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La poule aux œufs d'or des équipementiers automobiles
Si les principaux équipementiers automobiles acceptaient de se transformer pour intégrer davantage de fonctions logicielles dans leurs offres, ils pourraient s'octroyer jusqu'à 9 % de part de marché supplémentaire. Sans compter d’autres bénéfices non négligeables, comme améliorer leur productivité de 40 %, baisser leurs coûts de 37 %, ainsi qu’améliorer la satisfaction de leurs clients de 23 %. C'est en tout cas ce qu'estime dans une nouvelle étude Capgemini, l'un des leaders mondiaux des services… informatiques.
"Les équipementiers qui veulent réussir, développer leur activité et préparer l’avenir doivent adopter une optique plus large – en accordant autant d’attention à leur modèle opérationnel interne qu’aux développements logiciels", explique Alexandre Audoin, responsable du secteur automobile chez Capgemini. C’est une belle opportunité à saisir, d'autant plus que 45 % d’entre eux ne proposent, pour l’instant, aucun service connecté et seulement 13 % des services connectés payants. Selon le rapport de Capgemini research institute, le niveau de maturité des acteurs sur ce sujet est faible. En effet, 71 % sont aux premiers stades de leur transformation logicielle et n’ont fait qu’identifier des domaines d’application, quand uniquement 15 % sont considérés comme des "pionniers" dans la matière. Ces derniers estiment que la transformation par les logiciels constituera 28 % de leur chiffre d’affaires global d’ici 2031.
Cette opération nécessite une réorganisation de l’architecture traditionnelle des différents groupes, laquelle est encore en vigueur pour 93 % d’entre eux. Car l'archaïsme des architectures rendrait inefficaces les mises à jour des logiciels "over-the-air" (OTA - qui permettent de transférer les données à distance, élément bien entendu essentiel dans les secteurs de la mobilité), ce qui peut ralentir l’innovation.
Les dirigeants du secteur automobile s’attendent en effet à ce que la production de nouveaux véhicules prenant en charge les services connectés et les mises à jour "OTA triple" passe de 11 % à 36 % au cours des cinq prochaines années. Or, les équipementiers ne sont que 4 % à fournir un système de mise à jour OTA aujourd’hui. C’est un avantage concurrentiel certain pour ceux-ci ; il leur permettrait de prendre de l’avance sur l’acquisition de nouvelles parts de marché. Par ailleurs, dans cette course à la transformation logicielle, les acteurs principaux devront également se constituer un écosystème avec des fournisseurs de logiciels et de services technologiques en vue d’assurer la collecte et le traitement des nouvelles données produites par les véhicules et leurs utilisateurs.
C’est d’ailleurs la propriété des données, ainsi que leur sécurité qui est un sujet de préoccupation majeur. En effet, les données sont la nouvelle matière première du XXIe siècle. Cependant, ce n’est pas encore un domaine maîtrisé par les équipementiers. La moitié a du mal à les collecter pour ensuite les traduire en vue de les rendre exploitables et les protéger. Ils avouent être confrontés à un déficit de compétence. C’est pourquoi un défi majeur pour atteindre la transformation logicielle est la formation des équipes.
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