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ArcelorMittal pourrait revenir aux Etats-Unis / US Steel au centre des convoitises
ArcelorMittal fera-t-il son retour aux Etats-Unis ? Le secteur est en effervescence depuis quelques jours outre-Atlantique après que le numéro un américain de l’acier, Cleveland-Cliffs, et son compatriote, le groupe industriel diversifié Esmark, ont fait des offres de rachat du numéro trois, US Steel, le valorisant entre 7,3 et 7,8 milliards de dollars. Et, selon Reuters, le numéro deux mondial de l’acier, né de la fusion il y a 17 ans du français Arcelor et de l’indien Mittal, examinerait à son tour la possibilité d’une offre avec ses banquiers conseils, sans certitude à ce stade sur l’issue de la réflexion.
De son côté, US Steel a déjà rejeté l’offre de Cleveland-Cliffs, la jugeant déraisonnable, tandis que le groupe américain étudie lui aussi ses options stratégiques avec ses conseillers, Goldman Sachs et Barclays.
Revirement
En termes stratégiques justement, une offre de la part d’ArcelorMittal, si elle venait à se concrétiser, marquerait un revirement majeur pour le groupe basé au Luxembourg. On se souvient que celui-ci avait justement cédé en 2020 sa filiale américaine à… Cleveland-Cliffs. Opération qui se justifiait il y a trois ans dans un contexte de forte expansion des capacités de production aux Etats-Unis, notamment de la part de mini aciéries équipées de fours à arc électrique, très concurrentielles. Mais aussi et surtout pour accélérer le nécessaire désendettement de l’entreprise. En tout, la cession d’ArcelorMittal USA lui avait rapporté 1,9 milliard de dollars, de quoi réduire sa lourde dette nette qui dépassait encore les 9 milliards de dollars, une trajectoire poursuivie à marche forcée jusqu’à l’an dernier, avec un endettement ramené à 2,2 milliards d’euros fin 2022.
Cet important assainissement du bilan, récemment entériné par Standard & Poor’s, qui a relevé il y a deux mois sa perspective de "stable" à "positive" sur la note du groupe, a redonné des marges de manœuvre pour des acquisitions. Avec deux impératifs : cibler les zones les plus dynamiques et les actifs présentant les meilleures perspectives de décarbonation, un enjeu majeur, pour le groupe comme pour tout le secteur, nécessitant de très lourds investissements. C’est ainsi qu’ArcelorMittal a finalisé en début d’année le rachat du brésilien Companhia Siderúrgica do Pecém (CSP) pour 2,2 milliards de dollars, ce producteur d’acier de haute qualité bénéficiant d'une installation de pointe dans le nord-est du Brésil et d’un fort potentiel d'approvisionnement en énergie verte.
Inflation Reduction Act
Sur ce sujet de la décarbonation, US Steel se situe en pointe. Depuis 2017, son PDG David Burritt a entrepris de moderniser ses usines, pour les rendre moins énergivores, plus efficaces, notamment via le remplacement de ses anciens hauts-fourneaux par des fours à arc électrique. D’autre part, un rachat du groupe américain permettrait à ArcelorMittal de compléter son dispositif dans la zone NAFTA (Etats-Unis, Canada, Mexique), l’une des plus dynamiques, comme l’ont encore montré les derniers résultats semestriels. Et ce, à un moment où, de surcroît, les sidérurgistes américains anticipent une augmentation de la demande intérieure sous l’effet des projets de l’"Inflation Reducation Act" en matière d’infrastructures et d’énergies vertes.
Autre atout d’US Steel, le groupe est le deuxième producteur américain de boulettes de minerai de fer, derrière Cleveland-Cliffs, un élément qui obère d’ailleurs les chances de ce dernier de parvenir à ses fins vis-à-vis des autorités de la concurrence. Quant à Esmark, l’autre candidat, son profil diversifié à la fois dans les services sidérurgiques, mais aussi l'exploration pétrolière et gazière, l'aéronautique, et l'immobilier notamment, pourrait être jugé rédhibitoire.
Si tant est que l'entreprise dirigée par Aditya Mittal décide de participer aux enchères, ses chances ne seraient donc pas forcément moindres que celles de ses concurrents, en dépit d’un certain protectionnisme inhérent à l’industrie sidérurgique américaine. Et que le groupe y participe ou non, la consolidation du marché américain de l’acier serait de toute façon salutaire pour tout le secteur, alors que les prix sont repartis à la baisse cette année sous l'effet du recul de la demande chinoise.
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