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Politique économique

Politique économique

Comment l’APE se veut le relais des ambitions du gouvernement / Un actionnaire responsable et durable

À l’occasion de la présentation de son rapport annuel, l’Agence des participations de l’État a dévoilé les grands axes stratégiques qu’elle promeut au sein des entreprises où elle est actionnaire. Objectif : accompagner, entre autres, la politique de l’exécutif sur la décarbonation, la réindustrialisation et le partage de la valeur.
Ministère de l'Economie et des Finances (©Hans Lucas via AFP)
Ministère de l'Economie et des Finances (©Hans Lucas via AFP)

Discussion budgétaire oblige, l’Agence des participations de l’État (APE), créée en 2004, présentait, ce mardi matin, son rapport annuel d’activité portant sur la période allant de juin 2022 à juin 2023. Une période marquée par des grands évènements : "La sortie de la crise sanitaire et le rebond du secteur aérien, la guerre en Ukraine et la crise énergétique, la hausse de l’inflation et un ralentissement de la croissance mondiale ", a rappelé Alexis Zajdenweber, commissaire aux participations de l’État depuis un an.

Des turbulences qui n’auront pas été sans impact sur certaines participations de l’État (elle suit 85 entreprises dont des poids lourds de l’industrie tels que Thales, Safran, ADP, Airbus, Engie ou encore Renault), mais qui ont également démontré la résilience globale de son portefeuille dont la valeur totale s’élevait au 30 juin dernier à 153 milliards d’euros, contre 128 milliards d’euros à la même date en 2022. "L’État actionnaire ressort comme un instrument utile et pertinent et notamment dans les entreprises confrontées à la crise", s’est félicité l’ancien conseiller économie, finances et industrie d’Emmanuel Macron à l’Élysée.

 

Souveraineté énergétique

 

Durant l’année écoulée, l’APE aura aussi été particulièrement mobilisée sur un dossier : l’offre publique d’achat simplifiée d’EDF, qui a permis à l’État de reprendre l’intégralité du capital de l’entreprise et qui s’est achevée le 8 juin dernier avec le retrait effectif de sa cote. Une opération d’un coût de 9,7 milliards d’euros que le patron de l’Agence des participations a jugé "nécessaire au renforcement de l’indépendance et de la souveraineté énergétique de la France et en total accord avec le discours de Belfort du 10 février 2022 du président de la République appelant à ‘une reprise en main de notre destin énergétique'".

Une nationalisation qui doit, selon lui, "offrir à nos concitoyens une électricité décarbonée, abondante et à un prix raisonnable, tout en permettant à EDF de continuer à investir ", a défendu Alexis Zajdenweber, réfutant au passage toute divergence de points de vue entre le nouveau patron d’EDF, Luc Rémont et la Première ministre, Elisabeth Borne. "C’est caricatural d’opposer le gouvernement et EDF. Il existe au contraire une très grande convergence dans les objectifs à atteindre", a-t-il répondu, interrogé sur le sujet.

 

Un actionnaire qui se prive de dividendes

 

Une politique actionnariale que l’APE veut responsable et dont l’objectif est d’accompagner les grands enjeux gouvernementaux. Ainsi, le climat, la réindustrialisation de la France et le partage de la valeur constituent les principaux thèmes qu’elle met en avant au sein des entreprises. Ce faisant, partout où elle est présente, l’Agence des participations de l’État prône une politique raisonnable sur le dividende (elle-même n’en a perçu que 2,3 milliards d’euros en 2022 préférant que les entreprises où elle est actionnaire réinvestissent directement dans leurs activités, refusant ainsi ceux de la SNCF par exemple).

Elle n’est pas davantage favorable au rachat d’actions et milite pour une politique de rémunération modérée des dirigeants des grands groupes. "S’agissant du partage de la valeur, beaucoup d’entreprises en portefeuille telles que Safran ou Thales ont depuis longtemps mis en place des plans d’actionnariat salariés tandis que Renault ambitionne d’atteindre un taux de d’actionnariat salarié de 10 %, ce que nous encourageons totalement", a précisé le patron de l’Agence qui a également soutenu le plan de transformation capitalistique et organisationnelle du groupe.

 

Réindustrialisation verte

 

Mais l’APE entend aussi jouer de toute son influence pour décarboner l’industrie. "Une ambition gouvernementale qui résonne particulièrement pour l’Agence d’autant qu’elle occupe une place notable au sein de l’économie française grâce à son portefeuille industriel ", a souligné Alexis Zajdenweber ajoutant que "des entreprises comme la SNCF, Renault, Airbus ou Safran, pour ne citer qu’elles, vont être amenées à jouer un rôle important sur la planification écologique ".

C’est ainsi qu’elle se montre attentive à la résilience de la chaîne de valeur des entreprises. "Cela doit devenir un objectif des grands groupes. La stratégie d’achat doit répondre à cet enjeu. C’est dans ce contexte que nous soutenons le plan Renaulution du groupe Renault qui non seulement investit dans l’électrique mais a également fait le choix de la France pour installer son pôle d’excellence ElectriCity", a indiqué le commissaire aux participations de l’État.

Autre ambition : la question du foncier industriel. "Nous souhaitons que les entreprises qui ont du foncier le mettent à disposition de la réindustrialisation. Je pense aux grands ports maritimes dont l’État est actionnaire, comme celui de Dunkerque qui offre à des industriels comme les spécialistes des batteries Verkor ou ProLogium des terrains prêts à l’emploi", a-t-il mentionné. Pour l’année à venir, Alexis Zajdenweber a indiqué que le portefeuille de l’État devrait rester stable, aucune cession ou privatisation n’étant prévues à ce stade.

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