de ski, Louis Margueritte a cette année davantage sillonné les montagnes de dossiers que les pistes enneigées, restées fermées. Heureusement, il pouvait compter sur la sortie piscine du samedi matin avec ses deux enfants et sa pratique de l’œnologie, "une passion presque sportive qui se partage", pour conserver une pratique sportive régulière. En outre, il aime les plaisirs simples comme sortir avec les enfants ou avec des amis, et, participer à des jurys ou des conférences.
Des divertissements variés et nombreux qui font écho à son mantra "on peut être fatigué mais il faut être à fond". Suivant ses préceptes et dans la force de l’âge à 36 ans, il porte de grandes ambitions encore secrètes pour l’avenir : "je ne m’interdis rien tant que je peux apporter quelque chose" précise-t-il, et du moment qu’il demeure au service du concitoyen.
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