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La faiblesse du marché immobilier ne fait pas trembler Bouygues / Le conglomérat confirme ses objectifs financiers pour 2023

Pénalisé en raison de la hausse des taux d’intérêt sur sa branche Bouygues Immobilier, le conglomérat a su rester plus que solide sur les neuf premiers mois de l’année avec un chiffre d’affaires en hausse de 38 % sur un an. Si Equans porte largement la hausse du chiffre d’affaires, force est de constater que Bouygues Construction et Colas offrent également au groupe une bonne visibilité sur les mois à venir. De quoi confirmer les objectifs financiers et ravir la Bourse ce mardi matin.
Olivier Roussat, directeur général de Bouygues (Photo by ERIC PIERMONT / AFP)
Olivier Roussat, directeur général de Bouygues (Photo by ERIC PIERMONT / AFP)

L’immobilier va mal. Il en faut cependant plus pour faire douter le groupe Bouygues qui a annoncé, ce mardi matin, la confirmation de ses objectifs annuels. Il faut dire malgré le contexte économique difficile, le conglomérat dirigé par Olivier Roussat a su rester solide.

Sur les neuf premiers de l’année, le chiffre d’affaires du groupe a progressé de 38 % sur un an à 40,9 milliards d’euros. Le résultat opérationnel courant des activités est ressorti quant à lui à 1,623 milliard d’euros, en progression de 383 millions d’euros par rapport à la même période l’année dernière et légèrement supérieur au consensus d’analystes compilé par l’entreprise qui visait 1,57 milliard d’euros. La marge des activités est parvenue à rester stable à 4 % contre 4,2 % un an plus tôt.

 

Une activité commerciale immobilière à l’arrêt

 

Certes, la hausse du chiffre d’affaires est principalement portée par la contribution d’Equans (intégré dans les comptes depuis le début de l’année) qui grâce à sa stratégie sélective basée sur la marge plutôt que sur le volume a vu ses revenus gagner 6 % sur un an à 13,7 milliards d’euros, mais le conglomérat aurait pu se faire peur avec Bouygues Immobilier dont le chiffre d’affaires a lui chuté de 19 % à 1,11 milliard d’euros. "Les réservations dans le résidentiel sont en baisse de 23 % sur un an à 878 millions d’euros alors que la vente à l’unité n’a été que très partiellement atténuée par des ventes en bloc. Dans le tertiaire, l’activité commerciale est à l’arrêt (-83 %), les investisseurs ayant reporté leur prise de décisions ", a constaté Pascal Grangé, directeur général délégué et directeur financier du groupe Bouygues lors d’une conférence téléphonique, expliquant qu’en conséquence, "Bouygues Immobilier repouss(ait) le lancement de certains projets, son carnet de commandes (étant) en repli de 22 % par rapport à fin septembre 2022 à 1,22 milliard d’euros".

 

Un carnet de commandes en hausse dans le bâtiment et les travaux publics

 

Pas de quoi inquiéter le directeur général délégué pour autant. De fait, les activités de construction ne laissent pas présager d’une crise à venir pour le groupe. A fin septembre, le carnet de commandes de Bouygues Construction (hors Bouygues Energies & Services intégré à Equans, Bouygues Immobilier et Colas) a progressé de 8 % sur un an à 29,8 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires de ces activités s’est établi à 20 milliards d’euros à fin septembre 2023, en hausse de 2 % sur un an, tirée par Bouygues Construction et Colas qui voient leur chiffre d’affaires progresser respectivement de 6 % (7,21 milliards d’euros) et de 2 % sur un an (11,8 milliards d’euros).

Dans le détail, les prises de commandes de Bouygues Construction se sont élevées à 8,1 milliards d’euros, grâce à l’attribution de grands projets, notamment au troisième trimestre avec l’extension de la MTRC 1601 et la construction d’un complexe multi-usages Anderson Road Quarry à Hong Kong (pour un total d’environ 400 millions d’euros), le quartier résidentiel les Acacias et le site administratif de Lucerne en Suisse (environ 260 millions d’euros), ou encore les phases 2B2 et 2B3 de l’autoroute d’Istrie en Croatie (environ 110 millions d’euros). Le carnet de commandes a atteint ainsi 15,1 milliards d’euros, soit une hausse de 12 % sur un an, "offrant ainsi une bonne visibilité sur l’activité future", a assuré Pascal Grangé.

Même dynamique pour Colas, qui, pour rappel, devrait bientôt sortir de la cote et qui a profité d’une prise de commandes de 11,3 milliards d’euros, en hausse de 8 % par rapport aux neuf premiers mois de 2022. "Des contrats significatifs ont été enregistrés au cours de cette période, notamment au troisième trimestre un contrat pour l’extension de la ligne North South Commuter Railway à Manille (pour environ 660 millions d’euros)", a précisé le directeur financier. Le carnet de commandes de Colas atteint 13,4 milliards d’euros, soit une hausse de 8 % sur un an.

 

Valeur sûre

 

C’est donc dans ce contexte, que le conglomérat a décidé de maintenir ses prévisions 2023. Pour mémoire, il vise toujours un chiffre d’affaires proche de celui de 2022 (sur la base d’un proforma intégrant Equans comme si l’acquisition avait été réalisée au 1er janvier 2022, soit un chiffre d’affaires de 54,4 milliards d’euros) et une augmentation du résultat opérationnel courant de ses activités à 2,164 millions d’euros. "Les perspectives de Colas restent inchangées, à savoir une progression de son résultat opérationnel courant en 2023 par rapport à 2022 ", a précisé Pascal Grangé.

Quant aux perspectives d’Equans, la société vise une légère croissance de son chiffre d’affaires, une marge opérationnelle courante des activités comprise entre 2,5 % et 3 % et un taux de conversion de 80 % à 100 % du résultat opérationnel courant des activités en cash-flow avant besoin en fonds de roulement.

Des annonces qui ont su séduire le marché, le titre Bouygues gagnant 4,43 % en milieu de matinée et prenant provisoirement la tête du CAC 40.

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