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Publicis surfe sur la reprise économique
Premier budget à être coupé dans les moments de crise, la publicité est également un indicateur avancé de l’optimisme des entreprises et de la reprise économique. En l’occurrence, les éléments communiqués par le groupe français Publicis ce matin ont de quoi réjouir les investisseurs : pour la deuxième fois de l’année (la première ayant eu lieu en juillet), il a relevé ses objectifs financiers pour 2021.
Le numéro trois mondial de la publicité anticipe désormais une croissance de son chiffre d’affaires située entre 8,5 et 9%, soit une révision sensible de son objectif précédent situé à 7%. La nouvelle fourchette placerait le montant du chiffre d’affaires à 2% au-dessus de celui de 2019, avant que la pandémie n’éclate. Publicis estime également que sa marge opérationnelle dépassera légèrement 17% sans rogner sur les investissements, au lieu d’égaler ce taux. Il prévoit enfin d’atteindre le haut de la fourchette en termes de flux de trésorerie disponible, à savoir 1,3 milliard d’euros.
Les raisons decette réévaluation des objectifs transparaissent dans le chiffre d’affaires de Publicis au troisième trimestre, dévoilé jeudi. Le groupe a pleinement profité de la reprise économique sur l’ensemble de ses marchés, où les budgets consacrés à la publicité ont partout augmenté vigoureusement, y compris dans les marchés mûrs, tandis qu’il a su remporter de nouveaux contrats – par exemple avec les américains Walmart (premier groupe de grande distribution au monde) et TD Bank (neuvième banque des Etats-Unis par les actifs), l’italien Ferrero, le français Planet Fitness.
Le revenu net de Publicis a en conséquence progressé de 11,2% à périmètre et change constants (et de 11,9% à éléments courants) pour atteindre 2,62 milliards d’euros. La croissance est largement supérieure à ce qu’attendaient en moyenne les analystes (le consensus établissait la croissance à 7,8%). Sa croissance organique atteint 10,8% en Amérique du Nord, son premier marché (à 1,6 milliard d’euros), 10% en Europe (à 619 millions), 12,5% en Asie-Pacifique, 22,7% pour la zone Moyen Orient-Afrique et 16,7% en Amérique latine.
Le choix de procéder à des acquisitions dans les nouveaux métiers de la publicité et du marketing (numérique et data) a été judicieux. Ces activités ont porté la croissance : aux Etats-Unis par exemple, Epsilon et Publicis Sapient ont respectivement progressé de 13% et 20%, tandis que les activités traditionnelles ont connu des progressions situées autour de 5%.
La teneur du troisième trimestre est globalement de bon augure pour les autres entreprises du secteur, en particuliers le britannique WPP, numéro un mondial, et l’américain Omnicom, numéro deux. Par rapport à WPP, Publicis bénéficie d’une plus forte exposition au numérique et à la data, ce dont il pourrait profiter dans les trimestres à venir. L’action du Français s’adjugeait 2,1% à 58,1 euros jeudi vers 15h45 à la Bourse de Paris, poursuivant sa très bonne dynamique depuis le début de l’année : elle a progressé de 40%, alors que le secteur augmentait de 29% dans le même temps. WPP a également profité des bons chiffres de Publicis : son titre s’adjugeait 1,5% à Londres.
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