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Feuilleton de l'été / Compte Nickel / Buralistes / Marie Degrand-Guillaud

Feuilleton de l'été
Compte Nickel / Buralistes / Marie Degrand-Guillaud

exclusif Ils et elles vont construire le monde d'après- Marie Degrand-Guillaud

EXCLUSIF. Marie Degrand-Guillaud, 38 ans, est une dirigeante aux côtés sages mais stimulée par les découvertes et les voyages en van. Directrice générale déléguée de Nickel, elle a de grandes ambitions d'expansion européenne.
Marie Degrand-Guillaud (DR)
Marie Degrand-Guillaud (DR)

C'est un parcours sans faute. Ses classes préparatoires d'abord. Au lycée Saint-Jean de Douai, Marie Degrand-Guillaud apprend les fondamentaux qui lui serviront plus tard au monde auquel elle se destine, la finance.

Entre cours d'histoire-géo, maths et lettres, elle a l'ambition d'y arriver. Et ça va être le cas : elle intègre la prestigieuse ESCP. Les stages qu'elle entreprend font rêver : Londres, Berlin, Suisse et Inde, elle ne rate aucun moyen d'exporter ses savoirs et d'en apprendre d'autres. 

Ensuite, direction le conseil. En collaborant pour les cabinets Corporate Value Associates et Roland Berger entre 2008 et 2013, Marie Degrand-Guillaud fait ses armes et ingère des connaissances massives en quelques mois. "Mes six premières années  chez Roland Berger m'ont permis de déployer toutes les compétences théoriques apprises durant mes stages et mon parcours académique". Les quelques années passées chez Roland Berger lui inculquent des valeurs : une "exigence dans tous les domaines" et la joie des rencontres. 

 

Une expérience hors du commun 

 

Calcutta (Inde). C'est la ville qu'elle a choisie pour réaliser une belle expérience : ouvrir un magasin pour vendre l'artisanat de l'ONG Don Bosco Ashalayam. Grâce à l'ONG Don Bosco Ashalayam, la dirigeante donne un sens à la vie des enfants auxquels elle vient en aide et issus des quartiers difficiles, voire des bidonvilles de la métropole. "Pour moi, c'est important de donner du sens à leur formation et à leur travail et ceci pour qu'ils puissent s'engager et s'épanouir à leur propre mesure". 

 

Attirance pour la micro-finance 

 

"En classes prépas, avant les oraux de grandes écoles, j'avais préparé un projet professionnel sans savoir vraiment dans quoi je me lançais. Les oraux demandent malgré notre jeunesse d'avoir un projet clair et précis. La micro-finance ça me parlait un peu mais je ne me disais absolument pas que j'allais me projeter dans ce domaine plus tard".

Ironiquement, le sort la mènera sur ce chemin. Après le conseil en stratégie et son apprentissage de la pression, Marie se lance enfin dans le dur du dur et ce pourquoi elle était visiblement destinée : la microfinance.

 

Une humaniste dans l'âme 

 

A partir de 2013, elle devient directrice générale adjointe de l'ONG Adie (Association pour le droit à l'initiative économique). Avec 750 salariés, 1 200 bénévoles, Adie est une ONG d'utilité publique qui a pour but de permettre aux personnes n'ayant pas accès au système bancaire traditionnel de fonder leur propre entreprise à l'aide de micro-crédits. Utile et pratique. Ce sont les sacro-saints credos de Marie. 

Son but en s'engageant dans le monde associatif ? Classique : "me rendre utile".

 

Amour pour le bricolage et la randonnée

 

"La nature et le bricolage sont mes passions. Je marche souvent en forêt pour admirer la nature avec ma famille. Ca me détend et m'apaise car mes journées sont très chargées. On a même un van pour nous accompagner dans toutes nos expéditions. J'adore m'échapper tous les week-ends vers de nouvelles destinations. Explorer d'autres façons de vivre et d'être ont toujours été ce vers quoi je tendais. La dimension rustique de l'existence me plaît bien".

Mais surtout, ce qui compte pour Marie, c'est sa famille. Et ce, même si elle s'adonne au bricolage lorsqu'elle trouve une échappatoire à un emploi du temps débordant. "Une fois j'ai déconstruit et reconstruit un Solex (vélo) juste pour le plaisir". Marie a donc également un plaisir de la complexité. 

 

Pas le temps

 

"J'aimerais bien que le sommeil n'existe pas pour faire mille et une choses que je n'ai pas le temps de faire la journée". Très énergique et dynamique, la trentenaire ne connaît pas le repos. Entre sa vie de famille et son travail, elle se trouve constamment en retard : "Avoir un équilibre entre travail et famille est décisif pour moi. Mais c'est vrai qu'en dehors de ces deux composantes principales de mon existence, j'ai vraiment peu de temps pour moi-même".

 

Fidélité à Nickel 

 

Maintenant directrice générale déléguée de Nickel, Marie Degrand-Guillaud opte pour cette entreprise qui selon elle, "a du sens". Elle cherche en effet à "démocratiser les services financiers" et elle y arrive plutôt bien : 2,6 millions de fidèles sont présents en France et l'entreprise se développe maintenant en Europe.  "Nickel est une entreprise qui me tient à coeur, c'est une forme de néobanque à visée inclusive." Le concept ? "Simple. Vous allez chez un buraliste, vous pouvez ouvrir un compte en cinq minutes grâce à votre carte d'identité et quelques euros. Face aux acteurs traditionnels, c'est un coup de force : plus besoin d'attendre plusieurs jours et les délais longs des banques. Ce service est fait pour tout le monde : autant le client en interdit bancaire, la personne lambda ou celui qui souhaite une deuxième carte pour ses vacances. Nous voulons séduire 4 millions de clients d'ici à 2024". On voudrait presque l'acheter sa carte. 

Simplicité, utilité, universalité, bienveillance, telles sont les règles d'or que la jeune dirigeante porte et exploite au sein de Nickel, mais aussi dans sa vie personnelle. D'une pierre deux coups. 

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