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Feuilleton de l'été / Victor Carreau / Comet Meetings

Feuilleton de l'été
Victor Carreau / Comet Meetings

exclusif Ils et elles vont construire le monde d'après - Victor Carreau

EXCLUSIF. Après être passé par HEC, le co-fondateur de Comet Meetings ne s’est pas éternisé chez McKinsey ; le désir d’entrepreneuriat se faisait bien trop intense.
Victor Carreau - crédits : Fabien Breuil
Victor Carreau - crédits : Fabien Breuil

"Tout petit, j’éprouvais le désir de créer quelque chose, je pensais alors que c’était le rôle dévolu aux ingénieurs, ce n’est que bien plus tard que j’ai compris que c’était aussi la raison d’être d’un entrepreneur".

En parallèle de ce désir d’invention, Victor Carreau semble avoir vite développé un sens de l’adaptation ; il le doit à ses années d’expatriation en Espagne avant son adolescence. "Je suis bombardé dans une culture dont je ne connais rien et mes camarades d’école s’expriment dans une langue qui m’est également inconnue, j’ai ainsi tout de suite saisi ce que voulait dire ‘sortir de sa zone de confort’", explique-t-il à WanSquare.

Retour à Paris, sa ville natale, vers la fin des années 90 et Victor Carreau prend particulièrement plaisir à étudier l’histoire, les langues, les mathématiques ainsi que la philosophie durant sa scolarité au lycée. "Au moment de choisir le chemin à prendre pour mes études supérieures, je savais que l’endroit où je m’épanouirais le plus serait celui qui me donnerait accès à cette large palette de matières qui m’ouvrent l’esprit", estime-t-il.

 

Une histoire de réseau

 

Deux ans de classes préparatoires plus tard, le voici reçu au concours d’HEC. "J’y ai eu d’excellents professeurs mais je crois que ce je retiendrai le plus est que c’est à cette période de ma vie que j’ai compris ce que représentait ‘le réseau’, ce dernier ne signifiant surtout pas ‘je t’aide par ce que tu m’aides’. Non, j’entends plutôt par là le fait de rencontrer beaucoup de monde et d’apprécier ce que vous pouvez apporter à chacun dans une optique totalement désintéressée, vous avez tout à y gagner ", indique Victor Carreau.

A HEC, ses stages se déroulent notamment en banque d’affaires (Morgan Stanley) et en cabinet de conseil en stratégie (McKinsey). "Ce furent des expériences enrichissantes et je m’étais dit que commencer ma carrière professionnelle dans l’une de ces deux industries pouvait faire office de ‘seconde école’ en ce sens que mon désir profond était évidemment de devenir entrepreneur à terme". M&A ou conseil, que choisir ?

Pour y voir plus clair, Victor Carreau prend le parti d’écrire à l’entrepreneur à succès Pierre Kosciusko-Morizet - il a fondé PriceMinister un an après être sorti d’HEC - après avoir déniché son adresse e-mail sur le net. "Alors que l’on ne se connaît pas, il me répond en 48 heures en m’expliquant que le conseil est le meilleur choix au vu de ma situation mais qu’il faut absolument que j’évite de ‘m’habituer aux moquettes épaisses’. Il m’avise de me lancer aussi vite que je peux", se rappelle-t-il.

 

Tic-tac

 

Ce sera donc McKinsey pour le jeune homme à compter d’octobre 2012. "Je ne voulais pas en faire mon métier, je me disais qu’il ne fallait pas que j’y passe plus de trois ans", rapporte-t-il. Recruté avec son meilleur ami au sein du cabinet, ils font un pacte dès leur premier jour d’entrée en fonctions. "On s’accorde pour programmer une alarme qui sonne tous les 1er janvier histoire de nous rappeler quel est notre véritable objectif", se remémore-t-il.

L’alarme aura retenti trois fois, Victor Carreau faisant ses valises au printemps 2015 alors qu’il est âgé de 26 ans. Il tient au courant Pierre Kosciusko-Morizet qui lui propose de rejoindre le think tank PJX10 qu’il a créé avec trois associés.

 

Le bureau se révolte

 

"Avant, la croyance commune était que pour créer une décacorne [une start-up valorisée 10 milliards de dollars, ndlr], il fallait avoir l’idée puis constituer une équipe. Le think tank visait à prendre la tendance à rebrousse-poil. On s’est laissé un an pour creuser différents secteurs de manière systématique : l’agriculture, l’éducation, l’énergie, l’immobilier, la finance". Le collectif génère des milliers d’idées d’entreprises en analysant les tendances de long terme de ces industries et en s’efforçant d’y superposer des business model innovants. L’immobilier retiendra tout particulièrement son attention et celle de ses deux futurs associés qu’il rencontre chez PJX10, Maxime Albertus et Nicholas Findling.

C’est ainsi que tous trois œuvreront pour donner naissance à Comet Meetings à l’été 2016, entreprise qui verra se forger au fil des années une conviction sociétale. "Selon moi, l’avenir du bureau est d’être un lieu de réunion. Nous n’irons pas au bureau pour nécessairement produire - le télétravail est très bien pour cela - mais pour collaborer et sociabiliser. Le bureau sera un vrai lieu social", analyse-t-il. "Nous avons deux activités avec Comet : notre cœur de métier est la création d’un réseau de bâtiments qu’on opère, design et que l’on commercialise ensuite à nos clients : il ne s’agit que de salles de réunions, d’espaces communs avec des restaurants, destinés aux petites, moyennes et grandes entreprises. Ces dernières y viennent pour sortir de leur cadre sans quitter le centre des villes et y tenir un comité de direction, un séminaire, une réunion", explique celui dont l’entreprise a réussi à lever plusieurs dizaines de millions d’euros depuis le début de l’aventure et s’est permis d’implanter Comet en Espagne et en Belgique.

Vient le printemps 2020 et la pandémie met sans surprise un grand coup de frein à l’activité de la start-up. "Nous avons décidé de réfléchir encore plus à l’avenir du bureau, au ‘Future of Work’ pour chercher à comprendre comment le marché allait évoluer, et faire de cette crise une opportunité. Ce qui est devenu le cas pour Comet. Nous en avons fortement accéléré notre accompagnement des grands propriétaires de bureaux que peuvent être Goldman Sachs, Altarea, Primonial, pour les aider à penser ce que vont devenir ces bâtiments à l’avenir. Ce n’est pas tellement une activité de conseil, nous imaginons comment intégrer les surfaces Comet dans ces bureaux gigantesques. On en revient à notre idée clé chez PJX10 : ‘comment apporter de la flexibilité et des services à l’immobilier ? ‘", indique-t-il.

Aujourd’hui âgé de 33 ans, celui qui a été choisi pour faire partie du programme Young Leaders de la French-American Foundation en 2022 se voit entrepreneur jusqu’à son dernier souffle. "Faire bouger les lignes dans des secteurs à fort impact sociétal est ce qui me porte", confie-t-il.

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