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Icade Santé lèvera au moins 800 millions d'euros en Bourse
L'introduction en Bourse (IPO) d'Icade Santé est officiellement lancée. Après l'annonce début juin par sa maison-mère (la société foncière et de promotion immobilière Icade, elle-même déjà cotée) que l'IPO était la solution pour sa filiale spécialisée dans les établissements de santé, celle-ci a annoncé ce matin l'approbation de son document d'enregistrement auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF) et son intention de procéder à l'opération d'ici à la fin de l'année.
Si Icade Santé, détenue à 58,3% par Icade, n'a pas voulu indiquer la valorisation qu'elle souhaitait atteindre, l'opération sera néanmoins importante. Celle-ci intégrera en particulier une augmentation de capital de 800 millions d'euros. Une valorisation autour de 4 milliards d'euros n'est pas à exclure. Le portefeuille d'actifs d'Icade Santé valait fin juin six milliards d'euros bruts pour 183 établissements en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne. Il a généré en 2020 un revenu locatif brut de 301 millions d'euros, en hausse de 13,6% par rapport à 2019.
Cette solution n'est pas totalement une surprise : au moment de la déclaration du mois de juin, Icade indiquait que le produit de l'IPO servirait à financer l'"ambitieux plan de développement et d'investissement" d'Icade Santé - qui a précisé ce matin qu'il comptait investir trois milliards d'euros d'ici à 2025, dont 60% dans son développement international, notamment aux Pays-Bas, en Belgique ou au Portugal. Le groupe n'exclut pas des acquisitions dans un secteur qui traverse une phase de concentration à l'échelle internationale. Xavier Cheval, directeur général délégué d'Icade Santé et futur directeur général une fois l'entreprise cotée, évoque une "monnaie d'échange possible dans une future consolidation", dans un échange avec des journalistes.
C'est aussi pourquoi Icade souhaite limiter sa dilution. Ce d'autant plus que sa filiale affiche un profil de risque moins important, étant exposée à la santé, secteur défensif par excellence - alors que le groupe est exposé à l'immobilier de bureaux et aux centres commerciaux, qui ont subi les conséquences néfastes de la crise sanitaire. Icade prévoit en effet de rester majoritaire à l'issue de l'IPO. Les analystes estiment que le flottant d'Icade Santé devrait représenter autour de 15% de son capital.
Le projet laisse aussi aux actionnaires minoritaires d'Icade Santé (les assureurs Crédit Agricole Assurances, BNP Paribas Cardif, Sogecap, CNP Assurances et la Macif) la liberté de profiter de l'opération pour céder tout ou partie de leurs participations, ou de les conserver momentanément si le marché montrait des signes de nervosité comme en mai et juin derniers. Le contrat du pacte d'actionnaire qui lie Icade à ces assureurs serait respecté - il prévoit en effet un "événement de liquidité" pour les actionnaires au plus tard en 2022.
À moins de marchés financiers instables, l'opération devrait susciter l'intérêt des investisseurs en Bourse. Les foncières détenant des actifs de santé ne sont pas si nombreuses en Europe. L'activité repose en outre sur des contrats de très long terme, en général entre 12 et 15 ans (ce qui est très supérieur à l'immobilier de bureaux par exemple) ; le risque de volatilité des locataires est en outre très réduit...
L'opération de Bourse sera coordonnée par BNP Paribas, Crédit Agricole, JP Morgan et la Société Générale, tous également teneurs de livre.
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