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Pouyanné choisit l’éthique de responsabilité en Birmanie

Cela fait des années que Total est mis en cause, notamment par les ONG, pour son implantation en Birmanie. Patrick Pouyanné a décidé d’arrêter les frais à un moment où se conjuguent problèmes de transparence économique et respects des droits de l’homme.
Logo TotalEnergies
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Une entreprise n’est pas une organisation non gouvernementale. Une entreprise réunit les capitaux d’épargnants de toutes sortes pour créer de la valeur à partir du meilleur projet industriel possible. Et répartir cette valeur au profit de ses salariés, de ses actionnaires et des états qui lui permettent d’exercer son activité. TotalEnergies, qui est le bouc émissaire facile du capitalisme français à cause de ses gros profits et de la gestion parfois maladroite d’affaires anciennes comme l’Erika, AZF, ou bien sa présence en terre birmane (et la cohabitation avec une junte militaire) a pris conscience, surtout avec Christophe de Margerie de ce "délit de faciès" qu’on lui imposait.

Très courageusement Patrick Pouyanné, dans sa succession précipitée à la tête de Total a assumé tout le passé de cette entreprise dont la raison sociale était auparavant Compagnie Française des Pétroles. Et il est poursuivi par ce délit de faciès pour avoir voulu installer un laboratoire de recherche sur le campus de Polytechnique de manière à travailler sur les énergies renouvelables. À tel point que son dossier est désormais au Parquet National Financier. Aux États-Unis, il serait célébré pour construire des passerelles entre les meilleurs chercheurs et l’industrie. Mais c’est un autre sujet...!

Ce matin TotalEnergies a donc annoncé son retrait de Birmanie après des lustres de polémique. Le groupe pétrolier ne part pas sous la dictée des ONG ou de Jane Birkin qui le suppliaient de ne pas faire le jeu d’une junte militaire qui tue et emprisonne des centaines de milliers de minorités birmanes. Mais d’abord parce que Total ne veut pas que l’argent versé à l’État Birman soit taché de sang. Or comme cet argent passe par une société thaïlandaise, il ne lui est pas possible de contrôler l’usage de ses redevances. D’où cette décision de retrait qui intervient après avoir essayé d’obtenir des sanctions de cette Junte par le Quai d’Orsay. Sanctions que le groupe attend toujours.

C’est l’éthique de conviction qui avait fait que, malgré toutes les critiques, Total continuait à investir en Birmanie. Conviction que ce pays pourrait sortir un jour de l’emprise des militaires sanguinaires. Conviction que sa présence locale était une protection pour des populations qui ont pu bénéficier d’écoles, de dispensaires et autres infrastructures payées par TotalEnergies. Conviction que son retrait risquait d’ajouter du désordre à l’enfer que vit ce pays depuis le coup d’État intervenu il y a un an.

Faute de parvenir à faire changer les choses dans ce pays pourtant magnifique et plein de ressources qu’est la Birmanie, Patrick Pouyanné a troqué l’éthique de conviction pour l’éthique de responsabilité. Il a donc décidé d’arrêter les frais sachant très bien qu’aucune décision n’était finalement satisfaisante. Le groupe qui est engagé dans un combat contre le réchauffement climatique avec son plan de neutralité carbone en 2050 espère ainsi clore un chapitre de dénigrement permanent de certaines ONG et d’autres stakeholders. Sans toutefois se placer sur le terrain de la morale.

Car le capitalisme n’a pas à être moral ou pas. Le capitalisme est outil pour tenter de créer le plus d’emplois possibles, pour innover, pour contribuer à la richesse de son pays. On ne demande pas à un outil, à une voiture ou à une pompe à essence d’être morale. C’est la raison pour laquelle il faut se battre coûte que coûte contre les velléités de Bruxelles d’imposer la présence d’ONG aux conseils d’administration de grands groupes. La morale, le sens des responsabilités et celui de la performance délivrée dans les meilleures conditions possibles pour tous, c’est l’affaire des hommes et des femmes qui dirigent les entreprises. Et dans ce domaine, TotalEnergies n'a pas à rougir de son action ou de son bilan.

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