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Pourquoi Euronext améliore ses guidances

L’opérateur de plateformes boursières paneuropéen a connu un début d’année en fanfare tirant davantage de synergies que prévu de son alliance avec Borsa Italiana. Ce qui l’amène à réviser à la hausse toutes ses guidances pour l’exercice 2022.
Stéphane Boujnah - Euronext
Stéphane Boujnah - Euronext

 

Les comptes d’Euronext pour le premier trimestre doivent être lus de deux manières. Soit en brut, c’est-à-dire avec l’intégration de Borsa Italiana et dans ce cas les variations à la hausse sont spectaculaires. Soit pro forma, c’est-à-dire en faisant comme si au premier trimestre 2021, la bourse italienne était déjà intégrée et dans ce cas les pourcentages de hausse sont encore très impressionnants. Dans le premier cas de figure, les revenus sont en hausse de 58 % à près de 400 millions d’euros, l’Ebitda progresse de 67 % à 252 millions et le résultat net est en hausse de 50 %. Dans le second cas, les revenus sont en hausse de 6 %, en raison de la forte volatilité liée à la guerre en Ukraine et l’Ebitda est en progrès de 11,4 %. Si bien que la marge opérationnelle atteint le niveau très élevé de 63 %

Ce premier trimestre a été marqué par une activité importante tant sur les marchés cash, que sur les futures, et bien évidemment sur le marché à terme du blé qui s’est envolé et risque de rester à un niveau très élevé avec la décision de l’Inde de ne pas exporter le moindre grain de blé cette année. Tout cela, pendant qu’une centaine de cargos pleins de blé sont bloqués soit en mer noire, soit en mer d’Azov, aucun assureur ne voulant prendre en charge une cargaison dont la valeur se renchérit jour après jour. Autre élément favorable pour Euronext, l’activité soutenue dans les domaines du "post-trade" et des données. Enfin du côté des coûts, le groupe a déjà comptabilisé au cours de ces trois premiers mois pas moins de 15 millions d’euros de synergies tirées de son rapprochement avec Borsa Italiana.

Si bien que sur l’ensemble de l’année Euronext revoit de 622 à 612 millions ses anticipations de coûts, d’autant plus que le groupe entend dépenser moins de charges de restructurations que ce qu’il avait escompté. Par ailleurs dans quelques jours son unique data center sera basculé sur le site de Bergame, dans un local où l’empreinte carbone est beaucoup moins forte qu’elle l’était près de Londres. Tout cela devrait accentuer encore une fois les synergies de coût, tout en renforçant l’attention qu’Euronext porte à la réduction de ses émissions de carbone.

Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, le groupe a considérablement réduit sa dette souscrite à l’occasion du rachat de Borsa Italiana. Le ratio dette nette sur Ebitda est passé en un an de 3,6 à 2,3. Ce qui a conduit Standard & Poor’s à réviser sa note de "neutre" à "positive" tout en la laissant au rang de BBB. Tout cela justifierait un meilleur traitement du titre par la Bourse. Il affiche en effet un recul de 19 % depuis le début de l’année que rien ne justifie au vu de ses chiffres trimestriels et plus encore de cette révision de guidance.

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