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Casino : la Bourse n’a pas raison tous les jours
Il est d’usage de dire que la Bourse a toujours raison. Cela ne signifie pas qu’elle a raison tous les jours. Et notamment aujourd’hui lorsqu’elle sanctionne la publication des résultats de Casino par une baisse de 10 % du titre (à 14 h 30). De fait la capitalisation boursière du distributeur stéphanois est passée au-dessous de 2 milliards d’euros. Si l’on y ajoute l’endettement net de 5,9 milliards d’euros, la valeur d’entreprise n’est que de 7,8 milliards, pour des capitaux propres de 5,6 milliards auxquels il faut rajouter les plus-values latentes sur certains actifs fonciers, sur Cdiscount ou sur GreenYellow. Autant dire que la somme des parties de Casino est aujourd’hui bien supérieure à sa valeur boursière.
Bien sûr Casino ne mérite pas d’honneur particulier – quoique son ratio d’Ebitda sur chiffre d’affaires se situe à un niveau très élevé – mais le titre ne mérite pas son excès d’indignité que lui infligent des vendeurs à découvert (qui spéculent en achetant par ailleurs des actions Rallye pour se couvrir). C’est vrai que les résultats du groupe sont décevants. On le savait depuis janvier et le profit warning fait par le groupe. C’est vrai que l’endettement qui ne cessait de refluer est remonté à 5,6 milliards du fait de l’arrêt des cessions d’actifs rendues compliquées par la crise sanitaire et du fait du surstockage réalisé en fin d’année pour se prémunir contre les hausses de prix. C’est vrai que le calendrier de redressement du groupe s’en trouve retardé. Ce dont le tribunal de commerce a tenu compte en reportant à février 2025 les échéances de Rallye. C’est vrai aussi que la non-distribution d’un dividende a douché certains actionnaires qui se raccrochaient encore à la notion de rendement.
Il reste qu’il n’y a pas péril en la demeure. Et Jean-Charles Naouri a fait en sorte que les comptes de l’année écoulée purgent toutes les mauvaises nouvelles. De telle sorte que l’année en cours va permettre de tirer les fruits de tout le travail effectué en interne pour renforcer le commerce de proximité. L’an passé 700 magasins ont été ouverts. Cette année 800 le seront. Par ailleurs le plan de cession est réactivé dans un contexte de sortie de la crise sanitaire avec 1,3 milliard d’euros de désinvestissements prévus d’ici la fin de 2023. Enfin l’e-commerce ne cesse d’engranger des succès avec un nouveau modèle de Marketplace. Si bien que Cdiscount affiche une amélioration de tous les indicateurs sur deux ans après une année 2020 exceptionnelle et le site demeure le numéro deux en France derrière Amazon.
La surréaction du marché est sans doute liée aussi à un contexte marqué par la crise en Ukraine qui bouscule l’appréciation des investisseurs. Mais les créanciers sont restés plus sereins que les actionnaires dans la mesure où le spread des obligations du groupe n’a pas bougé. Or dans un groupe, dont le point faible est l’endettement, c’est bien le paramètre le plus important. Autant dire que pour notre part nous croyons plus que jamais à la capacité de Jean-Charles Naouri à redresser son groupe. Et plus encore à en faire le groupe de distribution le plus agile grâce à ses trois atouts : la proximité, le bio avec Naturalia, et l’e-commerce avec Cdiscount. Rendez-vous fin 2023.
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