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Rothschild & Co fait des étincelles
Pour Rothschild & Co, c’est vraiment l’année de tous les superlatifs. La banque qui réalise les deux tiers de ses revenus dans le conseil financier a vu cette activité principale bondir de 67 % en termes de chiffre d’affaires à 1,9 milliard d’euros. Un record toutes catégories. Si bien que le résultat avant impôt de ce domaine de prédilection de Rothschild s’est élevé à 421 millions d’euros alors qu’il n’était que de 169 millions d’euros un an plus tôt.
Les banquiers d’affaires de Rothschild & Co ont reçu pas moins de 741 mandats l’an passé contre 578 millions en 2020. Si bien que la banque a figuré l’an passé à la sixième place mondiale en termes de revenus issus du conseil financier. De quoi faire un petit cocorico dans un secteur où la plupart de ses compétiteurs sont européens. Si les revenus provenant du conseil en fusions et acquisitions ont progressé de 87 %, ceux liés à l’activité de conseil en financement ont grimpé de 27 %. L’un des principaux sujets des dirigeants de Rothschild & Co a été, dans cette conjoncture explosive, de recruter et de garder les meilleurs talents. C’est pourquoi si le nombre de collaborateurs du groupe est en hausse de 7 %, la masse salariale a augmenté de 33 %.
En matière de banque privée et de gestion d’actifs, Rothschild & Co a continué de profiter d’un environnement favorable sur les marchés et de l’intégration de la banque suisse Paris Bertrand. De fait les actifs sous gestion tutoient les 104 milliards d’euros avec une collecte nette de 4,1 milliards d’euros. C’est un domaine d’activité où la banque cherche à croître tant de manière organique que par rachats d’entités en France où à l’étranger. François Pérol examine régulièrement des dossiers d’acquisitions sans avoir trouvé une aussi belle enseigne que Martin-Maurel.
Enfin il y a l’activité de merchant banking, c’est-à-dire de gestion de fonds de private equity, de fonds de fonds ou de fonds de dette privée. L’an passé, d’importantes plus-values ont été enregistrées dans ce secteur. Si bien que les revenus sont passés de 148 à près de 400 millions d’euros.
La banque d’affaires est un métier très cyclique par nature. Mais l’exercice 2022, sous réserve bien sûr des évènements géopolitiques, a bien démarré avec un nombre important d’opérations "dans les tuyaux". Notamment beaucoup de grosses opérations de fusions et acquisitions, des transactions de private equity et un peu moins de restructurations financières.
Sur le plan de la structure financière, la banque n’a jamais été aussi florissante avec une génération de cash-flow opérationnel de 875 millions d’euros. Un montant considérable et dix fois supérieur à ce qu’il était en 2020. De fait avant distribution, la valeur comptable des actions Rothschild & Co (qui n’intègre que les fonds propres au bilan, mais ni la valeur de la marque, ni celle du fonds de commerce) s’établit à 43,31 euros. Très au-dessus du cours de Bourse (34 euros) qui a pourtant grimpé de 15 % l’an dernier.
Comme la banque n’a pas besoin de telles liquidités et que son ratio de solvabilité est supérieur à 21 %, elle va donc proposer aux actionnaires de distribuer un dividende de 3,79 euros par action, qui représente un rendement de près de 11 %. Cela comprend le dividende normal de 1,15 euro, en hausse de 29 %, un dividende spécial de 1,60 euro destiné à saluer ces résultats records et un acompte sur dividende de 1,04 euro déjà versé en octobre dernier. Par ailleurs la banque va consacrer 70 millions d’euros à un programme de rachat d’actions. Cela fait quatre ans que le duo Alexandre de Rothschild – François Pérol mène la banque et celle-ci n'a jamais autant rapporté d’argent à ses actionnaires tout en poursuivant sa croissance sur de nouveaux métiers. Preuve que David de Rothschild ne s’est pas trompé en mettant en place sa succession.
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