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Thales : pourquoi il faut attendre le quatrième trimestre / Des prises de commandes incomplètes

Malgré une forte hausse de son chiffre d’affaires sur les neuf premiers mois de l’année, le groupe Thales voit son titre se replier en Bourse depuis le début de la journée. Une sanction un peu sévère de la part des investisseurs d’autant que s’agissant des prises de commandes, l’année est loin d’être terminée pour le spécialiste de l’aéronautique et de la défense.
Avions de combat Rafale (Photo by Sakis MITROLIDIS / AFP)
Avions de combat Rafale (Photo by Sakis MITROLIDIS / AFP)

Les marchés sont parfois bien impatients. A la suite de l’annonce du chiffre d’affaires du groupe sur neuf mois ainsi que des prises de commandes, le titre Thales perdait encore à 16 heures près de -1,49 % en Bourse, le groupe présidé par Patrice Caine se retrouvant ainsi en queue de peloton du CAC40 depuis le début de cette journée de mardi.

 

Un chiffre d’affaires en hausse

 

Et pourtant les performances du spécialiste de l’aérospatiale et de la défense sont loin d’être mauvaises. Bien au contraire, le chiffre d’affaires était même en hausse au 30 septembre de 7,5 % sur un an à 12,9 milliards d’euros. Une progression visible dans toutes les activités du groupe, et ce "malgré un ralentissement attendu du secteur Identité & Sécurité Numériques au troisième trimestre. La reprise de l’avionique civile se poursuit tandis que les perspectives de croissance du secteur de la Défense & Sécurité restent solides", a expliqué le président-directeur général. Pour le troisième trimestre, il était en outre supérieur de 1 % aux attentes du consensus d’analystes, à 4,138 milliards d’euros (+ 7,2 % en croissance organique sur un an).

Seulement voilà, les prises de commandes sont en baisse. A fin septembre, le groupe les voyait chuter de 18 % en variation organique, s’établissant ainsi à 12,37 milliards d’euros sur les neuf premiers mois. Et là aussi cette baisse concerne toutes les activités du groupe et notamment le secteur Défense & Sécurité où les prises de commandes plongent de 29 % sur un an à 6,5 milliards d’euros.

 

Problème de timing

 

Si cela étonne les investisseurs, ces chiffres sont toutefois à replacer dans leur contexte. D’abord, l’année 2022 avait été exceptionnelle en termes de prise de commandes. Pour rappel, Thales avait notamment bénéficié l’année dernière du méga-contrat de fournitures de 80 rafales signé par les Émirats Arabes Unis.

D’ailleurs, l’on notera que sur les neuf premiers mois de l’année, le groupe a tout de même engrangé 12 grandes commandes d’un montant unitaire supérieur à 100 millions d’euros pour un montant total de 2,42 milliards d’euros tandis qu’à près de 10 milliards d’euros, celles d’un montant unitaire inférieur à 100 millions sont en hausse organique de 6 % par rapport à la même période l’année dernière et de 8 % s’agissant de celles d’une valeur unitaire inférieure à 10 millions d’euros.

Par ailleurs, comme le remarque le broker Jefferies, ces chiffres ne font pas état de la commande des 18 rafales indonésiens (sur un total de 42 pour 8,1 milliards de dollars), dont le groupe produit les radars. Pour mémoire, le contrat a été signé cet été par Dassault Aviation, mais n’a pas encore été enregistré chez Thales, provoquant ainsi un décalage. Il faudra donc attendre le quatrième trimestre pour les retrouver dans les comptes de l’entreprise, et non au troisième comme certains analystes le prévoyaient.

En attendant la fin de l’année, le spécialiste de l’aérospatial et de la défense a voulu se montrer confiant en confirmant ses objectifs financiers pour 2023. Pour rappel, il vise un ratio des prises de commandes rapportées au chiffre d’affaires supérieur à 1, une croissance organique du chiffre d’affaires entre + 5 % et + 7 % (attendu entre 17,9 milliards d’euros et 18,2 milliards d’euros) et une marge opérationnelle (EBIT) comprise entre 11,5 % et 11,8 %.

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