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Feuilleton de l'été

Feuilleton de l'été

exclusif Ils et elles feront le monde d'après - Raphaëlle d'Ornano

EXCLUSIF. Raphaëlle d'Ornano n'a pas peur de mettre la barre haute et de relever toujours plus de défis : études interminables, création de son cabinet, participation à un triathlon Ironman, rénovation de maisons ... La mère de famille garde quand même du temps pour ses deux enfants et pour profiter des petits plaisirs du quotidien.
Raphaëlle d'Ornano - DR
Raphaëlle d'Ornano - DR

Toujours pleinement investie, Raphaëlle d’Ornano jongle habillement entre la direction de son cabinet d’Ornano+Co, ses deux enfants, ses défis sportifs et ses passions pour l’art et la rénovation. Une réussite rendue possible grâce à une distance bureau maison de moins de 50 mètres et des journées à rallonge permettant de concilier avec efficacité vie professionnelle et bien-être personnel. Tandis que les lignes directrices de son avenir semblent aujourd’hui bien tracées, c’est loin d’être le cas plus de 20 ans auparavant…

 

Une enfance africaine épanouie et l’éveil d’un projet

 

Mère avocate en droit civil expatriée en Afrique du Sud et père entraîneur de tennis en France, Raphaëlle d’Ornano a sillonné le méridien de Greenwich de long en large. Après avoir vécu sa petite enfance en France, elle s’envole pour Durban en Afrique du Sud à l’âge de six ans. À l’instar du jardin botanique – l’un des plus anciens d’Afrique créé en 1849 -, la citadine française s’épanouit dans cette ville et ce climat en pleine effervescence, à la suite de l’élection de Nelson Mandela en 1994. "L’univers culturel était différent" à l’école de fille de Durban entre l’initiation à la cuisine et l’apprentissage des langues locales afrikaans et zoulou.

Le contraste est alors flagrant lors du retour en France. La rentrée des classes en sixième au collège a laissé de mauvais souvenirs et conduit rapidement Raphaëlle d’Ornano à s’exiler à nouveau en terres africaines. Sa mère et son beau-père ayant déménagé au Cap, ville ne possédant d’école française, la collégienne prend dès lors ses études à bras-le-corps en travaillant à distance et en autonomie avec le Cned. Une drôle d’expérience par rapport au télétravail d’aujourd’hui. À l’époque, "au balbutiement d’internet", "il fallait s’enregistrer à la flûte et envoyer les cassettes à Mont-Saint-Aignan, [à côté de Rouen]. On recevait trois semaines plus tard la réponse".

Forte de cette prise d’indépendance et inspirée par ses "tours de France en voiture" avec son père pendant les vacances d’été, la jeune adolescente ne rêve que d’une chose : créer sa propre chaîne d’hôtels de luxe. Dans cette optique, deux voies sont envisageables : intégrer une école de commerce ou bien d’hôtellerie ; la première piste est finalement retenue. À 14 ans, Raphaëlle d’Ornano est déterminée : "il faut que je fasse une prépa pour pouvoir intégrer une école de commerce" explique-t-elle, et met ainsi fin à sa jeunesse africaine afin de se concentrer sur son objectif académique.

 

Un revirement vers les mondes de la finance et du droit

 

Après trois ans au lycée Joffre à Montpellier puis deux au lycée Saint Louis en classes préparatoires, l’étudiante est admise à l’Essec. Mais surprise, les années d’école vont faire dévier la trajectoire initiale vers de nouvelles perspectives.

À contrecourant, le CEO de Boiron de l'époque, avec qui elle "s’entend bien" lors de son premier stage dans le domaine pharmaceutique aux États-Unis, va lui faire changer sa vision du monde. "Pour décider, il faut maîtriser les chiffres" se souvient-elle avoir entendu. Le projet d’enfance est alors laissé en suspens en attendant de pouvoir mieux maîtriser la finance et d'avoir en mains les clés de pilotage et de la prise de décision. Néanmoins, afin de poursuivre sa passion, Raphaëlle d’Ornano se met à la rénovation de bâtisses. Un jour viendra peut-être l’éveil de sa propre chaîne qui pourra s’appuyer sur ses compétences d’architectures en développement.

Pour l’heure, un associé de Deloitte – alumni Essec qu’elle avait démarché pour trouver des financements associatifs – la guide et la convainc de signer son premier CDI dans son prestigieux cabinet d’audit et de conseil en 2009, à la suite de ses deux années d’apprentissage. Planificatrice et prévoyante à son habitude, elle sait que pour percer et devenir un jour associée d’un cabinet faisant partie des Big Four, il est nécessaire d’obtenir le diplôme d’expertise comptable. Raphaëlle d’Ornano s’élance alors dans la comptabilité en parallèle et obtient le DSCG (diplôme de comptabilité et de gestion) après une année acharnée de cours du soir et d’études le week-end. Par ailleurs, à l’image de la mère, la fille aussi décèle une passion pour le droit, une des matières majeures du DSCG. Elle s’engage ainsi dans un nouveau défi en s’inscrivant en fac de droit à la Sorbonne toujours en parallèle de sa vie professionnelle. En 2015, Raphaëlle d’Ornano passe le barreau de Paris devenant avocate et finit également sa formation d’expertise comptable mémorialiste. L'étudiante studieuse exprime aussi sa forte détermination sur le plan sportif. En 2015, elle se lance.

 

L’aventure d’Ornano+Co

 

Prémunis en cumulé d’un "bac+20", l’entrepreneuse fonde en 2015 d’Ornano+Co "avec pour seul bagage : changer la manière de conseiller les investissements". Le cabinet est pionnier dans le Transaction Services puisqu’il offre aux investisseurs de la tech une nouvelle approche imbriquant la finance et le droit. D’Ornano+Co se démarque par son côté disruptif et la qualité de ses conseils visant à "apporter un regard holistique aux nouveaux investisseurs de la tech". Bénéficiant d’un marché neuf ouvert par la loi Macron la même année, autorisant un cabinet à proposer à la fois des conseils juridiques et financiers, l’associée gérante et ses 35 collaborateurs – aujourd’hui – profitent également de l’essor de la tech et des nouveaux investisseurs attirés – plus uniquement que des fonds de venture capital – pour s’imposer durablement.

Dans cette perspective, Raphaëlle d’Ornano travaille au quotidien sur différents leviers. Elle est tout d’abord "la responsable produits". En apposant sa signature sur les travaux, elle certifie la qualité des livrables produits par ses équipes. Pour justement répondre à la forte exigence, la fondatrice développe continuellement sa méthodologie de travail. Les conseils semblent appréciés puisque plus d’un milliard d’euros de transactions ont été confirmés au premier semestre. C'est une bonne performance qui place d'Ornano+Co au premier plan du segment de la Tech en Europe. La forte croissance de la société impose alors à la gérante d’agrandir ses équipes et de les former à la méthode et à la culture d’entreprise. Finalement, Raphaëlle d’Ornano s’efforce de diffuser largement son image de marque et d’entreprises, en publiant des articles par exemple, pour un jour "établir un modèle de leadership, en premier lieu intellectuel, et devenir une référence respectée et durable, en toute modestie, dans le monde de l’investissement de la tech".

Maintenant spécialiste incontestée de la tech, Raphaëlle d’Ornano s’investit depuis 2018 en tant que membre du bureau du conseil d’administration de l’Essec et professeure de la chaire disruption digitale. Elle souhaite "participer à la création de cet écosystème", à l’image de son mentor - associé chez Deloitte - et partager avec les étudiants son savoir sur le monde de l’entreprenariat.

Pour les dix prochaines années, la femme d’affaires est "très concentrée sur le plan de développement du cabinet pour disrupter le monde de l'investissement dans la tech et placer le cabinet en tête sur ce marché".

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