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Auchan, grande distribution, hypermarché

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Auchan condamné à poursuivre ses efforts

Le distributeur a amélioré sa rentabilité au premier semestre, malgré un chiffre d'affaires terne en raison de sa dépendance encore forte aux hypermarchés. La réduction des coûts et la diversification sont les clés de son avenir.
Auchan - Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Auchan - Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Après avoir vendu sa filiale chinoise lourdement déficitaire SunArt en octobre 2020, s'être désendetté et avoir augmenté la rentabilité de sa principale division Auchan Retail l'année dernière malgré la pandémie, le holding ELO, contrôlé par la famille Mulliez, a continué à améliorer son profil financier au premier semestre 2021.

Son Ebitda a en effet progressé de 12,5% à change constant sur un an glissant pour atteindre 757 millions d'euros, tandis qu'il a quasiment atteint l'équilibre (la perte nette de ses activités poursuivies passe de 159 à 13 millions d'euros et le résultat net part du groupe passe de -77 à -24 millions). Ce malgré une légère baisse du chiffre d'affaires (-0,5% à change constant et -2,8% à change courants, à 15,11 milliards d'euros).

Auchan Retail, qui regroupe les activités de grande distribution d'Elo, affiche en effet une hausse de 3,7% de son Ebitda (proche de l'excédent brut d'exploitation) en glissement annuel, à 594 millions d'euros, grâce à un bond de 25% en France et de 24% en Europe centrale et orientale. Une performance atteinte en dépit de la fermeture des grands centres commerciaux pendant plusieurs semaines entre le 31 janvier et le mois de mars en raison de la troisième vague de contaminations, qui a provoqué un recul du chiffre d'affaires de 4,2% à éléments comparables (à 7,82 milliards d'euros) - or, les centres commerciaux de plus de 20.000 m2 représentent 60% des revenus de l'ensemble du groupe. "Au total, 40 % de cette baisse des revenus est portée par 10 hypermarchés situés près des frontières, en zones tertiaires ou touristiques, zones très fortement touchées par les conséquences des décisions gouvernementales", précise le groupe. A l'étranger (Espagne, Portugal, Pologne, Hongrie, Roumanie, Ukraine, Russie, Sénégal et Taïwan), Auchan Retail a également subi un effet de change défavorable important : ce dernier lui a coûté 350 millions d'euros, principalement causé par le rouble et la hryvnia ukrainienne, dont la dépréciation a été partiellement compensée par la reprise des ventes de carburant avec les déconfinements et la reprise de l'activité économique (hors change et carburant, le revenu de l'Europe centrale et de l'Est progresse par exemple de 3%).

Selon ELO, le redressement de la rentabilité est à mettre sur le compte des réductions de coûts du programme "Renaissance", mis en place en 2019 au sein d'Auchan Retail. Ce dernier a réalisé 113 millions d'euros d'"économies structurelles" au premier semestre - ce qui porte le total réalisé depuis le lancement du plan à 777 millions, sur un objectif final de 1,4 milliard d'euros fin 2022.

Le second semestre sera à l'image du premier : encore marqué par les mesures de restriction face à la quatrième vague de contamination et conditionné par la dépendance encore forte d'Auchan à l'égard des hypermarchés, souvent localisés dans les grands centres commerciaux. ELO a ainsi fait preuve de prudence, prévenant que l'activité dépendrait de l'évolution de la pandémie et des mesures gouvernemantales. Il a ainsi prévenu que la mise en place début août du pass sanitaire pour les centres commerciaux de plus de 20.000 m2 début août a eu un effet négatif sur l'activité au début du troisième trimestre.

Dès lors, et tandis qu'Amazon a accéléré son travail de sape depuis la crise sanitaire, Auchan n'a donc pas d'autre choix que de poursuivre ses efforts de rentabilité et sa diversification dans des formats de magasins plus petits (comme les 55 "Auchan Piéton" qui existaient en France à fin juin), dans le numérique (dont la part a progressé de 31% en deux ans pour atteindre fin juin 12% de son chiffre d'affaires) et dans le click and collect (désormais disponible dans 80% des points de vente).

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