WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
Faurecia, Hella

Entreprises / Actions

Entreprises / Actions

Faurecia crée avec Hella le 7ème équipementier mondial

En acquérant l'allemand Hella pour une valeur d'entreprise de 6,7 milliards d'euros, l'équipementier français sort gagnant de la concentration du secteur. Il se renforce dans tous ses domaines d'expertises et les mégatendances de l'automobile.
Patrick Koller, directeur général de Faurecia - ERIC PIERMONT / AFP
Patrick Koller, directeur général de Faurecia - ERIC PIERMONT / AFP

On a souvent pu regretter la faible participation des équipementiers automobiles français au grand mouvement de concentration que traversait le secteur au cours de la décennie 2000. La violente crise qu'a traversé l'industrie automobile au cours de la décennie suivante relativise ce regret et certains acteurs hexagonaux sont désormais à l'offensive.

Faurecia, qui vole totalement de ses propres ailes depuis qu'il a quitté le giron du constructeur français PSA suite à la fusion entre PSA et Fiat Chrysler (pour former Stellantis), le montre de manière éclatante. Après avoir acquis le japonais Clarion en 2019 pour renforcer son savoir-faire dans l'électronique, il a annoncé ce week-end la prise de contrôle de l'allemand Hella, spécialisé dans l'électronique et l'éclairage automobiles.

Concrètement, les actionnaires familiaux de Hella ont accepté de vendre leur participation à Faurecia - soit 60% du capital - pour 3,4 milliards d'euros, tandis que le groupe français va lancer une offre publique d'achat sur le solde au même prix, soit 60 euros par action. Ce qui représente une valeur d'entreprise de 6,7 milliards d'euros. Faurecia financera l'acquisition de la participation familiale en numéraire à hauteur de 3,4 milliards d'euros et à travers une augmentation de capital de près de 570 millions d'euros à laquelle la famille Hueck souscrira (avec un prix de référence de 42,06 euros par action nouvelle). Dans l'ensemble de l'opération, Faurecia a monté un crédit-relais de 5,5 milliards d'euros, qui sera refinancé principalement par une dette obligataire et bancaire, mais aussi une nouvelle augmentation de capital de 800 millions d'euros (avec maintien des Droits préférentiels de souscription - DPS).

Faurecia fait un pas de géant dans un secteur qui subit d'intenses pressions concurrentielles et des mutations fondamentales, en particulier l'électrification et la numérisation du véhicule : il va gagner près de 6 milliards d'euros de revenus en intégrant les activités de Hella (5,8 milliards pour l'exercice annuel clos le 30 mai 2020). En éléments pro forma, le nouvel ensemble affiche un chiffre d'affaires de 23 milliards d'euros. Jusqu'ici le neuvième équipementier mondial par le chiffre d'affaires, Faurecia progresse de deux places (il intègre le top 5 en Europe et le top 10 en Amérique et en Asie) et devient numéro un français, devant Valeo. En 2025, si les prévisions des deux protagonistes se confirment, ils prévoient de combiner 33 milliards d'euros en 2025. "Faurecia devrait bénéficier des fortes relations de Hella avec les constructeurs haut de gamme allemands, tout en offrant aux activités de Hella une exposition mondiale plus importante, en particulier en Asie", estime Valentin Mory, analyste chez Alphavalue. Les protagonistes anticipent des synergies annuelles entre 300 et 400 millions d'euros à compter de 2025. 

Faurecia fait d'une pierre quatre coups. D'une part, il intègre un concurrent direct. D'autre part, il atteint la taille critique dans ses six activités, notamment dans l'électronique et les logiciels - il renforce ainsi sa division Clarion Electronics, qui en avait besoin, et dégagera un chiffre d'affaires de 3,7 milliards d'euros. Dans cinq pôles sur six, ses revenus dépasseront les 3 milliards. "Le groupe se concentrera sur quatre domaines de croissance, en parfaite adéquation avec les mégatendances de l'automobile", détaille-t-il : la mobilité électrique, les systèmes avancés d'assistance au conducteur et la conduite autonome, le cockpit du futur et la valorisation du cycle de vie des produits. Par ailleurs, Faurecia conforte son actionnariat, alors qu'il ne bénéficiait plus du soutien de PSA, qui a distribué sa participation de 46% aux actionnaires de Stellantis : la famille Hueck, actionnaire de Hella, détiendra ainsi 9% de l'équipementier français à l'issue de la transaction, avec un lock-up de 18 mois, tandis que Peugeot 1810 (le holding de la famille Peugeot) et la banque publique Bpifrance, détenteurs de 3,1% et 2,4% respectivement du capital de Faurecia, ont indiqué qu'ils participeraient à l'augmentation de capital avec DPS. Enfin, sa rentabilité va grandement profiter de l'opération. Grâce aux synergies de coûts et à l'optimisation du cash-flow, l'équipementier estime sa marge d'Ebitda devrait passer de 14% en 2021 (pro forma) à plus de 15,5%, tandis que sa marge opérationnelle passerait d'un peu moins de 7% à 8,5%. Le cash-flow net, légèrement supérieur à 750 millions d'euros en 2021, atteindrait 1,75 milliard. "Ceci conduirait à un désendettement rapide puisque, malgré une opération financée à 90% par de la dette, Faurecia s'attend à réduire son multiple dette nette/Ebitda à 1,5 fois en 2023", remarque Valentin Mory.

Signe que l'opération est particulièrement bien perçue, l'action Faurecia bondissait de 11,3% vers 15h20 à 42,7 euros, alors que le titre d'une société tend en général à reculer lorsqu'il annonce une acquisition.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article