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Stellantis consolide sa position sur le sol américain

Stellantis a annoncé la conclusion d’un accord avec la captive financière américaine First Investors Financial Services Group pour la somme de 285 millions de dollars.
Stellantis - Ali Balikci / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
Stellantis - Ali Balikci / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

En fusionnant avec l'italo-américain Fiat-Chrysler Automobiles (FCA) dans Stellantis début janvier, le constructeur automobile français PSA a résolu une grande partie de l'un des défis que son patron Carlos Tavares lui avait assignés en 2016 : un retour sur le marché nord-américain, qu'il avait piteusement quitté à la fin des années 1980. Chrysler, constructeur historique aux Etats-Unis, détient en effet une part de marché de 12%. Mais il manquait à Stellantis un outil essentiel pour poursuivre son développement : une captive de financement automobile. Le besoin était d'autant plus criant désormais que les synergies au sein de Stellantis doivent assurer le développement de ses... 13 autres marques. Notamment Peugeot, qui avait été choisie en 2019 pour être la première marque de PSA à franchir l'Atlantique.

C'est pourquoi la toute récente acquisition de First Investors Financial Services, même modeste par son prix (285 millions de dollars comptant, soit 241 millions d'euros), est à souligner. "Cette transaction marque une étape importante dans la stratégie de financement des ventes de Stellantis sur le marché américain. [...] La propriété directe d'une compagnie financière aux États-Unis est une opportunité unique qui permettra à Stellantis de proposer à ses clients et concessionnaires une offre complète de solutions de financement, avec notamment des crédits à la consommation, des contrats de location et des financements de stocks à court et moyen terme", explique Carlos Tavares, directeur général de Stellantis. Autant d'outils essentiels pour développer les ventes. Stellantis était d'ailleurs le dernier constructeur automobile majeur opérant actuellement sur le sol américain sans captive de financement.

Le renforcement de la capacité commerciale est particulièrement crucial en ces temps troublés : en gelant les ventes l'année dernière et en provoquant cette année de graves pénuries de composants vitaux (les semi-conducteurs), la pandémie a particulièrement secoué le marché automobile, dont les acteurs subissaient déjà plusieurs révolutions technologiques perturbantes et coûteuses (électrification, conduite autonome, véhicule connecté, nouvelles mobilités). Les constructeurs sont fragilisés et les hiérarchies pourront s'en trouver fortement perturbées. En créant Stellantis, PSA et FCA ont précisément cherché à gagner en solidité ; ensemble, ils représentent le quatrième groupe automobile mondial en nombre de véhicules vendus. Et ils entendent bien le rester.

Quasiment absent de Chine, premier marché automobile mondial et qui a relativement peu souffert de la pandémie, Stellantis est donc pour l'instant condamné à labourer en profondeur les terrains qu'il connaît le mieux - en l'occurrence l'Europe et les Etats-Unis, pays dont le rebond économique est d'ailleurs supérieur à celui du Vieux continent. C'est en ce sens qu'il faut comprendre l'acquisition de First Investors. Avec un souhait du Président américain Joe Biden d'améliorer le pouvoir d'achat de la classe moyenne du pays, la stratégie de Stellantis visant à faciliter l'achat de voitures, avec des paiements étalés dans le temps, devrait être une stratégie gagnante.

Stellantis a été conseillé par Bank of America et le cabinet d'avocats Sullivan & Cromwell, tandis que les vendeurs - les fonds Gallatin Point et Jacobs AM - et First Investors ont été conseillés par Ardea Partners et les avocats de Goodwin Procter.

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