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Les catastrophes naturelles affectent durement l'économie
2021 promet d'être un millésime assez déplorable en termes de catastrophes naturelles. Alors qu'il faudra déjà compter au second semestre avec les inondations meurtrières qu'ont connu une partie de l'Europe et la Chine au mois de juillet, les incendies autour de la Méditerranée et en Californie ce mois-ci, ainsi que le tremblement de terre en Haïti ce week-end, la première moitié de l'année montre déjà une augmentation des conséquences économiques des "catnat".
Selon les chiffres préliminaires du Swiss Re Institute (le bureau d'études du réassureur helvétique), les dommages assurés provoqués par les événements survenus au premier semestre représentent pas moins de 40 milliards de dollars, soit une hausse de 4 % en glissement annuel. Ce montant est nettement supérieur à la moyenne des six premiers mois des dix années précédentes (33 milliards) et il constitue le semestre le plus coûteux depuis 2011, année des tremblements de terre au Japon et en Nouvelle-Zélande (et la deuxième pire période depuis que Swiss Re réalise son étude).
La tempête hivernale Uri aux Etats-Unis (qui a entraîné la bagatelle de 15 milliards de dollars de dégâts assurés, soit un coût équivalent aux ouragans), les orages et les tornades en Europe du Nord et Centrale du mois de juin (4,5 milliards de dollars) et les vagues de chaleur, les feux de forêts et les inondations ont été le lot de ce début d'année. Les catastrophes causées par la main de l'homme ne souffrent pas la comparaison : leurs coûts assurés représentent 2 milliards de dollars, principalement des suites de la pandémie.
Cela signifie que la tendance à l'augmentation en nombre et en gravité des événements naturels, en particulier climatiques, se confirme. "Les effets du changement climatique se manifestent par des températures plus élevées, la montée du niveau des océans, des rythmes de précipitations plus erratiques, ainsi que des extrêmes climatiques plus marqués. Ajoutés à l'urbanisation rapide et l'accumulation de richesses dans des zones exposées aux désastres, les risques secondaires, comme les tempêtes hivernales, la grêle, les inondations ou les feux de forêt, conduisent à des pertes encore plus importantes. Les événements jusqu'à présent en 2021 soulignent la montée des risques de ces dangers, qui exposent davantage de populations aux événements climatiques extrêmes", prévient Martin Bertogg, responsable du pôle Cat Perils chez Swiss Re.
Au-delà de l'aspect humain évident, cela représente un vrai défi pour le monde de l'assurance. Le secteur "doit améliorer ses capacités d'évaluation pour ces dangers moins surveillés afin de maintenir et étendre sa contribution à la résilience financière", estime Martin Bertogg, tandis que l'économiste en chef de Swiss Re Jérôme Jean Haegeli souligne le rôle des assureurs dans "le renforcement de la capacité de résilience des communautés en éloignant le développement des zones à risque, en réalisant des investissements pour facilité l'adaptation, en maintenant l'assurabilité des actifs et en réduisant les écarts de protection".
Ces déclarations sont d'autant plus d'actualité que l'on sait que le second semestre sera également très coûteux. Les inondations en Allemagne, au Benelux, en Autriche, en Turquie, mais aussi en Asie devraient provoquer des dégâts assurés faramineux : les assureurs les estiment entre 4,5 et 5,5 milliards d'euros pour la seule Allemagne. En Chine, ils sont évalués à 1,7 milliardsde dollars. Il est encore trop tôt pour évaluer le coût des incendies autour de la Méditerranée, en Californie et au Canada, mais ils devraient également être très importants.
Les pertes économiques (assurées ou non) sont évaluées au total à 77 milliards au premier semestre. Elles sont en baisse de 33 % par rapport au premier semestre 2020, mais c'est sur l'année entière que l'on aura davantage de recul. Dans les pays en développement et plus encore dans les pays pauvres, les ménages et les activités économiques sont peu couverts. Les conséquences économiques des catnat prennent plus de temps à être évaluées. Les dégâts assurés ne sont également pas proportionnels au bilan humain - le séisme d'Haïti de 2010 avait ainsi causé la mort de plus de 230.000 personnes, mais avait eu relativement peu de conséquences financières sur le monde de l'assurance.
Au premier semestre 2021, environ 4.500 personnes sont mortes ou portées disparues dans les catastrophes naturelles.
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