Asset, Management / Cat bonds / ILS / Insurance-Linked Securities
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Cat bonds / ILS / Insurance-Linked Securities
Nouveaux records sur le marché des « cat bonds » / La classe d’actifs poursuit son essor
Les obligations catastrophes ou "cat bonds" ont le vent en poupe. Nées à la fin des années 1990 à la suite des ouragans Andrew et Hugo et du séisme de Northbridge en Californie, qui avaient mis à rude épreuve la capacité financière des assureurs et des réassureurs, elles continuent années après années à gagner en importance. Leur marché dépasse aujourd’hui 40 milliards de dollars, soit environ le double de ce qu’il était il y a dix ans, selon les données d’Artemis, site spécialisé dans les produits d’assurance climatique faisant référence sur le sujet.
Si la crise financière de 2008 avait temporairement freiné sa croissance, le rebond qui s’est ensuivi a été continu, "les investisseurs reconnaissant les avantages de la diversification et le potentiel de rendements stables face aux risques mondiaux", estime la maison de recherche Morningstar dans un récent rapport. "Comparé à d’autres marchés, le marché des obligations catastrophes continue de croître, ce qui devrait améliorer sa profondeur et sa liquidité", observent ainsi ses analystes.
Plus de 7 milliards de dollars d’émissions
Les cat bonds entrent dans la catégorie des "Insurance-Linked Securities" (ILS), soit des instruments financiers permettant de transférer les risques de catastrophe naturelle des compagnies d’assurances et de réassurances à des investisseurs. Pour la première fois dans l’histoire du marché, les émissions d’obligations catastrophes et d’ILS viennent de dépasser les 7 milliards de dollars au cours d’un seul trimestre, selon les données d’Artemis. Les émissions du premier semestre ont également établi un nouveau record avec plus de 10,3 milliards de dollars, soit le semestre le plus important jamais enregistré.
La tendance est évidemment à rapprocher de la hausse de la fréquence de catastrophes naturelles de plus en plus destructrices, et engendrant des pertes économiques de plus en plus coûteuses. Une évolution qui pourrait même inquiéter quant aux perspectives du marché des cat bonds. "Mais les primes de rendement ont augmenté pour s’ajuster à la probabilité plus élevée des catastrophes naturelles", note Morningstar, alors que les spreads des cat bonds ont dépassé les 7 points de pourcentage en 2023, contre environ 4 points de pourcentage en 2014.
Diversification
Le principe est simple. Si une catastrophe ne se produit pas, l’investisseur récupère son argent plus les intérêts. Dans le cas en revanche où survient le sinistre, l’investisseur peut perdre une partie ou la totalité de son argent en fonction du coût pour le réassureur. En somme, les investisseurs assument les pertes liées aux catastrophes naturelles à la place des compagnies d’assurances en échange d’une prime de risque.
Outre son potentiel de rendement plus élevé, l’attrait de ce marché réside dans sa faible corrélation avec les marchés obligataires et boursiers traditionnels, en raison de la nature imprévisible des catastrophes météorologiques. Mais "le risque plus élevé et la possibilité que des obligations individuelles subissent des pertes importantes signifient que la diversification est essentielle lorsqu’on investit dans une stratégie d’obligations catastrophes", souligne Mara Dobrescu, responsable de la recherche sur les fonds obligataires de Morningstar.
Pour la classe d’actifs, le principal défi demeure celui de la prévisibilité. Malgré l’accumulation des années de données, attribuer des probabilités à la survenue d’un événement naturel spécifique reste très difficile d’attribuer, et ce "d’autant plus que le changement climatique introduit des incertitudes supplémentaires", souligne-t-elle.
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