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Les comptes de LVMH défient les lois de la pesanteur
Pour LVMH, la crise sanitaire qui affecte la planète depuis deux ans maintenant n’a pas d’impact. Mieux que cela le groupe que dirige Bernard Arnault a publié ce soir des résultats records qu’aucun analyste – même le plus optimiste – n’avait osé anticiper. Le bénéfice net, part du groupe, du numéro un mondial de prestige s’est établi l’an passé à un peu plus de 12 milliards d’euros, en hausse de 156 % par rapport aux 4,7 milliards dégagés l’an passé et de 68 % par rapport à l’exercice 2019 – donc avant la pandémie et ses impacts commerciaux et économiques.
Déjà les comptes de l’an passé avaient laissé paraître l’incroyable résilience de LVMH (actionnaire indirect de WanSquare) dans une année 2020 marquée par la chute du PIB mondial. Et il ne suffisait pas de dire : "le luxe résiste à tout" puisque les comptes de Kering étaient en retrait par rapport à ceux de 2019. Et ceux de Richemont n’étaient pas plus glorieux.
Si Bernard Arnault a pu afficher des comptes aussi enviables, c’est pour plusieurs raisons. D’abord la qualité du portefeuille de marques sur lequel le groupe a continué à investir en publicité en dépit de la morosité ambiante. Ensuite le lancement de nouveaux produits qui n’a jamais cessé et qui témoigne de la confiance des dirigeants dans l’avenir, mais aussi de leur capacité à réinventer sans cesse des produits pourtant aussi vieux que le champagne, le cognac ou le diamant. Pour preuve le parfum Sauvage, dérivé du très classique Eau Sauvage lancé il y a quelques mois est déjà le parfum le plus vendu au monde. A tel point qu’il s’en vend un flacon toutes les trois secondes partout sur la planète. Et que dire de Chaumet, maison bicentenaire, et fournisseur de Napoléon Bonaparte, qui a fait un tabac avec la "taille impératrice". Tout cela justifie que la croissance organique des ventes a atteint 36 % avec des écarts incroyables dans la mode et la maroquinerie, notamment chez Louis Vuitton, Dior, Fendi, Céline et Loewe.
A cela s’est ajouté le succès de l’acquisition de Tiffany désormais bien intégré dans la division montres et joaillerie. Le joaillier à la petite boite bleu turquoise a déjà rajeuni son image. Bien sûr la contrepartie, c’est la hausse de l’endettement qui s’établit à un peu moins de 10 milliards d’euros, soit cinq fois moins que les capitaux propres. Quant au "free cash-flow" qui est l’indicateur qui ne ment jamais (comme disent les américains : "cash is king and cash-flow is his fortress") il a bondi de 120 % tant par rapport à 2019 que par rapport à 2020 et s’établit à 13,5 milliards d’euros soit l’équivalent de la capitalisation boursière de Vivendi.
Tous ces indicateurs autorisent le groupe à proposer la distribution d’un dividende de 10 euros, soit 5 milliards d’euros. Pour tous ceux qui voient leurs poils hérissés par la valorisation de LVMH, comme ces ONG qui se livrent à du dénigrement systématique, la famille Arnault va recevoir deux fois moins en dividendes que ce que le groupe a versé à l’état en divers impôts (dont 1,8 d’impôt sur les sociétés). Et de surcroit l’an passé il a créé 16.000 emplois en France. C’est dire si ce soir ce ne sont pas seulement les actionnaires de LVMH qui peuvent se féliciter de ces bons comptes, mais tout le pays. D’autant que 2022 va réserver encore de très belles surprises.
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