WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
Bolloré, indiscutable « money maker » de l’année

Evenements

Evenements

Bolloré, indiscutable « money maker » de l’année

Le groupe Bolloré a annoncé être entré en négociations exclusives avec l’armateur européen MSC pour la vente de ses activités de logistique portuaire en Afrique, sur la base d’un prix d’offre de 5,7 milliards d’euros, deux fois supérieur au montant anticipé. C’est la troisième fois, au cours de l’année, que Bolloré transforme son groupe en valorisant ses actifs.
Cyrille et Vincent Bolloré
Cyrille et Vincent Bolloré

 

La nouvelle est tombée tard hier soir avec un petit goût d’étrennes à quelques jours de la fête de Noël. Le Groupe Bolloré, que dirige Cyrille Bolloré a annoncé avoir reçu une offre du Groupe MSC, acteur majeur du transport et de la logistique par conteneurs, pour l’acquisition de 100 % de Bolloré Africa Logistics, regroupant l’ensemble des activités de transport et logistique du Groupe Bolloré en Afrique, sur la base d’une valeur d’entreprise, nette des intérêts minoritaires, de 5,7 milliards d’euros. Lors de l’annonce, il y a quelques semaines de la mise en vente de cette activité et d’un éventuel mandat confié à Emmanuel Goldstein, le patron de Morgan Stanley à Paris, le groupe anticipait une valeur comprise en 2 et 3 milliards d’euros.

Fort de cette proposition, et conseillé par Alexandre Ancel, associé du cabinet d’avocats Allen & Overy et de Dominique Bompoint, Cyrille Bolloré a aussitôt réuni un conseil d’administration qui n’a pu que saluer la qualité de l’offre. De fait, le Groupe Bolloré a consenti une exclusivité au Groupe MSC jusqu’au 31 mars 2022 (veille des 70 ans de Vincent Bolloré) afin que ce dernier puisse, à l’issue d’une phase d’audit complémentaire et de négociations contractuelles, lui remettre, le cas échéant, une promesse d’achat. Bien sûr, la réalisation de la cession serait alors soumise à l’obtention d’autorisations réglementaires et des autorités de la concurrence compétentes ainsi qu’à l’accord de certaines des contreparties de Bolloré Africa Logistics.

Cyrille Bolloré a fait, comme son père l’aurait fait, en profitant d’un momentum idéal pour céder ces actifs de très belle qualité, alors que l’Afrique de l’Ouest connaît une période d’expansion économique et que les armateurs ont les coffres pleins de cash en raison de la forte hausse des taux de fret due à la reprise économique. Par ailleurs, comme Vincent Bolloré, son fils Cyrille n’a pas hésité à se défaire d’un actif historique du groupe construit à la fin des années quatre-vingt sur les conseils d’Antoine Bernheim par anticipation de la mondialisation à venir. Vincent Bolloré n’avait pas hésité de son côté à attendre le bon moment pour céder son activité tabac et le papier à cigarette OCB, cœur historique du groupe. On peut s’attendre désormais à un désengagement – à plus ou moins longue échéance - du secteur des plantations (hérité du groupe Rivaud) où le groupe Bolloré est le second actionnaire de la très rentable Socfin contrôlée par la famille Fabri.

En terminant l’année 2021 par cette annonce Vincent, Yannick et Cyrille Bolloré apparaissent comme les indiscutables money makers de l’année. En février le groupe Vivendi avait annoncé la distribution des actions Universal Music à ses actionnaires. Huit ans plus tôt cet actif hérité de l’OPA de Vivendi sur Seagram réalisée par Jean-Marie Messier avait reçu une offre d’achat de 8 milliards d’euros de la part de Softbank. Quelques années plus tôt, Jean-René Fourtou qui dirigeait Vivendi ne savait pas trop quoi en faire à cause du piratage massif dont souffraient les éditeurs musicaux.

Après avoir rebâti un business model, acquis les droits d’artistes très en vogue, et optimisé les revenus venant des plateformes de streaming, Vincent Bolloré a acquis la conviction qu’Universal Music pouvait valoir plus que Vivendi, sa maison mère. Il restait à le démontrer en cotant cette filiale en bourse. Ce qui fût fait le 21 septembre. Et ce matin la société affiche une capitalisation boursière de 44,4 milliards d’euros. La société Bolloré qui a reçu 19 % du capital détient donc une réserve de cash de 8,4 milliards d’euros.

Enfin après avoir bataillé pour une meilleure gouvernance de Lagardère dont Vivendi était depuis peu le premier actionnaire, il a obtenu la transformation du groupe en société anonyme. Et il y a quelques jours il a annoncé son intention de lancer une OPA sur la totalité du capital. Sous les applaudissements d’Arnaud Lagardère lui-même qui l’a qualifié d’héritier de Jean-Luc Lagardère. Ce qui va lui permettre, sous réserve de ce que décideront les gendarmes de la concurrence, de bâtir le numéro un de l’édition en France.

Trois opérations très différentes, mais trois opérations toutes créatrices de valeur. Et qui expliquent pourquoi les titres Bolloré et Financière de l’Odet ont progressé respectivement de 28 et de 39 % depuis le début de l’année. En l’espace de dix ans, la Compagnie Financière de l’Odet, la seule société où le Président est Vincent Bolloré est président, a vu sa valeur quadruplée. Et en février prochain lorsque le groupe fêtera sur ses terres bretonnes son bicentenaire, sa valeur vénale atteindra un record historique. De quoi permettre à Vincent Bolloré de laisser toutes les commandes de cette galaxie – riche à milliards - à ses quatre enfants, quarante ans après l’avoir rachetée à la barre du tribunal de commerce pour la somme de quatre francs.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article