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La pénurie de semi-conducteurs, plaie de l'industrie automobile

Les annonces d'arrêts de production se sont multipliées en fin de semaine dernière, affectant parfois les modèles les plus rentables des constructeurs. De quoi menacer les bénéfices à venir. Le secteur doit trouver une solution.
Usine d'Onnaing
Usine d'Onnaing

Si la pénurie mondiale de semi-conducteurs permet aux industriels du secteur d'engranger des résultats (comme ceux d'Applied Materials jeudi dernier), elle continue de peser durement sur les constructeurs automobiles. La semaine dernière, ces derniers ont multiplié les annonces en ce sens. Depuis le premier confinement lié à la pandémie, la demande d'équipements personnels (ordinateurs, etc) et de réseaux, pour éviter la saturation, a explosé à travers le monde, perturbant considérablement les chaînes d'approvisionnement des secteurs les plus consommateurs de semi-conducteurs - dont l'automobile, puisque l'électronique ne cesse de coloniser les véhicules depuis vingt ans.

Dernier constructeur en date à communiquer, Volkswagen a annoncé vendredi dernier sa décision de réduire la production dans son usine principale à Wolsfburg, en Allemagne, invoquant la pénurie. Il a mis en place des mesures de chômage partiel dès aujourd'hui et ne fonctionne plus pour l'instant qu'avec une seule équipe. "Les tensions actuelles dans l'approvisionnement en semi-conducteurs continuent de perturber considérablement la production automobile mondiale pour tous les constructeurs", a indiqué un porte-parole du groupe allemand.

La veille, plusieurs concurrents l'avaient précédé. Le géant japonais Toyota a annoncé que sa production allait reculer de 40% à travers le monde le mois prochain, soit 340.000 véhicules impactés. Le motif est le même, mais s'ajoute également une flambée de contaminations de coronavirus chez certains fournisseurs en Asie du Sud-Est. Les zones de son dispositif industriel les plus affectés sont sans surprise le Japon (140.000 véhicules), les Etats-Unis (80.000) et la Chine (80.000). L'Europe perdra 40.000 véhicules, ce qui affecte l'usine d'Onnaing, près de Valenciennes, qui produit la Yaris et la Yaris Cross : la reprise de la production a été décalée de deux semaines,au 6 septembre.

Stellantis, issu de la fusion entre le français PSA et l'italo-américain Fiat-Chrysler, a également annoncé jeudi l'arrêt de la production de deux sites PSA en France pendant plusieurs jours, à Rennes et Sochaux, pour les mêmes raisons que Toyota : pénurie de puces et recrudescence de la pandémie chez certains fournisseurs asiatiques. Les constructeurs américains ne sont pas en reste: General Motors va prolonger la fermeture de plusieurs sites nord-américains en raison de la pénurie de microprocesseurs. Ford a fait de même.

L'enjeu du choix des sites fermés est très important. Pour l'instant, GM maintient la production des grands SUV et pickups, qui sont ses modèles les plus rentables. Mais Ford a dû se priver de 160.000 pickups F-150, sa principale source de bénéfices… Chez Stellantis, Rennes produit la Citroën C5 Aircross et Sochaux le Peugeot 3008, deux SUV qui comptent parmi les meilleures ventes du groupe.

"Le problème des semi-conducteurs pourrait durer plus longtemps et semble ne faire qu'empirer", craint Tom Narayan, analyste chez RBC Capital Markets, même s'il nuance ce propos pessimiste en soulignant que "la bonne nouvelle pour les valeurs automobiles est que la demande sous-jacente est là".

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